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« Le sucre n?est pas mort ! »

23 septembre 2007, 00:00

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« Le sucre n?est pas mort ! »

<B>Vous rentrez de Bruxelles où les pays de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) ont tenté de résister à la révision des liens commerciaux avec l?Union européenne (UE). Les funérailles du Protocole sucre ont été douloureuses ? </B>

Non, au contraire. Pas de funérailles, mais plutôt un climat de veuve joyeuse. Les pays ACP producteurs de sucre, pour la première fois, ont fait preuve d?une solidarité sans faille. Il y a eu unanimité sur les thèmes-clés.

<B>Est-ce que cela suffira à conclure un accord avantageux avec l?UE, sachant que le Protocole sucre, lui, est condamné ? </B>

Le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, a dit lui-même que les principaux avantages du Protocole sucre seront conservés dans le nouvel accord.

<B>Il a dit aussi qu?il n?avait « ni chapeau, ni lapin à en sortir »? </B>

Peter Mandelson ne doit pas oublier une chose : l?UE ne peut pas chambouler ses liens commerciaux avec les pays ACP. L?accord de Cotonou est formel sur ce point. Certes, le chemin est miné de difficultés. Mais l?Europe s?est engagée par ailleurs à lutter contre la pauvreté et le chômage. Le nouvel accord de partenariat économique devra respecter la parole donnée et soutenir le développement des pays ACP.

<B>N?empêche que cette résistance ressemble de plus en plus à un baroud d?honneur. Le sucre, à Maurice, est-ce terminé ? </B>

Le sucre n?est pas mort ! Il passe par des moments difficiles. C?est pour cela qu?une réforme est engagée, nous voulons consolider ce secteur. Mais il vaut mieux obtenir un accord sécurisant plutôt que d?agir brutalement. Avançons d?un pas raisonnable.

<B>Tellement raisonnable qu?on se demande si la réforme vit encore?</B>

Écoutez, si devant la Commission européenne nous démontrons une solidarité sans faille, cela coule de source que l?entente est bonne au niveau local.

<B>Cela nous avait échappé?</B>

Ce n?est pas parce que les sucriers ont demandé du temps pour soumettre les données que nous leur avons demandées que les discussions sont rompues. Loin de là. Mais il ne faut pas oublier que ce gouvernement s?est engagé à mieux répartir les richesses.

<B>La fameuse question des terres. Est-ce là que ça bloque ? </B>

Il n?y a pas de blocage, il y a des chiffres qui doivent être examinés.

<B>Vous voulez dire qu?un accord est en vue ? </B>

J?espère que nous y parviendrons dans les deux prochai-nes semaines. La volonté politique est là. Une course contre la montre est désormais engagée.

<B>Laissons le sucre. Le départ du PMSD de l?Alliance sociale vous a-t-il laissé un goût amer ? </B>

Le PMSD, en 2006, s?était engagé à aider le gouvernement. Aujourd?hui, ce parti s?en va sans donner de raison officielle et?

<B>On les a comprises, non ? </B>

Moi, ce que je dis haut et fort, c?est que ce gouvernement veut démocratiser l?économie.

<B>Pardon d?insister, mais ce n?est pas la question. Avez-vous été chagriné par l?attitude du PMSD ? </B>

Il n?y a pas lieu d?être chagriné. En politique, les sentiments doivent s?effacer de-vant la raison.

<B>Et votre raison vous dit quoi ? </B>

Ce qu?elle me dit ? Eh bien, c?est très simple. Quand vous vous engagez dans un gouvernement, vous devez soutenir sa politique et montrer une loyauté sans faille.

<B>Quels seront vos premiers mots à Maurice Allet ? </B>

Que je respecte sa décision.

<B>Quand le Premier ministre titille le cuir de ceux qu?il appelle « les dinosaures », êtes-vous embarrassé ? </B>

Pas du tout. Nous avons été élus pour entreprendre des réformes. Et il faut avoir le courage de dire les choses. Le Premier ministre a eu le courage de dire haut et fort que tous les Mauriciens devaient avoir les mêmes chances, les mêmes opportunités professionnelles. Ce n?est pas une question d?épiderme, nousne blâmons personne.

