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Efforts à soutenir pour la réduire

7 septembre 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La mondialisation s?accompagne d?une extension et d?une densification des réseaux. En effet, c?est par l?internet, le réseau des réseaux par excellence, que transitent les flux d?information qui tendent à devenir un facteur de développement à part entière.

Les bailleurs de fonds et investisseurs privés et institutionnels l?ont parfaitement intégré. Aussi la diffusion de l?internet dans les pays du Sud tels que l?ile Maurice constitue pour eux une priorité stratégique.

Au-delà d?un critère essentiel d?essor économique, cette technologie apparaît également comme un outil d?émancipation pour les pays en voie de développement dont l?île fait partie.

De fait, les Nations unies placent désormais l?accès aux technologies de l?information et de la communication (Tic), au c?ur du devenir de ces pays, juste après la lutte contre la pauvreté, l?exclusion et la violence.

A Maurice, la diffusion et la pénétration des Tic sont encore faibles, bien que le pays ait parfaitement pris la mesure du défi lié à la réduction de sa fracture numérique.

Après une décennie d?efforts soutenus pour rattraper le retard qui la sépare des pays du Nord, il s?est forgé, à grand renfort d?injection de capitaux indiens principalement, une incontestable réputation de prestataire offshore bilingue de services dématérialisés.

Il est devenu une tête de pont pour l?informatique indien qui vise les marchés francophones. A l?instar de la SSII indienne Infosys, un des leaders sur la place.

Tous les ingrédients de la réussite de la stratégie indienne sont réunis dans l?île : le bilinguisme français-anglais, seulement deux heures de décalage avec l?Europe et des connexions aériennes internationales assurées au quotidien.

Maurice s?est donné pour mission de continuer à tirer pleinement profit des Tic en intensifiant ses activités dans le domaine. Le choix s?est porté spécifiquement sur le business process outsourcing (BPO). D?où la multiplication des centres d?appels.

Mais d?autres activités à plus haute valeur ajoutée seraient à privilégier.

Le pays s?est bâti une importante activité dans le secteur des services financiers notamment, qui emploie aujourd?hui quelques milliers de personnes.

Mais il affiche également son ambition de former des équipes locales de développeurs de logiciels et des opérateurs spécialisés dans l?externalisation des processus métier.

L?année dernière, le gouvernement a initié, avec l?Universal ICT Education Programme (UIEP), qui gère les systèmes éducatifs internationaux, la formation de 100 000 personnes par an, soit 400 000 personnes sur la durée totale du projet ou un tiers de la population mauricienne. Ce programme vise les plus démunis.

D?autres programmes voient également le jour : des projets pilotes en partenariat tels que le NEPADS E-SCHOOLS, lancé en mai, et des initiatives locales telles que la Caravane du National Computer Board qui vulgarise l?univers des Tic auprès des couches de la population les plus vulnérables.

Cependant, la course pour empêcher l?accélération de la fracture numérique ne se poursuit pas au même rythme de croisière que dans les cinq dernières années.

Si les Tic continuent sans conteste à jouer un grand rôle dans la constante recherche de nouveaux débouchés pour les industriels mauriciens, l?économie locale s?essouffle avec les accords préférentiels parvenus à échéance (Accord sur le textile échu en 2005 et Accord de Cotonou sur le sucre arrivant à terme en 2008). De plus, il n?est pas certain que le cadre fiscal spécifique aménagé pour les technologies de l?information sera reconduit après 2008. La manne financière générée par ces dérogations et injectée dans l?économie locale s?est épuisée. Il faut se mettre en quête de nouvelles sources de financement.

Cela expliquerait-il la morosité économique ambiante ou l?apathie des jeunes qu?on arrive difficilement à motiver et attirer vers les métiers des Tic ?

Quoi qu?il en soit, Maurice peut se targuer à ce jour de devenir une référence en matière de BPO. On est bien loin de l?image de ?destination farniente et vacances? spontanément et communément véhiculée de par le monde !

L?île a engagé une politique de développement dans le domaine des technologies de l?information. A cet effet, elle a mis en place depuis une décennie un incubateur d?entreprises IT que la cybercité de Rose Hill illustre en partie.

Cet incubateur a vocation à se développer rapidement et à s?étendre sur tout le territoire. D?ailleurs, les bâtiments se multiplient à Ebène.

