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Le pétrole atteint de nouveaux records et grimpe vers les 100 dollars

8 novembre 2007, 00:00

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Le pétrole a battu un nouveau record, hier, en atteignant les 98 dollars, s?approchant ainsi du seuil symbolique des 100 dollars le baril, qu?il pourrait rapidement atteindre en cas de baisse générale des réserves pétrolières mondiales.

Depuis le 20 septembre, date de sa première poussée, le pétrole a engrangé plus de 12 dollars des deux côtés de l?Atlantique, soit une hausse d?environ 15 %.

Selon Ben Tscocanos, analyste chez Standard & Poor?s, les cours de l?or noir ont désormais en ligne de mire le ?real record high?, établi en avril 1980, à 101,70 dollars après ajustement de l?inflation, un an après la révolution islamique en Iran.La nouvelle accélération des cours est due à des craintes portant sur une baisse des réserves pétrolières américaines, qui serait malvenue dans un contexte général d?incertitudes sur le niveau de l?offre par rapport à l?explosion de la demande.

Par ailleurs, la croissance économique de la Chine et de l?Inde ? gourmande en pétrole et en charbon ? est en train de ?transformer le système énergétique mondial?. Si l?on y ajoute la consommation des autres pays émergents et des nations industrialisées, les retombées de la hausse ?effrénée? de la demande d?énergie sont ?alarmantes? ? à la fois incompatibles avec l?impératif de renforcer la sécurité des approvisionnements et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont les principales conclusions du ?World Energy Outlook 2007?, le rapport annuel de l?Agence internationale de l?énergie (AIE) rendu public, hier, à Londres.

Menace pour la sécurité énergétique

Le pétrole ne manquera pas, affirme l?AIE, campant sur un optimisme jugé excessif par de nombreux experts. En 2030, elle estime que la production atteindra 116 millions de barils par jour (32 millions de plus qu?en 2006), et que la part de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) passera de 42 % à 52 %.

Mais l?AIE juge que la hausse continue de la demande est ?une menace réelle et de plus en plus grave pour la sécurité énergétique de la planète?. Elle n?exclut pas, avant 2015, ?une crise du côté de l?offre, qui s?accompagnerait d?une envolée des cours pétroliers?, et prévient qu??il sera extrêmement difficile d?assurer des approvisionnements fiables à des prix abordables?. D?autant qu?une part croissante du brut servira au transport, pour lequel il n?existe pas de substitut.

Malgré la hausse des prix, la consommation s?accroîtra donc et les pays producteurs ne seront pas incités à investir, les tensions offre-demande maintenant l?afflux de dollars dans les pétromonarchies.

Autre facteur de risque, mais aussi de développement économique : l?accroissement des échanges pétroliers. Ils passeront de 41 millions de barils par jour en 2006 à 65 millions en 2030 (dont 13 millions importés en Chine), alors que l?offre sera plus concentrée dans les pays instables du Moyen-Orient d?où sont parties toutes les crises pétrolières des dernières décennies.

L?AIE pense que la Chine et l?Inde sont désormais conscientes qu?une course effrénée aux gisements d?or noir (Afrique, Asie centrale?) ne les prémunit pas contre une crise d?approvisionnement, et que la sécurité passe aussi par un bon fonctionnement du marché pétrolier.

L?AIE conclut sur l??urgence d?agir? pour sauver la planète des retombées désastreuses du réchauffement. Si les Etats mettaient en ?uvre les mesures qu?ils préconisent eux-mêmes, un recul de 19 % des émissions par rapport au scénario tendanciel serait possible en 2030. Encore insuffisant pour éviter une élévation moyenne de 2,40 des températures mondiales (le scénario bas du Groupe intergouvernemental d?experts sur l?évolution du climat) dans la seconde moitié du XXIe siècle.

Jean-Michel BEZAT

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