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Le Parti Travailliste s?essouffle et s?effrite
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Le Parti Travailliste s?essouffle et s?effrite
La traversée du désert s?annonce douloureuse et périlleuse pour le Parti travailliste (PTr), bientôt cinquantenaire. Qu?il ronronne à son aise quand il est au pouvoir, passe encore. Un maroquin ministériel ou la présidence d?un corps organisme parapublic quand il ne s?agit pas d?offrir une sinécure à un rejeton et même à une lointaine parente, suffit à calmer les plus impatients, les plus récalcitrants, pour ne pas dire les plus contestataires. Mais que faire quand on est dans caro cannes et qu?un pouvoir adverse confisque même les miettes de pouvoir demeurées entre les mains rouges les plus chanceuses ? Que faire quand on ne dispose pas du moindre boutte d?os à faire miroiter à des affamés aux canines et molaires acérées ? Que faire quand un leader octogénaire s?essouffle à ne plus pouvoir contenter tout le monde et sa belle-mère ? La ficelle retenant encore les die hard travaillistes ne saurait résister bien longtemps.
Elle se casse à la mi-1982 et déjà une douzaine de contestataires, ayant à leur tête Sir Satcam Boolell, quittent bruyamment la vieille barque rouge en perdition car faisant eau de partout et ne disposant désormais que d?un gouvernail bringuebalant. Une lettre commune de démission est adressée au secrétariat du parti. Les démissionnaires estiment ne plus pouvoir travailler dans les structures actuelles du Labour et menacent de créer un nouveau parti politique.
Kailash Purryag, le président 2007 de notre Assemblée nationale, pourtant pressenti par Seewoosagur Ramgoolam pour le remplacer à la tête du parti fondé, en février 1936, par Maurice Curé, fait partie des démissionnaires. Il explique que cela fait un lustre que ses amis et lui se démènent comme diables en bénitier pour essayer mais vainement, sinon de donner un souffle nouveau au parti, du moins de mettre un peu d?ordre en son sein. Trop c?est trop. Ils n?en peuvent plus. Les responsables de la débâcle du 11 juin 1982 tiennent le même discours qu?auparavant, comme si rien n?avait changé sous le soleil mauricien.
L?express croit savoir que parmi les travaillistes démissionnaires figurent les noms de Satcam Boolell, Kailash Purryag, Simadree Virahsawmy, Iswardeo Seetaram, Razack Peeroo, Dr K. Busawon, Sir Ramesh Jeewoolall, successeur de Sir Harilal Ramchordass Vaghjee à la présidence de notre Parlement, Clarel Malherbes, Mooneshwar Hurry, l?ancien militant Krishnalall Coonjan, Bala Teeroovengadum et Jack Kooraram.
C?est le second démembrement du PTr en seulement quatre ans. En 1978, un vent de contestation ébranle déjà les vieilles assises du parti, tenant ses quartiers à la place de l?Artillerie, aujourd?hui Guy-Rozemont. Les choses s?arrangent finalement conformément aux meilleures traditions travaillistes, sauf pour trois contestataires, plus irréductibles que les autres : Harish Boodhoo, Rohit Beedassy et Radha Gungoosingh. Ils sont, après bien des tergiversations, des valses-hésitations et autres menaces sans effet, expulsés du parti. Il fondent le Parti socialiste mauricien, s?allient au MMM, prennent le pouvoir avec ce dernier, le 11 juin 1982, et ne tarderont pas à reprendre leurs mamours avec le PTr.
Après la cinglante et mémorable défaite du 11 juin 1982, le PTr nomme un sous-comité (l?Anglais dit : quand vous voulez noyer un problème, confiez-le à un comité ad hoc) pour disséquer les causes de cette incroyable disgrâce électorale. L?ultime réunion pour parvenir à un consensus, sur les causes du séisme électoral du 11 juin 1982, afin de présenter un rapport aux congressistes rouges, devant se réunir en septembre 1982 au Collège Eden à Rose-Hill, donne lieu à des échanges de plus en plus houleux d?où la démission des travaillistes précités.
James Burty David, président du PTr, ne perd pas son assurance habituelle pour autant. Le congrès n?est pas remis en question. Il aura lieu comme prévu. Il élira un nouveau groupe majoritaire qui prendra le contrôle du parti et désignera un nouvel exécutif. Avec le départ de Sir Satcam Boolell, il n?y a plus qu?un seul candidat à la présidence du PTr. Il s?agit d?Harry Boolluck, l?actuel président directeur de notre Central Water Authority. Les rats quittent le navire PTr mais à part de ça, tout va très bien. Tout va très bien !
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