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La faute à qui ?
Nous sommes le 27 septembre. Un collégien de 17 ans se présente dans le bureau du directeur de son établissement. Motif : récupérer ses horaires d?examens. Soudain, l?attention du directeur est attirée par la présence d?un objet intrigant sous la chemise de l?élève. « Qu?est-ce que cela peut-être ? », se demande-t-il. « Pas un couteau quand même ! » Surprise ! Tel est bien le cas ! Le directeur interpelle le collégien, mais voilà que l?élève résiste et se montre violent. Mandée sur les lieux, la police arrête finalement le jeune homme. Il a été présenté devant le tribunal.
Il ne s?agit pas là d?un incident qui s?est produit dans une banlieue difficile en France ou aux États-Unis. Le collégien en question est Mauricien, fréquente un établissement d?État de la région portlouisienne. Cerise sur le gâteau, le cas n?est pas isolé. Car depuis pas mal de temps, l?indiscipline scolaire, qui prend diverses formes, frappe le pays de plein fouet.
Il y a dix jours exactement, acculée par l?ampleur de ce phénomène, la Fé-dération des managers des collèges privés a tiré la sonnette d?alarme. Cette fédération martèle qu?il devient de plus en plus difficile de maintenir l?ordre au sein de ses établissements. Et la mise en garde est on ne peut plus claire. La fédération est prête à recourir à des mesures radicales si le ministère de l?Éducation ne sort pas de sa léthargie.
Elle demande, entre autres, l?introduction d?amendements aux législations existantes, l?emploi de personnel spécialisé additionnel, la sensibilisation des parents aussi bien qu?une coordination entre le ministère de tutelle, les chefs des établissements, et la police. « Si rien n?est fait, la situation va empirer, même dans les collèges où il y a encore de la discipline. Nous sentons que le terrain devient glissant », prévient Rajiv Roy, secrétaire de la fédération.
Problèmes familiaux en tête de liste
Sur le banc des accusés, les élèves, auteurs d?actes d?indiscipline, avec au menu : le non-respect des règles de bonne conduite, la consommation d?alcool, les actes indécents à l?égard du personnel féminin enseignant, les règlements de compte, etc. La liste est longue.
Est-il raisonnable de parler simplement d?erreurs de jeunesse pour qualifier de tels actes et attitudes ? Les conclusions d?une étude commanditée par le Mauritius Research Council (MRC) pour déterminer les causes et la prévalence de comportement à risque des jeunes âgés de 15 à 24 ans y répondent en partie. Cette étude établit que le comportement parfois irrationnel des jeunes trouve, en grande partie, sa source dans les influences négatives et l?évolution de notre société. Les menaces et les agressions, le tabagisme, la consommation de drogue sont monnaie courante. L?étude démontre qu?au nombre des facteurs associés à l?émergence de la violence chez les jeunes, les problèmes familiaux arrivent en tête de liste. Il n?est donc pas interdit de penser que les dysfonctionnements de la cellule familiale puissent être transposés à l?environnement scolaire.
En outre, plus préoccupée par la performance que par le développement personnel des jeunes, l?école a sans aucun doute créé les conditions idéales pour qu?elle ne soit plus cette bouée de sauvetage lorsque la structure familiale flanche. Cette posture ne lui permet pas d?anticiper, par extension, les répercussions générées par la mondialisation et le développement accéléré des technologies de l?information.
Si de tels phénomènes confèrent à la nouvelle génération un semblant de maturité, les jeunes sont toutefois fragiles et ont plus que jamais besoin d?être encadrés et accompagnés.
Et avec le développement de l?indiscipline, on se retrouve avec une fracture entre l?école et les jeunes d?une part, et entre les jeunes et les adultes d?autre part. Ce qui est préoccupant, c?est qu?il existe une perception que l?on a plus tendance à montrer du doigt et à culpabiliser qu?à discerner objectivement le phénomène pour le juguler.
Pire encore, sur la liste des mesures envisagées pour résoudre le problème, on évoque de plus en plus des amendements à la loi. Derrière la porte, c?est la répression qui se profile. Mais répression contre qui ? Contre des jeunes qui, somme toute, sont mal dans leur peau, et qui pour s?exprimer ont recours à des actes condamnables.
