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La France à Maurice : ?A l?ami ne demande pas l?impossible?
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La France à Maurice : ?A l?ami ne demande pas l?impossible?
La France s?est soumise, hier soir, à la douche écossaise footballistique. A-t-elle été plus glaciale que celle qu?elle nous assène gentiment il y a 25 ans ? Impossible d?y répondre à l?heure ? avant le match ? où ces réminiscences se rédigent. Elles se souviennent, grâce à nos précieuses collections de journaux, sinon d?un ressentiment de douche française, du moins d?une claque mémorable qu?inflige l?Ami Jean Pierre Cot, alors ministre français de la Coopération, à ses amis socialistes et militants de Maurice. Il ne se gêne guère pour nous dire le plus froidement possible : ?Il ne faut pas demander l?impossible à un ami?.
Ils frétillaient pourtant à l?idée de recevoir, le plus cordialement possible, le premier envoyé du gouvernement socialiste français, nouvellement installé, d?abord à l?Elysée, puis à Matignon. A cet effet, la 3e visite d?Indira Gandhi sert même de rodage ou encore de répétition générale. Et tout cela pour s?achever en déconvenue inoubliable : la plus belle fille au monde, fût-elle Marianne, de mon c?ur sinon de ma jeunesse, ne peut offrir que les charmes qu?elle possède.
Voici les autres détails de cette magistrale leçon diplomatique. Nous sommes à l?aéroport de Plaisance. Jean-Pierre Cot s?apprête à reprendre l?avion pour regagner Paris et participer sans doute au Conseil des ministres hebdomadaire à l?Elysée où les questions concernant les requêtes mauriciennes risquent fort de l?embarrasser davantage. D?où le nouveau dicton ayant cours à Paris : Impossible devient bel et bien français ! Ou encore : A c?ur chancelant tout devient problématique !
Après la claque, la pommade. Les requêtes de Maurice sont réalistes mais ses besoins sont immenses, confesse-t-il. (N.B. Forcément, après deux décennies de pouvoir travailliste sans partage ou presque où le noubanisme et l?anti-création-d?emplois-productifs, blanc de référence, sont, déjà, la règle générale). Cot conseille une meilleure planification. Et pan ! pour Kailash Ruhee ! Il y a, précise-t-il, un engagement ?moral? de la France. (ça nous fait une belle jambe !). La coopération régionale, que tous appellent de leurs meilleurs v?ux, se heurte aux contraintes européennes et bruxelloises que Paris subit, comme aux susceptibilités des îles souveraines indocéaniques à l?égard de leur s?ur réunionnaise, toujours départementaliste mais assistée et soumise au bon vouloir d?une France nucléarisée, faisant plutôt tache d?huile dans la zone de paix dénucléarisée que Moscou veut hypocritement instaurer dans notre océan Indien.
Il n?y a pas d?ailleurs que la coopération d?Etat à Etat. Les Chambres de commerce aussi peuvent coopérer, rappelle l?ami Cot (Accueil glacial). Paris refuse en tout cas, dit Cot, d?être notre avocat auprès du FMI, pour la bonne raison que nous n?y sommes pas accusés. D?ailleurs, il y a de bons avocats à Maurice (c?est gentil pour notre barreau mais ça demeure évasif sur l?aide financière tant attendue).
Tromelin et les autres îles éparses auraient un potentiel principalement... météorologique. Qui veut financer le coût de la présence d?une équipe de météorologues sur l?île aux Sables dit Tromelin ? (Silence gênant), Gentil, Cot ajoute : Rendons-nous service mutuellement, au lieu de nous épuiser dans de stériles discussions.
Pour les JIOI devant avoir lieu à Maurice en 1983 (le ministre travailliste des Sports, Hurrydev Ramchurn, savait-il, en 1979 et à la Réunion ? avant donc la création de la COI ? qu?accepter le drapeau des Jeux c?était s?engager à organiser, à Maurice, la prochaine édition ?). Cot confirme que la France finance toujours la construction d?une piscine olympique. Promis, juré... (Il se jette enfin à l?eau)... Mais attention aux projets de prestige (Fausse alerte). Mitterrand serait heureux de recevoir Anerood Jugnauth à Paris. La France se réjouit des liens privilégiés que Port-Louis veut nouer avec elle comme avec la Nouvelle Delhi (à ne pas confondre avec Françoise Sagan). Paris s?incline devant la maîtrise océanographique indienne.
Coté industriel, les nouvelles sont moins bonnes. Le textile français se meurt. Aie ! Cot sait que les Mauriciens sont de redoutables négociateurs (Sommes-nous en présence d?un cas d?étude de compliment empoisonné, une sorte de compliment-piment ?)
L?heure du départ sonne. Ultime rappel de l?entière solidarité socialiste française pour Maurice. Et ce n?est pas une déclaration en l?air. Forcément puisque l?avion de Cot n?a pas encore décollé.
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