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Va-t-on sauver la police ?
Des maisons cambriolées, des bandits qui s?attaquent à des femmes dans la rue, des marchands ambulants guère impressionnés par les ordres de la police, des femmes violées, puis tuées. Une population qui fait fi des lois, des règles, du code de la route.
On ne s?en offusque même pas. Ce sont après tout, des faits divers. Des symptômes d?une société qui a perdu ses repères? Mais la sécurité publique serait surtout une question de ?good policing?. Et si c?était l?incapacité de la police ? et donc du gouvernement ? à gérer ce fléau qui était le véritable problème ? Et si cette incapacité était au fait un problème d?organisation ?
Dans un rapport publié récemment, ?Freedom House?, une agence non gouvernementale de notation politique basée aux Etats-Unis, estimait que le gouvernement est ?incapable de faire face à une criminalité jugée grandissante?.
L?analyse peut être très subjective, mais il n?en demeure pas moins qu?une certaine perception de ?helplessness? des autorités n?aide pas. ?Je ne peux pas veiller à ce que font les policiers tous les jours?, s?emportait le Premier ministre (PM) Navin Ramgoolam, au Parlement il y a quelque temps, répondant à une question parlementaire sur une enquête policière.
Mais les habitudes étant ce qu?elles sont à Maurice, le ministère de l?Intérieur a toujours été la responsabilité du PM. Est-ce la solution idéale ? Si cela a plus ou moins marché dans le passé, le système serait en train de donner des signes de fatigue.
Au centre de nos problèmes de sécurité publique, se trouve la police avec un chef qui, théoriquement, a des pouvoirs absolus ? et garantis par la Constitution ? mais qui en pratique est quasiment amputé de ses responsabilités.
<B>Autonomie</B>
La structure actuelle de la force policière est en place depuis 1974 après le vote du Police Act. Et l?Alliance sociale annonce une révision complète de la loi dans son programme électoral. On ne sait ce que contiendra la nouvelle loi, mais les structures actuelles de la police n?ont pas évolué pour tenir compte des nouveaux défis.
Le commissaire de police (CP) contrôle toutes les instances de la force policière que ce soit la police régulière, l?armée, les services de renseignement ou les gardes-côtes. Le CP répond au secrétaire aux affaires intérieures et au PM. Selon un document préparé par le département de sécurité du Prime Minister?s Offece (PMO) en 2003 et soumis au PM d?alors, il serait souhaitable de décentraliser les pouvoirs du CP et de réaménager l?organigramme pour faire de sorte que le n°1du NSS, le responsable des forces armées et le CP fonctionnent séparément et en toute autonomie et répondent tous trois au secrétaire aux affaires intérieures qui répond au PM. Le rapport aurait été mis dans un tiroir.
Ailleurs comme en Inde, en France ou en Grande-Bretagne, le ministère de l?Intérieur est un ministère à part entière, séparé du PM, pour des raisons pratiques aussi bien que pour des raisons d?efficacité. Les différents départements fonctionnent aussi en toute autonomie.
Serait-il temps de penser a la création d?un ministère séparé à Maurice ? ?Il faut étudier la question?, réplique l?Attorney General, Rama Valayden, qui ne dit pas non. Il ajoute que dans le passé (1995-2000), il y a eu une tentative de le faire avec un Junior Minister rattaché au PMO, qui s?occupait exclusivement des affaires intérieures du pays. Et que la venue de Shattock avait été mal accueillie.
Ça, c?est le passé. Va-t-on enfin réformer la police, son organigramme pour qu?elle puisse faire face aux nouveaux défis ? Et qu?elle puisse respecter son contrat avec la population ?
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