La mise en garde d?Eirick Prairat, professeur à l?université de Nancy II et qui est une autorité dans le domaine de la gestion de l?indiscipline scolaire mérite d?être retenue. « Si l?école entend s?articuler à son dehors, au monde de la police et de la justice, il y a une nécessité quasi-fonctionnelle d?ajuster les représentations et les catégories entre l?école et les institutions partenaires. L?école et la justice doivent notamment s?entendre sur ce qu?elles appellent violence. Une définition trop ample enferme le risque d?un recours trop rapide et trop immédiat à la justice, justice qui en retour ne comprend pas ce que l?on attend d?elle. »
Structures d?accompagnement
La démarche des États-Unis dans la résolution de ce phénomène est on ne peut plus significative. Dans un pays où le taux de violence en milieu scolaire est des plus inquiétants, on aurait eu tendance à croire que les autorités privilégient la répression. Tel n?est pas le cas. Au contraire, il existe une pléthore de programmes d?encadrement.
En comparaison, le mode de développement que nous avons adopté pourrait potentiellement engendrer plus de comportements antisociaux. Pour y remédier, il ne s?agit peut-être pas de trouver le bouc émissaire idéal, même si celui-ci est à portée de main? ou plutôt de gifle.
Mieux vaudrait intégrer dans tout projet éducatif, des structures d?accompagnement et d?encadrement pour anticiper l?impact de l?influence que la société est capable d?exercer sur la psychologie des jeunes et les préparer à y faire face en toute confiance. Mieux vaut prévenir que guérir !
■ Anita Curpen, « Associate Professor » au MIE
Le Mauritius Institute of Education (MIE), chargé de la formation des enseignants tient-il compte de la nécessité de préparer les futurs professeurs à gérer les situations délicates ? « Oui », répond Anita Curpen. « Tout programme de formation comprend un module axé sur la psychologie des adolescents et un module sur la manière d?administrer une salle de classe. Toutes les difficultés liées à l?adolescence sont abordées, de même que les conséquences sur le comportement de l?individu et les possibilités offertes pour gérer la situation. » Des techniques pour trouver rapidement des solutions à un problème, et le réflexe de remettre en cause ses pratiques d?enseignement sont également au programme. En outre, de nouveaux modules dont le but est de sensibiliser les professeurs à l?émergence de nouveaux besoins sont en préparation « L?indiscipline est un problème qui nécessite une approche multidimensionnelle. Au MIE, nous assurons surtout un encadrement de base. Nous étudions la possibilité d?élaborer un programme de formation à la carte, par exemple avec des modules ponctuels, de même qu?un programme d?intervention auprès d?un collège sur un thème spécifique par rapport à sa réalité et ses besoins. »
■ Ramen Narrainen, parent d?élève
« Le respect des règlements dans l?enceinte d?un collège relève de la responsabilité de l?administration. S?il y a un déficit à ce niveau, il est inacceptable que l?administration tente de se dédouaner. » Pour Ramen Narrainen la dégradation de la discipline est amplifiée par le mode de fonctionnement des associations parents-enseignants qui, selon lui, mettent trop l?accent sur des activités qui impliquent l?argent, ou les mauvais exemples de certains professeurs. Il évoque, par ailleurs, l?absence de mécanisme pour remonter à la source de comportements incorrects, la réticence de certains parents de voir au-delà des remarques figurant sur le carnet de classe de leurs enfants, et enfin l?absence de structure pour encadrer les élèves le matin entre 7 et 8 heures, pendant la récréation, et à la fin des cours vers les 14 h 30. « L?absence de surveillance crée les conditions pour que se développe une culture d?affirmation de soi qui inclut parfois une tendance à la violation des règles. L?indiscipline est un phénomène qui se gère. Mais comment s?y prendre lorsque l?on ignore sa nature et les facteurs qui favorisent son développement ? »
■ Bashir Taleb de la Fédération des managers des collèges privés
Bashir Taleb estime qu?il existe plusieurs raisons qui expliquent la montée de l?indiscipline dans les collèges. Au nombre des causes évoquées, il cite, entre autres, la « délinquance parentale », à savoir, l?échec des parents à assumer leurs responsabilités et à prendre en charge des adolescents. Sans parler de l?absence d?un cadre légal pouvant aider les responsables et directeurs d?établissements à sévir à l?encontre des indisciplinés.
