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Divorcer et respecter l?équilibre de l?enfant
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Divorcer et respecter l?équilibre de l?enfant
?Le divorce est un acte aussi respectable que le mariage.? Vijay Ramanjooloo, psychologue clinicien, ne craint pas de choquer ; surtout lorsqu?il aborde les séquelles de la séparation des parents sur l?enfant. En effet, notre société traditionnelle accepte mal le divorce, a tendance à la considérer comme une honte. Pourtant, le divorce ne signifie pas que l?enfant perd l?un de ses parents. A condition de ne pas instrumentaliser les uns contre les autres et de garder à c?ur l?intérêt de l?enfant. Dans ce genre de situation la parole est, plus que jamais libératrice.
?Oui, divorcer témoigne d?une attitude responsable des conjoints dans certains cas. Il vaut mieux divorcer que de culpabiliser les enfants en disant : je reste marié à cause des enfants.? Certains couples choisissent en effet de préserver la façade en feignant d?ignorer les véritables dysfonctionnements. ?Cela détruit l?enfant, l?em- pêche d?évoluer simplement.?
Divorce ou pas, comme ailleurs, dès qu?il y a souffrance ou demande expresse, l?intervention du psychologue est nécessaire pour éviter les conséquences désastreuses du déni sur l?évolution de l?enfant. ?La souffrance est un moteur pour chercher de l?aide, faire face aux vrais problèmes.?
?Il vaut mieux divorcer que de culpabiliser les enfants en disant : je reste marié à cause des enfants.?
Le psychologue aura notamment pour tâche d?encourager les parents à ne pas se voiler la face et à parler à leurs enfants de ce qui se passe. ?Il faut pas s?engouffrer dans la culpabilité, cacher le fait du divorce comme une maladie honteuse.?
Au préalable, souligne Vijay Ramanjoolo, on prendra soin d?expliquer la notion même de divorce à l?enfant : ?Mon rôle est d?expliquer que c?est le couple qui divorce, mais que les parents, chacun de leur côté demeurent.? En bref, vous restez maman ou papa pour l?enfant. Certes, les choses ne se passent pas toujours simplement : ?Il arrive qu?un parent qui a la garde cherche à détruire l?image de son ex conjoint dans la tête de l?enfant ou vice versa.?
Ainsi un enfant qui habite chez sa mère et qui a des problèmes de comportements peut être poussé par son père à en faire plus : ?Rends-lui la vie dure?, lui glissera-t-il.
Les résultats, nous confirme Vijay Ramanjoolo, sont catastrophiques pour l?enfant. ?L?enfant a le droit de voir ses deux parents. Ce faisant, il ne trahit pas l?un en faveur de l?autre.?
L?enfant qui ?paie? pour ses parents pourra souffrir de troubles du comportement. ?Il ne dira pas toujours ce qui va mal. Mais son malaise se transcrira dans ses comportements. Il pourra devenir violent ou à l?autre extrême très méticuleux.? Qu?on le veuille ou non, être totalement séparé d?un des parents est comme être privé d?une partie de soi-même quand on est petit. ?Il est rare qu?un enfant rejette de lui-même un père ou une mère. Très souvent il a eu lavage de cerveau en amont.?
Ce qu?il faut à tout pris fuir, ce sont les ?interprétations sauvages? véhiculées par certains défenseurs en idées reçues : ?On peut être un mauvais mari et un bon père. Un prisonnier par exemple.?
De même, un enfant de divorcé ne sera pas nécessairement davantage un enfant ?à problèmes? qu?un enfant d?un couple resté uni par convenance. L?erreur serait par exemple de lier tendances homosexuelles chez l?adulte aux séquelles de la séparation des parents pendant l?enfance. Tout dépend de la façon dont les choses sont abordées lorsque le divorce pose problème.
Et le parent, mauvais conjoint ou pas, ne doit être que suffisamment ?bon? père ou mère. Au fond, le divorce, tout comme le mariage, se prépare. Avec le reste. Avec les enfants.
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