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Agression politique
Le milieu politique n'en est pas à sa première agression. Mais l'incident qui s'est déroulé vendredi dernier au Parlement est un scandale sans précédent. Un ministre a été brusqué et menacé de mort sous les yeux du speaker dans l?enceinte de l?Assemblée nationale. Si la rhétorique agressive des ?strangers? ne s?est pas dégénérée en violence physique, c?est uniquement grâce à l?intervention énergique de quelques membres de la majorité. Ce cas se singularise aussi par le fait que les fauteurs de trouble ont quitté l?enceinte du Parlement sans être inquiétés par les policiers.
La scène s?est déroulée dans la salle à manger des parlementaires, un lieu pourtant sécurisé. Même les journalistes expérimentés sont contrôlés avant d?accéder à cet endroit. Si Clovis Azie et son compère Rozario Drabucan ont pu s?approcher sans encombre de la table où se trouvait leur cible, c?est qu?ils ont des droits particuliers découlant de leur proximité avec les princes. L?incident de vendredi doit donc inciter les dirigeants à revoir leurs fréquentations s?ils tiennent à ce que le caractère de sérieux et de solennité de nos institutions soit préservé. Madun Dulloo a eu le bon réflexe quand il s?est écrié devant la tournure dramatique des événements vendredi soir : ?Mais il faut le mettre à la porte, ce n?est pas possible que des choses comme cela se passent au Parlement. Il faut respecter les institutions.?
Qui avait le devoir de les mettre à la porte et de réclamer l?arrestation des deux individus qui s?étaient adressés à Anil Bachoo en ces termes : ?Si to vann Navin, mo touy twa? ? Le ?National Assembly (privileges, immunities and powers) Act? prévoit qu?un outrage au Parlement est commis quand il y a ?assaulting, molesting, obstructing, threatening or insulting any member in the vicinity of the precincts of the Assembly when such member is on his way to or going from a meeting of the Assembly or of any committee". Cependant, il faut une lecture approfondie de la législation pour savoir qui doit initier les procédures en cas d?infraction à cette loi.
Mais, outre cette exigence de faire respecter les règles et les lois, les dirigeants doivent également entreprendre de moderniser la vie politique en rompant avec la tradition de recevoir leurs partisans une fois par semaine et de donner l?impression qu?ils peuvent régler chaque problème individuel. Les colleurs d?affiches revendiquent les avantages dus après les élections. Les ministres s?exposent à des représailles violentes en cas de promesses non tenues.
En tout cas, les dirigeants sont prévenus. Clovis Azie a déclaré à la presse ce dimanche que ?sa incidan la bizin servi kom enn examp à bann lezot politisyen ki servi dimoun?. C?est une manière de rappeler aux politiciens que tout comme les citoyens ordinaires, eux non plus, ne vivent pas en sécurité.
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