Bashir Taleb fait aussi ressortir que les responsables du système éducatif n?ont pas su s?adapter aux changements de la société. Ainsi, insiste-t-il, la formation des enseignants ne correspond plus à la réalité quotidienne.
« Les aspirants enseignants en sont encore à écrire des dissertations sur la gestion d?une classe, alors qu?ils auraient dû s?intéresser à l?aspect pratique de la chose. » Par ailleurs, il considère que les parents sont liés par un contrat avec l?école et qu?il y va de leur responsabilité de veiller à ce que leurs enfants se comportent convenablement. « Prenons la question du port de l?uniforme, la coiffure et des piercings. Comment des parents peuvent-ils plaider l?ignorance alors qu?ils sont signataires de ces mêmes règlements ? »
■ Yahya Paraouty, syndicaliste
Yahya Paraouty explique que ce phénomène est la conséquence du relâchement parental.
« Certains d?entre eux considèrent, à tort, que c?est aux enseignants de prendre en charge la responsabilité des jeunes et ils s?en dédouanent. » Yahya Paraouty est d?avis que l?influence des médias, d?Internet et celle des « publicités obscènes » n?est pas sans conséquences sur le comportement des jeunes.
Il estime que la situation s?est aggravée dans les collèges parce que les éducateurs « n?ont pas le droit d?infliger une punition ». « L?enseignant qui veut faire respecter la discipline risque de perdre son emploi avec des parents qui ne sont pas très coopératifs. » Yahya Paraouty pense que le ministère de l?Éducation est fautif si l?incivilité dans les collèges ne se résorbe pas. « Le ministère aurait dû proposer des guidelines permettant au management des collèges de punir l?enfant. » Le syndicaliste regrette que l?enseignement des valeurs morales et l?éveil à l?importance de la famille soient négligés au profit de la performance. « Pratiquement aucun collège n?offre ces formations. Le ministère doit très vite mettre sur pied un comité comprenant tous les partenaires de l?éducation afin de cerner la nature de l?indiscipline et d?identifier les moyens pour les endiguer. »
■ Jaya Balgobin, psychothérapeute
Pour Jaya Balgobin, « il ne faut surtout pas croire que les adolescents laissent leurs problèmes personnels sur le seuil de l?école. Cela se manifeste dans leur comportement ».
Dans les court et moyen termes, Jaya Balgobin déclare qu?il faut « des cellules d?écoutes dans les écoles ». Et d?ajouter qu?il faudrait s?inspirer des programmes ciblés mis en place par le Bureau de l?éducation catholique (BEC) dont le but est de former les enseignants à assumer le rôle de school counsellors. La psychothérapeute estime que les collèges devraient être encouragés à inculquer le sens des valeurs aux jeunes. Ce qui, selon elle, contribuerait à en faire de meilleurs élèves et, par extension, des citoyens modèles. « Si l?État de Géorgie, aux États--Unis, a mis en place un cadre obligeant ses 6 500 écoles à créer un programme d?éducation comportementale, qu?est-ce qui nous empêche d?emboîter le pas pour prévenir l?indiscipline ? »
QUESTIONS A
DHARAM GOKHOOL, MINISTRE DE L?EDUCATION
« Pour bien éduquer, l?école doit être un lieu protégé »
À quoi attribueriez-vous cette montée de l?indiscipline ?
Les causes de l?indiscipline sont multiples : la transformation de la société, qui entraîne des changements dans les valeurs, la crise de la cellule familiale, les fléaux sociaux, l?influence des médias, le manque d?encadrement, l?absence de responsabilité parentale, etc. Le défi est d?aborder le sujet en évitant la démagogie et la facilité. Surtout, il ne faut pas généraliser et prétendre que toutes nos institutions scolaires sont les foyers de violence et d?indiscipline.
Notre système est-il suffisamment bien équipé pour assurer la réussite scolaire des élèves et leur apprentissage du civisme ?
