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Les « chiens de guerre » de Blackwater haïs à Bagdad
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Les « chiens de guerre » de Blackwater haïs à Bagdad
Ils ont la gâchette facile, tirent d?abord et s?expliquent ensuite. Les agents de sécurité de la compagnie américaine Blackwater sont la terreur de nombreux Irakiens.
Le gouvernement de Nouri Al-Maliki a annoncé, le 18 septembre, qu?il allait « reconsidérer », en « conformité avec la loi », les activités de toutes les sociétés de sécurité, étrangères et locales, opérant en Irak. Cette décision « est la conséquence de l?agression haineuse des employés de [la firme américaine] Blackwater contre des citoyens irakiens, qui a provoqué la mort de nombreux civils innocents », a dit le porte-parole de M. Maliki, Ali Al-Dabbagh. « Le ministère de l?Intérieur mène son enquête, dont les conclusions seront transmises à la justice d?ici un ou deux jours », a, par ailleurs, indiqué le porte-parole du ministère, le général Abdel Karim Khalaf.
La fusillade, ayant impliqué des gardes du corps de la société Blackwater escortant un convoi diplomatique américain, a coûté la vie à dix personnes, dont neuf civils, dimanche dernier à Bagdad.
Blackwater, considérée comme une référence dans le secteur de la sécurité privée, a affirmé que ses agents « ont agi de manière légale et appropriée en réponse à une attaque hostile ». Aux États-Unis, la situation embarrasse la Maison-Blanche. Une porte-parole s?est contentée de dire « au nom de l?administration, nous regrettons profondément la mort de tout innocent ».
À Bagdad, les habitants affichent sans retenue leur haine pour les employés des entreprises privées de sécurité étrangères, qu?ils voudraient voir « expulser » au plus vite de leur pays. « Des chiens de guerre enragés qui tuent des innocents dans la rue », s?emporte Hamid Hussein, un retraité de 60 ans, assis devant sa maison.
Ces mercenaires d?un nouveau genre, circulant à tombeau ouvert en convois blindés surarmés dans les rues de la capitale, « ont le droit de tuer sur une simple suspicion », accuse Abou Ahmed, un fonctionnaire de 37 ans. « Ils sont les maîtres et nous sommes devenus des étrangers dans notre propre pays », lâche-t-il plein de ranc?ur. « Ce sont des occupants, ils sont comme les militaires américains et se comportent de la même manière », renchérit Mohammed Abdallah, chômeur de 32 ans, originaire du quartier de Man-sour, où a eu lieu l?incident.
Réputés pour leur brutalité
Les Bagdadis redoutent le passage dans leurs rues de ces convois de blindés ou de lourds 4X4 aux vitres noires fumées. Réputés pour leur brutalité, ils n?hésitent pas à ouvrir le feu indistinctement en direction des véhicules ou des piétons approchant imprudemment de leurs convois. Les gardes de Blackwater en particulier sont connus pour lancer des grenades assourdissantes pour contraindre à l?arrêt les automobilistes distraits ou inconscients qui ignoreraient leurs injonctions.
« Allez voir sur Internet ! Vous verrez plein d?images des forfaits de ces chiens d?Américains », souligne Ahmad, en référence à la multitude de vidéos mises en ligne qui montrent des gardes de ces sociétés ouvrant le feu en pleine rue pour stopper des véhicules civils. « Ils ne respectent pas les Irakiens, ils percutent les voitures et tirent sur quiconque les approche », raconte un policier chargé de la circulation sur un rond-point dans le centre de Bagdad. « Mais nous ne pouvons rien faire face à eux, même le gouvernement irakien ne peut les empêcher d?agir comme des barbares », enrage un soldat, kalachnikov en bandoulière.
Entre 30 000 et 50 000 mercenaires, qui aiment à se désigner sous l?acronyme de « PSD » (Private Security Detail) constituent la deuxième armée étrangère en Irak, après les troupes américaines. De nombreux Bagdadis les surnomment plus simplement les « Mossad », du nom des services secrets israéliens, exprimant ainsi leur vindicte envers l?État d?Israël et son allié américain.
@ 2 007 Le Monde- (Distribué par The New York Times Syndicate)
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