Mais reconnaissons que nous avons un problème de société, car tous les Mauriciens ne sont pas partie prenante du dé-veloppement économique. Que chacun ait sa place, c?est ça la plaidoirie du Premier ministre. Nous deviendrons ainsi une nation responsable.

<B>Est-ce responsable d?associer le mot « dinosau-res » à une section de population ? </B>

J?étais à Union Park. Aucune section de la population n?a été identifiée. Il n?y a pas de place pour les dinosaures, pas de place pour l?ossification.

« Aujourd?hui, plus personne ne peut se dire qu?il est propriétaire sur des faits historiques »

<B>Et pas de place non plus pour un appel d?offres à l?îlot-Gabriel. Ne pensez-vous pas que l?on aurait fait ainsi l?économie d?une polémique ? </B>

Une fausse polémique orchestrée par des gens de mauvaise foi ! Si ce n?était pas Jayray Woochit qui avait obtenu ce bail, je me demande s?il y aurait eu tant de bruit. Cette campagne est malhonnête et mensongère. Ce qui est bon pour le groupe Sun ou d?autres entreprises doit être bon pour monsieur Woochit. Le gouvernement avait sollicité l?ONG Nature Watch pour gérer l?îlot-Gabriel. Or ils ont décliné l?offre. Jayray Woochit a obtenu ce bail en tant que citoyen mauricien, point à la ligne.

Il n?y a jamais eu d?appels d?offres pour la gestion des îlots. Le gouvernement précédent avait même décidé, en 2002, de confier l?îlot-Gabriel et l?île Plate à l?Association des hôteliers et des restaurateurs de l?île Maurice (Ahrim). Ce qui est bon pour l?Ahrim doit être bon pour monsieur Woochit. Pourquoi voulez-vous changer les procédures ?

<B>Parce qu?il n?est jamais trop tard pour bien faire. </B>

On peut toujours mieux faire?

<B>De l?îlot-Gabriel à la réforme sucrière, les tensions se cristallisent autour de la terre. Qu?est-ce que cela vous inspire ? </B>

La terre, c?est la mère patrie. Nous sommes une île, nous avons la volonté d?exploiter cha-que pouce de terre. Mais aujourd?hui, plus personne ne peut se dire qu?il est propriétaire sur des faits historiques.

<B>Vous remettez en cause la propriété privée ? </B>

Absolument pas, je respecte ce droit. Simplement, on ne peut pas louer éternellement un terrain à pâturages pour une roupie l?arpent. Peut-être cela pouvait-il se justifier autrefois, mais maintenant c?est fini. De la même manière, on ne peut pas occuper un terrain pieds-dans-l?eau sans réaliser que ce terrain doit être valorisé pour des activités économiques et pour le bien-être de la population.

En ces temps chahutés, d?aucuns relèvent que

<B>Sir Satcam Boolell, votre père, manque cruellement au pays?</B>

C?est vrai qu?il nous manque à tous. S?il était encore là, il aurait appelé tous les Mauriciens à ?uvrer pour le bien-être du pays.

Propos recueillis <B>Par Fabrice ACQUILINA</B>

<B>Bio express</B>

● Né le 26 mai 1953 à Port-Louis.Divorcé, père de deux enfants.

● Ministre de l?Agro-industrien et de la Pêche.

● Député de Vieux-Grand-Port- Rose-Belle (PTr) depuis 1987.

● Président de l?International Sugar Organisation (ISO).

● Médecin généraliste formé en Irlande.

● pratiqué au pays de Galles et en Nouvelle-Zélande.

● Surnom : « Doc ».

<B>Ses 5 dates</B>

■ 1968. Indépendance de Maurice.

■ 1984. Naissance de Sanjit, son premier fils.

■ 1986. Naissance de son second fils, Ashvin.

■ 2005. Victoire du Parti travailliste aux législatives.

■ 2006. Décèsde son père,Sir Satcam Boolell.

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