Pour une éducation de qualité, l?école doit être un lieu protégé où il y a l?entente et le respect mutuel. Il y a déjà des psychologues et des travailleurs sociaux qui apportent soutien et conseils aux élèves. L?enseignement de la discipline dans nos écoles se fait, quant à lui, à travers l?assemblée du matin. Nous avons également mis sur pied des Disciplinary Committees constitués des membres du corps enseignant, du Student Council, ainsi que des Pastoral Care Committees.
Des activités extrascolaires sont également organisées et la création des Benevo-lent Clubs va dans ce sens, c?est-à-dire enseigner les valeurs auprès des jeunes. Nous travaillons en étroite collaboration avec les différents ministères et ONG.
Comment le ministère compte-t-il s?y prendre pour combattre l?indiscipline ?
L?accent est mis sur la formation des chefs des établissements scolaires, sur le school management et le leadership. Un nouveau manuel de gestion est en préparation et il sera mis en application en 2008. De même, une unité spéciale pour la collecte de données et le suivi de tout incident dans nos écoles a été mise en place.
Nous avons aussi l?intention de revoir le cadre légal concernant l?indiscipline et nous discutons avec le parquet à ce sujet. Les règlements visant à combattre l?absentéisme, surtout au troisième trimestre, sont en train d?être finalisés. Le Chief Technical Officer préside un comité sur ce sujet. Le public et les parties concernées ont été invités à soumettre leurs propositions.
Qu?est-ce qui est prévu pour les enfants à problèmes, susceptibles de considérer l?école comme un lieu de défoulement ?
Nos psychologues et nos travailleurs sociaux font un suivi de ces cas. Nous bé-néficions également du soutien d?autres ministères, dont celui de la Femme, et de l?aide du bureau de l?Ombudsperson pour les enfants. Nous agissons en réseau pour cerner ce phénomène qui nous concerne tous. C?est pourquoi nous faisons appel aux parents et à la communauté à travers les Associations de parents-enseignants.
Je lance un appel à tout le monde, y compris à vous, les médias, afin que vous participiez pleinement à la sensibilisation. Vous pouvez vous aussi apporter votre contribution dans ce domaine. Après tout, il s?agit de l?intérêt de la jeunesse mauricienne, de la société de demain et de l?avenir de notre pays qui se dessine.
CE QUI SE FAIT AILLEURS...
L?indiscipline scolaire tou-che tous les pays. Pre-nons, par exemple le cas de la France et des États-Unis. Ce phénomène de société n?y a pas été traité à la légère et il a fait l?objet d?études approfondies. Les travaux effectués sur ce plan par Eirick Prairat, professeur à l?université de Nancy II (France) et auteur de La Sanction en éducation et par Judith Lapointe et H. Jérôme Freiberg, chercheurs en éducation à l?université de Houston, au Texas (États-Unis), ont mis en évidence certains faits indispensables pour saisir toute la dimension de l?indiscipline scolaire. Pour ce qui est de la géographie de la violence scolaire, Eirick Prairat écrit ceci :
« La violence dans les structures scolaires, tant sous le genre des délits que des incivilités, est socialement marquée. Plus les établissements accueillent d?élèves d?origine sociale défavorisée, plus leur indice de climat scolaire est faible. »
La violence, indique-t-il, affecte en premier lieu les élèves. De son évolution à son expression, Eirick Prairat soutient que « la violence semble se déplacer vers ce qui, symboliquement, constitue le c?ur de l?institution, à savoir les salles de cours ».
L?auteur met en garde contre le danger que les établissements secondaires s?appuient sur des institutions extérieures pour résoudre le problème d?indiscipline. « L?école et la justice doivent notamment s?entendre sur ce qu?elles appellent violence. Une définition trop ample enferme le risque d?un recours trop rapide et trop immédiat à la justice, justice qui en retour ne comprend pas ce que l?on attend d?elle. Après une longue période de traitement à l?interne des problèmes de violence, il ne faudrait pas que s?instaure une période d?externalisation systématique des dysfonctionnements scolaires. »
Les travaux des chercheurs Lapointe et Freiberg sont, quant à eux, intéressants à plus d?un titre. Ils ont répertorié une quarantaine de programmes (voir tableau ci-contre) susceptibles d?être adaptés aux pays confrontés au phénomène d?indiscipline scolaire. Paradoxalement, les États-Unis, où des formes d?indiscipline et de violence scolaires spectaculaires sont courantes, sont considérés comme un des pays qui ont consacré le plus d?énergie pour élaborer des programmes pour contrer ce phénomène.
