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Bâtiment : le manque de professionnels s?amplifie
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Bâtiment : le manque de professionnels s?amplifie
Le secteur du bâtiment peine à trouver des professionnels des différents corps de métier. Après des maçons, des ferrailleurs et des skilled workers, voilà que le problème s?amplifie et se répand à d?autres niveaux. En effet, ingénieurs, techniciens qualifiés, Quantity Surveyors, chefs de chantiers, chefs de production et autres hauts cadres se font rares.
Ainsi, Manser Saxon Contracting Ltd (MS) et Systems Building Contracting Ltd (SBC), sociétés offrant des services variés de sous-traitance dans le secteur du bâtiment, et Hooloomann & Associates, firme de Quantity Surveyors et de Project Managers, éprouvent des difficultés à trouver des professionnels locaux.
Selon Eric Hardy, General Manager de MS, le problème grandissant de manque de ressources humaines a poussé cette société du groupe Ireland Blyth Ltd (IBL) à recourir à la main-d??uvre étrangère pour pouvoir réaliser les projets dans lesquels elle est impliquée. Cela notamment pour les travaux d?installation électrique et de dispositifs anti-incendie, de boiserie, de plomberie, de climatisation dans des complexes hôteliers, des integrated resorts scheme et des bâtiments administratifs.
MS a dû, en juillet, importer une vingtaine de professionnels et de skilled workers d?Inde pour renforcer son équipe locale. Au total, 200 Indiens de différents corps de métiers sont actuellement employés par cette société.
<B>Contraintes légales</B>
?L?avantage de cette ouverture vers des professionnels étrangers est qu?ils apportent généralement des techniques différentes ainsi que des compétences nouvelles. Car ces personnes sont souvent exposées à des projets de très grande envergure et ont eu accès à des technologies encore peu courantes à Maurice?, explique Eric Hardy.
Ce dernier concède toutefois que le recours à la main-d??uvre étrangère n?est pas toujours la solution idéale à cause des contraintes légales et logistiques que cela comporte. Sans compter les problèmes d?adaptation que ces travailleurs peuvent parfois rencontrer dans un contexte qui n?est pas le leur et les coûts que l?importation de cette main-d??uvre étrangère représente.
Selon Eric Hardy, le manque continu de ressources humaines constitue une ?menace directe? pour la performance de MS. Alors que cette société avait commencé 2007 avec un carnet de commandes déjà bien rempli.
Mais pour pallier ce problème, MS a adopté une stratégie de recrutement en amont. Elle est en partenariat avec des organismes de formation de l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB). Ainsi, des jeunes de l?IVTB sont régulièrement pris en stage au sein de MS, et cela dans divers secteurs d?activités: menuiserie, électricité et plomberie, entre autres. Depuis janvier 2006 à ce jour, MS a vu défiler plus de 70 stagiaires de l?IVTB dans différents métiers. Et elle a embauché 18 d?entre eux.
<B>?Salaires plus élevés ailleurs?</B>
Mais ce type d?association comporte néanmoins certains désavantages. Très souvent il y a, par exemple, un taux conséquent d?absentéisme chez les stagiaires. De plus, plusieurs d?entre eux ne vont pas au bout de leur programme d?études, ainsi que de leur stage.
Navin Hooloomann, Managing Director de Hooloomann & Associates attribue, quant à lui, ce manque de professionnels au ?boom? que connaît le secteur du bâtiment, avec le nombre de projets en cours, et au manque de formation. Opinion que partage Stéphane Rouillard, Managing Director de SBC.
?Il y a aussi les professionnels, dit-il, qui ne retournent pas au pays en raison des salaires plus élevés ailleurs. Ils préfèrent aller travailler en Europe, au Moyen-Orient ou encore en Afrique du Sud, où il y a aussi un boom dans le secteur du bâtiment. Il faut trouver une solution de façon urgente afin d?éviter un ralentissement du taux de croissance et des investissements.?
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