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Cette dengue qui menace
Exit le chikungunya. La préoccupation majeure des services sa-nitaires et entomologiques pour l?heure est la dengue. Et ce, depuis qu?une centaine de cas a été déclarée à la Réunion le mois dernier.
« La vigilance est de mise. Nous avons augmenté les effectifs au port et à l?aéroport pour accroître la surveillance », explique un technicien du ministère de la Santé.
Tous les passagers en provenance des pays à risques sont donc systématiquement examinés s?ils ressentent les premiers symptômes de la maladie. Les cas suspects concernent les personnes chez qui on décèle une fièvre d?au moins 38,5°, accompagnée de douleurs.
Sur le terrain, les services sanitaires tiennent à l??il les moustiques vecteurs de la dengue, à savoir, l?Aedes albopictus et l?Aedes aegypti. « L?hiver a été plutôt doux. Les moustiques ont profité des journées d?ensoleillement pour proliférer. Nous avons agi là où il fallait », explique un entomologiste du ministère de l?Agro-industrie.
Des évaluations entomologiques ont été réalisées dans divers endroits, alors que plusieurs canaux et gîtes naturels font l?objet d?un contrôle régulier. Si la présence de larves est notée, les lieux sont traités avec un larvicide.
« Le public ne doit pas baisser la gar-de. La lutte individuelle est indispensable pour détruire les gîtes larvaires et éliminer les ?ufs. Le seul moyen de prévenir ou de combattre cette maladie est de parvenir à éliminer le moustique vecteur », poursuit notre interlocuteur. Et quand on sait que 80 % des gîtes larvaires sont faits par l?homme?
Selon l?Observatoire régional de la santé de la Réunion, la dengue est devenue, ces dernières années, une préoccupation pour la santé publique au niveau mondial. Elle sévit dans des régions tropicales et subtropicales, avec une prédilection pour les zones urbaines.
Le virus de la dengue, aussi surnommé breakbone fever, est un flavivirus apparenté aux virus de la fièvre jaune et de l?encéphalite japonaise, de même qu?à d?autres arbovirus dont la majorité ne cause que rarement des maladies chez l?homme. Il existe quatre stéréotypes viraux : DEN-1,2,3,4.
<B>Un gonflement des membres</B>
Pour le Dr Isshack Jowahir, l?infection par une de ces souches peut protéger d?une infection par les trois au-tres. « Cela s?explique par le fait que l?organisme a produit des anticorps pour combattre la maladie. Mais exceptionnellement parfois, le malade peut contracter une autre forme de la pathologie. »
L?infection par un second virus accroîtrait le risque de maladie plus grave avec complication hémorragique. Le saignement peut se produire au niveau de la peau, des voies urinaires ou encore des articulations provoquant un gonflement des membres. « Les personnes qui souffrent d?ulcère peuvent s?attendre à un saignement à l?estomac. »
<B>Progression spectaculaire</B>
Les principaux symptômes de la maladie sont la fièvre, des éruptions cutanées et des douleurs. « Pour nous les Mauriciens, contracter la dengue sera assez grave. N?ayant pas connu cette épidémie, les gens n?ont pas d?anticorps et ils souffriront énormément. C?est pour cela qu?il faut la prévenir en détruisant les moustiques vecteurs », poursuit le médecin. Les espèces de moustiques incriminés sont l?Aedes aegypti et l?Aedes albopictus. Contrairement à l?anophèle, qui pique la nuit, l?Aedes a une activité maximale en fin d?après-midi.
La prévalence de la dengue progresse de façon spectaculaire depuis quelques décennies. Elle est désormais endémique dans plus de 100 pays d?Afrique, du continent américain, de la Méditerranée orientale, de l?Asie du Sud-Est et du Pacifique occidental. Ces deux dernières régions sont les plus affectées.
On attribue la propagation de la dengue au fait que le moustique étend son territoire et se rapproche de plus en plus des habitations. La croissance rapide des populations urbaines amène au contact du moustique un nombre toujours plus grand de personnes.
Au-delà de la surveillance sanitai-re, le moyen le plus efficace pour prévenir et combattre la dengue est de détruire les gîtes larvaires, et ainsi empêcher la prolifération des moustiques.
<B>Dans le monde</B>
Avant 1970, seuls 9 pays avaient connu des épidémies de dengue hémorragique. En 2001, 50 pays sont concernés. Environ 2,5 milliards de personnes, soit 2/5 de la population mondiale, sont désormais exposés au risque. Selon les estimations de l?Organisation mondiale de la santé, il pourrait y avoir chaque année dans le monde 50 millions de cas de dengue. En 2001, il y en a eu plus de 600 000 sur le continent américain, dont 15 000 de dengue hémorragique. Des flambées épidémiques explosives surviennent désormais. C?est ainsi qu?en 2001, le Brésil a notifié plus de 390 000 cas, soit au moins un millier de dengue hémorragique.
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