Ces programmes ont été choisis en raison de leur pertinence et de leur efficacité, soulignent les deux chercheurs dans un article intitulé Indiscipline, conflits et violence à l?école : pistes nord-américaines.
L?article est disponible à l?adresse suivante :
http://www.viepedagogique.gov.qc/ca/numeros/142. Dans le contexte des programmes de prévention de la violence sur la base d?un curriculum enseigné en classe, par exemple, on peut visiter le site www.thtm.org/spe cial. htm, www.wings-panworks. com ou www.thtm.org. Pour ce qui est des stratégies pour con-trer l?indiscipline en classe, on peut se référer, entre autres, au Sheppard Kellam (skellam@air. org) ou à www.pbis.org.
Les chercheurs Lapointe et Freiberg indiquent que le programme Peers Making Peace est parvenu à résoudre 97,7 % des conflits entre les élèves.
Ils soutiennent que les en-fants qui ont participé au programme I Can Problem Solve se sont montrés moins impulsifs et ont fait preuve de meilleu-res aptitudes à résoudre les problèmes que leurs pairs, même quatre ans plus tard.
« Comme le développement d?un programme est exigeant, il est généralement plus avantageux pour un milieu scolaire d?adopter un programme qui a fait ses preuves et de faire les traductions nécessaires, s?il y a lieu, que de consacrer beaucoup de temps et d?énergie à en développer un nouveau et risquer que ce dernier ne donne pas les résultats souhaités », soutiennent les chercheurs.
PAROLES D?ELEVES
Christina Vasoodaven, élève en Form V du collège London, Ruben Yvan Sidien, en Form VI troisième année au Curepipe College et Roddy Mooken, du collège Bartholemews lancent un vibrant appel pour traiter de l?indiscipline de façon dépassionnée.
« Les jeunes souhaitent s?exprimer mais, malheureusement, ils ne sont pas suffisamment écoutés et pris au sérieux. Face à cela, certains d?entre eux estiment qu?il n?y a pas d?autres choix que l?indiscipline pour se manifester », avance Christina Vasoodaven. Un avis que partage totalement Roddy Mooken. « C?est vrai qu?il y a des actes que je n?approuve pas. Mais je me demande si on a pris la peine de chercher à comprendre pourquoi certains jeunes y ont recours ? On ne s?imagine pas la pression que l?école exerce sur les jeunes. Pour certains, l?environnement du collège est comparable à celui d?une prison. On a tort d?ignorer le fait que le collège constitue également un espace où l?adolescent voudrait voir se développer toutes ses facultés. » Roddy Mooken est d?avis que si les jeunes étaient consultés, leur adhésion aux règles de bonnes conduites des collèges n?aurait posé aucun problème. « Pourquoi ne pas les traiter comme des adultes en devenir, capables de réfléchir et de prendre des décisions ? »
Ruben Yvan Sidien considère, quant à lui, que l?indiscipline a toujours été un gros problème. Il pense que les critiques dont les jeunes font l?objet sont exagérées. « Ils ne s?expriment pas tous au moyen d?actes de rébellion contre l?autorité. Il faut éviter de créer la perception que l?indiscipline est incontrôlable dans tous les collèges. Je prends l?exemple de mon établissement. Il n?y a aucune indication que l?admi nistration est dépassée par les événements. Sin-cèrement, je pense qu?elle se fait respecter avec autorité. Il règne un respect mutuel entre les enseignants et les élèves. »
Ruben Yvan Sidien soutient que les parents ont une grande responsabilité dans la dégradation de la discipline. « Il est peu probable qu?un jeune qui n?est pas suffisamment encadré par ses parents puisse, de lui-même, respecter les règles de conduite du collège. Au lieu de s?adapter, il va plutôt se rebeller. L?éducation morale aurait dû être obligatoire. La confrontation en interaction avec des situations réelles les aurait aidés à comprendre que l?indiscipline n?est pas le meilleur moyen de se faire entendre. »
Lindsay PROSPER et A.C.
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