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?On ne peut étatiser l?art?
<B>Qu?est ce qui explique l?ouverture d?un bâtiment qui n?est pas encore opérationnel ? </B>
Il y a eu un problème au niveau des matériaux, ciment, la ferraille. Tout avait été orchestré pour l?ouverture mais des facteurs indépendants ont entravé cela. On avait déjà lancé les invitations. On ne pouvait pas revenir en arrière. Mais le bâtiment est prêt à 90 %. On y aménagera avant le 5 novembre.
<B>Ce déménagement annonce aussi des changements pour la MASA... </B>
Oui. Premièrement, on aura plus d?espace avec un front office. On aura aussi une salle d?archives. Avec plus d?espace, on travaillera avec plus d?efficacité. La MASA manquait d?un lieu comme celui-là pour opérer comme il faut. On proposera aussi un travail online. Le lieu comprendra aussi un lieu où les artistes pourront se rencontrer. Il sera connu comme la place David Milate.
<B>Comprendra-t-il aussi d?autres structures ? </B>
Un amphithéâtre sera mis à la disposition des membres de la société pour des répétitions scéniques. Cette structure sera disponible à partir du 5 novembre. Ce sera un lieu équipé pour accommoder 200 personnes.
On aura aussi une école de l?art, où on proposera des formations professionnelles aux artistes, ce qui leur permettra de vivre de leur art plus facilement. On élaborera la promotion de son oeuvre, le marketing, la scénographie, le business de la musique... On a bénéficié de la collaboration de la Fédération Internationale des Musiciens (Paris) qui animera des formations à l?intention des artistes mauriciens et rodriguais.
Cette école est aussi à la disposition des plasticiens. Ils seront mieux informés sur la protection de leurs ?uvres et sur leurs droits.
<B>Qu?en est-il des problèmes quotidiens des artistes ? </B>
Il y a un malaise justifié des artistes à Maurice. Il ne se retrouve pas dans le développement du pays. Nul ne peut étatiser l?art. Le développement d?un pays doit être soutenu par un développement culturel. Est-il juste que la télé nationale diffuse la musique et les arts des artistes d?ailleurs alors que les artistes locaux ne sont visibles par rafales ?
<B>On parle aussi de la mise sur pied d?un studio d?enregistrement de la MASA pour les artistes... </B>
Il est difficile pour la MASA de construire un studio d?enregistrement. Premièrement, le ministre des Finances a enlevé les taxes sur les appareils d?enregistrement. Ils sont donc accessibles à beaucoup. Deuxièmement, la technique d?enregistrement est tellement évolutive que le temps d?installer un studio, il sera déjà en déphasage. Ensuite, plusieurs de nos membres ont leur propre studio.
Je suis pour un studio mais, un studio de recherche discographique local et non pour un studio d?enregistrement. La MASA veut aller vers la professionnalisation de la musique et des arts.
<B>Quels sont les autres projets de la société d?auteurs ? </B>
Avec l?aide du ministre des Arts et de la Culture, on identifie un terrain pour le stade de la musique. Un lieu où auront lieu des concerts jusqu?à fort tard. C?est un projet qui date de 2004.
Nous sommes le seul pays au monde à ne pas avoir un lieu pour faire des concerts. La MASA travaille aussi sur la pension pour les artistes, cela avec l?aide du ministre des Finances. Ce sera une Contributary Pension.
Il reste à définir les paramètres par rapport à l?âge et au montant. On est aussi à la recherche de financement nécessaire pour la mise sur pied d?un grand orchestre pour apporter une plus grande diversité dans la musique.
<B>Et pour les artistes de Rodrigues ? </B>
Un comité a été instauré comprenant Jenna Collette, Marlin Augustin et Marie-Lourdes L?éveillé qui travaillent sur un projet de formation avec des artistes rodriguais. On travaille sur la tenue des MASA Awards à Rodrigues qui aura lieu en avril 2008.
<B>Propos recueillis par Stephan Jauffret-Rezannah</B>
<B>Comme Saint Thomas</B>
Une nouvelle ère s?ouvre dans le ciel de l?art mauricien. Si on en croît l?évangile selon Gérard Louise. L'artiste longtemps oublié dans le train du développement, trouvera enfin une place privilégiée dans la sphère culturelle.
Si on accepte de boire au vin de la célébration, il faudra éviter de se saouler la gueule avant d?avoir vu la concrétisation des promesses. Car demain, dirait l?autre est un autre jour. Soyons sobres et réalistes pour constater de visu. On a envie de voire pour le croire. Un peu comme Saint Thomas. Sans plus.
Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie, même si l?envie nous trotte l?esprit, il est un fait que pour mener à bien ses actions énumérées par le directeur de la MASA, il faudrait être indépendant et libre de ses gestes et mouvements. Ce qui nous amène au sujet épineux : l?autonomie.
La question de l?autonomie est encore, tout le monde le sait, un gros point noir sur le nez de la MASA. La mainmise gouvernementale fait encore de l?ombre à l?expansion et épanouissement de la société. Le Board de la MASA reste le seul maître à bord de la société des droits d?auteurs.
Et considérant que ce Board comprend plus de membres nommés par l?Etat, une ouverture plus vaste et un contrôle efficace de la société passeront forcément par son autonomie.
Même si le discours du Premier ministre Navin Ramgoolam lors de l?ouverture du nouveau bâtiment a évoqué entre les lignes l?importance de l?indépendance, il demeure un fait que ce sujet n?est pas d?actualité. Attendons voir. Prenons la communion. La messe est dite. Amen.
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