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Le commerce avec l?Europe dans la tourmente
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Le commerce avec l?Europe dans la tourmente
Des négociations dans l?impasse. Les conditions d?accès aux marchés européens à partir de janvier 2008 sont floues. Le composant commercial de l?accord de Cotonou (accord qui encadre les rapports économiques entre les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique ? ACP ?, dont Maurice, et l?Europe) arrive à terme à la fin de cette année. L?Accord de partenariat économique (APE) censé le remplacer n?a pas encore été finalisé. Les parties concernées sont engagées dans une course contre la montre pour parvenir à un accord d?ici le 31 décembre, même si l?objectif paraît peu réalisable.
Jusqu?ici, les échanges commerciaux entre l?Union européenne (UE) et les ACP ont opéré sous un principe de préférences commerciales non réciproques. En d?autres mots, l?Europe offrait aux ACP un accès privilégié à son marché, mais ces derniers n?ont aucune obligation d?en faire autant pour les produits européens. Les choses vont changer avec l?entrée en vigueur de l?APE qui se veut un accord de libre échange réciproque. De plus, le nouvel arrangement doit être conforme aux normes de l?Organisation mondiale du commerce (OMC).
<B>Retard pour un accord</B>
Le bloc ACP s?est constitué en différentes régions dans le cadre des négociations avec l?EU. Maurice fait partie de la zone Eastern and Southern Africa (ESA). Or, les 16 Etats membres de cette région n?ont pas pu trouver une position de discussion commune avec l?Europe.
D?où le retard pour parvenirà un accord.
?Maurice se retrouve un peu isolé dans ces négociations. Les pays du groupe n?ont pas le même niveau de développement et n?ont pas les mêmes ambitions et intérêts. Cela rend les discussions difficiles. Nous essayons toutefois d?arriver à un accord, du moins sur l?accès au marché et sur le développement, d?ici la fin de l?année?, indique un responsable de la diplomatie commerciale à Port-Louis.
A l?approche de l?échéance du 31 décembre, les négociateurs veulent parer au plus pressé, c?est-à-dire, arracher un accord, du moins sur le volet commercial. ?Les autres questions, tels les services, l?investissement, la pêche et la politique sur la concurrence, peuvent être prises après?, dit le diplomate.
Plusieurs réunions de haut niveau sont prévues dans les prochaines semaines, en vue de débloquer la situation. Les diplomates et techniciens de l?ESA et de l?Europe se rencontrent au Rwanda la semaine prochaine (du 17 au 21 septembre). Cette réunion sera suivie de celle des ministres du Commerce international de l?ESA en octobre à Djibouti. Finalement, les mi-nistres de la zone rencontrent leurs vis-à-vis européens à la mi-novembre à Bruxelles, pour une ultime étape de négociations.
Les sources de divergences au sein de l?ESA sont multiples. D?abord, plusieurs membres appartiennent au groupe des pays les moins avancés (PMA) qui eux n?ont aucune obligation à signer les APE du fait qu?ils pourront accéder aux marchés européens sous le régime préférentiel (de manière non-réciproque, en franchise de douane et sans quota) ?Tout sauf des armes? à partir de l?année prochaine.
D?autre part, il existe des pays en développement, tels le Kenya, l?Ouganda et la Tanzanie (qui sont regroupés au sein de l?East African Customs Union) qui veulent faire bande à part et négocier directement avec l?UE. Il faut ajouter à ceux-là certains Etats, comme le Cap-Vert, qui sont en discussions avec l?Europe pour des accords commerciaux bilatéraux.
<B>?Ne pas perturber les échanges?</B>
Face à ces développements en parallèle aux discussions sur l?APE, Maurice se sent quelque peu abandonnée et n?a pas beaucoup de moyens pour influencer le cours des négociations.
?Nous espérons pouvoir obtenir des mesures transitoires auprès des Européens. Lors d?une réunion de l?ESA en avril dernier, il était question de ne pas perturber les échanges avec l?entrée en vigueur de l?APE. L?UE devra en tenir compte?, affirme une source au ministère du Commerce international.
Repousser l?échéance du31 décembre signifie que l?Europe doit demander une nouvelle dérogation auprès de l?OMC. Chose que l?UE veut à tout prix éviter. ?Il est important qu?un accord soit obtenu à la fin de cette année. Au cas contraire, les pays en développement non-ACP pourront eux aussi exiger des préférences auprès de l?Europe?, soutient un porte-parole de la Délégation de la Commission européenne à Port-Louis.
Cette source estime que les ACP auront suffisamment de temps pour s?adapter aux nouvelles conditions commerciales. ?L?entrée en opération des APE ne veut nullement dire que la réciprocité interviendra immédiatement. Les ACP auront une longue période pour ouvrir leurs marchés?, rassure-t-on.
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