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Quand les instruments chantent...

22 septembre 2007, 00:00

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Cela fait cinquante ans que Claudio Cassimally a pris la musique dans ses bras, l?a serrée avec fougue et voyage avec hors du temps. Après un demi-siècle de carrière, celui qui est considéré comme l?un des plus grands artistes que l?île Maurice a vu naître, présente son premier album instrumental : Quand les instruments chantent. Un disque qui regroupe les standards en passant de Desafinado, Où est passé ma bohème et My way, à Une nuit de Carnaval, et de bien d?autres tubes.

La musique est depuis un demi-siècle le carburant de ce grand trompettiste. «Je me prépare pour la fin? cet album est en quelque sorte un héritage. Une trace de mon passage sur cette terre», confie Claudio. Cet album sera la première d?une série que l?artiste souhaiterait léguer en héritage à la nouvelle génération.

Quand les instruments chantent résume aussi tous ces moments inoubliables que l?artiste a eus en interprétant ces magnifiques standards. Des disques qu?il joue avec toujours la même délectation.

Son histoire d?amour avec la musique commence lorsqu?il a 17 ans. Nous sommes alors en plein dans les années 60 où la popularité du rock?n?roll est à son paroxysme. Claudio intègre alors l?orchestre du Diamond Band. Étant de ces rares musiciens qui ont eu un apprentissage autodidacte, son parcours sera parsemé de tristes réalités et aussi par de grands moments inoubliables dans plusieurs autres orchestres.

Il décide d?abandonner ses études pour se consacrer corps et âme à la musique. A cette époque il savait déjà qu?il en ferait son métier. Le jeune Claudio Cassimally intègre l?orchestre de la Police alors dirigé par le prestigieux chef d?orchestre Philippe Oh San.

Après plusieurs belles années aux côtés de ce dernier, Claudio Cassimallay prend la direction du littoral et de ses hôtels. Sa trompette à la main, il part à l?aventure avec les 4+1, groupe qu?il a fondé. Le tourisme est en plein essor, ils sont contraints à travailler sept jours sur sept.

Mais, il ne regrette pas cette période. «Cependant je n?encouragerais jamais mes enfants à faire de la musique,» confie Claudio Cassimallay. Pourquoi ? Tout simplement parce que de nos jours, il y a beaucoup de gens qui exploitent les musiciens. «Ce sont des contracteurs d?artistes,» ajoute le musicien. Au cours de sa carrière, Claudio a côtoyé plusieurs grands artistes. Il a accompagné les artistes d?hier et d?aujourd?hui avec le même brio..

Claudio Cassimallay déplore le manque de lucidité de certains musiciens. «Cela fait cinquante ans que je fais de la musique et je ne comprends pas pourquoi certains artistes s?obstinent à vouloir exporter le séga. Cette musique fait partie de notre folklore. Elle est appréciée à Maurice mais les artistes mauriciens n?arriveront pas à se faire connaître à l?étranger par le séga. Vous croyez que Mario Ramsamy serait devenu célèbre s?il avait joué du séga en France ?» demande l?artiste.

Après 50 ans de carrière, Claudio Cassimallay joue toujours de la trompette, et ce n?est pas demain la veille qu?il se séparera de son instrument. «J?adore la trompette et c?est un instrument dont la maîtrise demande beaucoup de pratique et une grande technique. Beaucoup de mes élèves ont fui devant sa complexité. Mais j?ai eu quand même de bons élèves tels que Phillipe Thomas qui ont persévéré et qui sont aujourd?hui d?excellents musiciens. C?est quelque chose de formidable, car on ne rencontre pas souvent de bons musiciens,» relate le trompettiste.

En attendant la sortie de son second album de séga instrumental, Claudio Cassimally se promène dans la vie avec son éternel trompette en faisant ce qu?il sait faire de mieux : jouer de la musique.

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