?Si les Tic continuent sans conteste à jouer un grand rôle dans la constante recherche de nouveaux débouchés pour les industriels mauriciens, l?économie locale s?essouffle avec les accords préférentiels parvenus à échéance?

A l?instar de Rose-Hill, d?autres villes souhaitent s?engager dans la course aux infrastructures en fibre optique. Ainsi, comme on a construit hier des autoroutes pour désenclaver certaines régions, aujourd?hui on oeuvre à développer les ?autoroutes de l?information? à très haute vitesse pour ne pas rater l?express économique.

En pratique, les villes et lieux excentrés tentent d?attirer les investisseurs et encourager de nouveaux foyers à s?installer. Le futur centre industriel de haute technologie de Savannah en est un exemple en devenir.

L?île Maurice s?est dotée d?un accès au monde grâce au câble sous-marin à fibres optiques : SAFE. Celui-ci vient d?accuser une baisse de tarif de 20 % très attendue par tous les acteurs de téléphonie, de l?internet et des télécommunications qui en subissaient de plein fouet le coût. Il était perçu comme étant prohibitif depuis longtemps déjà, et bien évidemment répercuté chez l?utilisateur final.

Le communiqué officiel de Mauritius Telecom paru dans la presse du 4 septembre 2007 annonçait une ?baisse du prix de la bande passante internationale IPLC?, faisant passer une liaison Full Circuit de 2 Mbps de Maurice à Paris à USD 6 300 mensuels (Rs 201 600), soit une réduction de 50% de la facture Internet.

Mais pour le salaire moyen mauricien, cet effort devra rapidement se poursuivre jusqu?à atteindre le niveau européen. Sans cela, le pourcentage d?abonnés à Internet qui avoisine seulement les 11% de la population (d?après les chiffres du Bureau central des statistiques à décembre 2006) ne saurait enfin ?décoller? de son niveau plancher.

Aussi appréciable que soit cet effort de l?opérateur, il ne faudrait pas s?endormir sur ses lauriers ! Il est vraiment à souhaiter que le projet d?exploitation du second câble EASSY vienne relayer SAFE d?ici à 2008 et densifier cet accès au haut débit dans l?île pour la relier au reste du monde en passant par l?Afrique du Sud.

On est aussi loin du compte en comparaison de la connexion dont bénéficient les professionnels et ménages des ?pays du Nord?.

Rêvons un instant : le leader en la matière, le Japon, a déjà gagné son pari de doter tous les nouveaux appartements de ses grandes villes d? 1 Go par foyer.

Au Japon, la téléphonie à très haute vitesse et de haute qualité permet à chaque ménage japonais une utilisation tous azimuts : dans les services administratifs électroniques, la culture, l?éducation par l?e-learning, la télé médecine pour les seniors, etc? tous ces domaines dont la dématérialisation devient incontournable.

L?enjeu devient à la fois technique et politique. La lutte pour réduire la fracture numérique à Maurice se poursuit.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, devra bientôt convaincre ses partenaires européens de participer au financement des restructurations économiques et à la modernisation des infrastructures, notamment celles dédiées au Tic.

Nous saurons d?ici le 20 septembre, date de son retour au pays, si son déplacement aura été couronné de succès. Le programme d?Aid For Trade va-t-il engranger les fonds nécessaires à la promotion de l?investissement pour l?internet et en faire un pilier incontournable du développement durable à Maurice ?

<B>R.S. </B>

<B>Fracture sociale et fracture numérique</B>

■ L?information, les productions culturelles et le savoir connaissent une numérisation croissante. Les réseaux informatiques maillent progressivement les territoires du monde entier. Par conséquent, toutes les forces qui structurent les sociétés humaines sont ou seront touchées par la combinaison de ces éléments et a fortiori, partout où se dessine la fracture sociale, la fracture numérique risque de s?exacerber. La fracture numérique ou ?fossé numérique? (expression plus politiquement correcte) peut donc être définie comme une inégalité face aux possibilités d?accéder et de contribuer à l?information, à la connaissance et aux réseaux, ainsi que de bénéficier des capacités majeures de développement offertes par les Tic. Mais ces éléments sont quelques-uns des plus visibles du fossé numérique, qui se traduit en réalité par une combinaison de facteurs socio-économiques plus vastes, en particulier l?insuffisance des infrastructures, le coût élevé de l?accès au haut voire très haut débit, le manque de création locale de contenus et la capacité inégale de tirer partie au niveau économique et social d?activité à forte densité d?information.

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