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Une plate-forme anti marchands ambulants durcit le ton

15 novembre 2007, 20:00

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Un ultimatum a été lancé, hier, par une plate-forme anti marchands ambulants à la mairie de Port-Louis. Cette plate-forme, qui a vu le jour aujourd?hui entend régler le «chaos» qui règne dans les rues de la capitale. Si aucune solution n?est trouvée jusqu?au 25 courant, les opérateurs légaux comptent exposer leurs produits dans les rues. Le président de la Commission de la santé publique de la ville, Salim Abbas Mamode, lui, prévient : chacun devra répondre de ses actes.

«Ni les cartes d?identification émises aux marchands ambulants, ni les zones réservées aux marchands ambulants ne résoudront le problème. Les marchands ambulants dictent le maire, Reza Issack qui est incapable de maintenir la discipline. Et nous, commerçants, opérateurs de taxi et maraîchers en pâtissons.» Ces propos de Raffick Bahadoor, porte-parole de la Taxi Proprietors? Union, expriment la colère de la plate-forme anti marchands ambulants qui regroupe également la Market Traders? Association, la Mauritius Auctioneers? Association et la Shop Owners? Association.

La plate-forme déplore l?incapacité des forces de l?ordre et de l?administration régionale à faire respecter un jugement de la cour quant à l?évacuation des marchands ambulants dans un périmètre de 500 mètres du marché.

«La Gare Victoria croule sous des amas d?ordures et l?indiscipline règne en ce qui concerne les marchands ambulants alors le Premier ministre veut que le pays accueille deux millions de touristes. Il a donc raison de dire qu?il n?a pas confiance en ses ministres», lance-t-il.

Selon ses dires, la mairie n?arrive pas à déloger les marchands de la rue Poudrière au Ruisseau-du-Pouce. «Les marchands ambulants ne veulent pas travailler au Ruisseau-du-Pouce. Ils ont envahi la rue Farquhar. De notre côté, nous subissons une concurrence déloyale qui a fait chuter nos ventes. Cela est inacceptable», renchérit Nasser Peerally de la Market Traders? Association. Parkings et arrêts d?autobus sont également pris d?assaut par les marchands.

Le porte-parole de la Market Traders? Association se dit également contre le recensement des colporteurs de la capitale car cela équivaut à les reconnaître aux yeux de la loi. «Les zones ne feront que déplacer le problème d?un endroit à un autre», estime pour sa part, Raffick Bahadoor. Il sera difficile de tout contrôler, craint-il.

Mais l?inspectorat municipal continue son travail de recensement des marchands ambulants de Port-Louis. Cette formule trouvée par la mairie devrait aider à distinguer les vrais des faux marchands. Des zones ont été identifiées pour permettre aux vrais colporteurs d?opérer toute l?année grâce à une carte d?identification.

«Commerçants, maraîchers et opérateurs de taxi doivent comprendre que ces mesures sont là pour décourager les marchands à opérer n?importe où», explique Salim Abbas Mamode, de Commission de la santé publique. Par ailleurs, souligne-t-il, des saisies ont été effectuées hier matin au Victoria Square par une escouade qui travaille sur le terrain et épaulée par la police.

S?il reconnaît que le problème dure depuis des années, il fait ressortir que ce n?est pas à la mairie de descendre sur le terrain si la police et les inspecteurs municipaux n?arrivent pas à faire respecter la loi.

«Les stakeholders ne devraient pas ajouter aux problèmes. Chacun devra prendre ses responsabilités si on décide d?exposer ses produits sur la rue. Les autorités séviront s?il le faut», prévient-il.

RÉACTIONS

<B>«Sans les marchands ambulants, la capitale est morte»</B>

■ Hyder Raman, président de la «Street Vendors? Association», déplore la création d?une plate-forme pour «détruire» la cause des marchands ambulants. Il fait valoir que ces derniers travaillent pour subvenir aux besoins de leur famille. «Plusieurs marchands sont là depuis une vingtaine d?années et contribuent au progrès économique du pays», ajoute-t-il, tout en faisant ressortir que leur intention n?est pas de faire de la concurrence déloyale aux commerçants ou maraîchers. «Notre objectif est de travailler en toute honnêteté. D?ailleurs, nos produits ne sont pas de la même qualité et beaucoup de Mauriciens peuvent ainsi faire de bonnes affaires. Nous souhaitons que les autorités mettent de l?ordre, surtout à l?approche des fêtes. Tout ce que nous souhaitons, c?est travailler dans la dignité et qu?on reconnaisse légalement notre existence. Sans les marchands ambulants, la capitale est morte», fait-il ressortir.

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