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Deux articles de ?Sunday Times? provoquent l?émoi dans le textile
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Deux articles de ?Sunday Times? provoquent l?émoi dans le textile
Les allégations dans le journal anglais The Sunday Times concernant les mauvaises conditions de travail au sein de deux entreprises de textile à Maurice préoccupent la communauté industrielle. Les usines mises en cause dans cet article sont le Groupe Star Knitwear (GSK) et la Compagnie Mauricienne de Textile (CMT). Ces deux entreprises rejettent catégoriquement ces allégations.
Dans son édition de dimanche le journal britannique dénonce les conditions de travail des étrangers dans ces deux usines. Sir Philip Green, propriétaire de Arcadia (compagnie propriétaire de Topshop, Topman, entre autres) compte faire une enquête sur ces allégations.
Le ministre du Travail et des Relations industrielles, Vasant Bunwaree, réagissant à ces allégations, se dit ?très en colère?. Car, à son avis, il y a des personnes qui prennent un malin plaisir à salir la réputation de Maurice. D?autant plus que l?article comprend des ?éléments anti-patriotiques, qui peuvent nuire au pays?.
Comme Vasant Bunwaree, Amédée Darga, le président d?Enterprise Mauritius (EM), critique les commentaires du syndicaliste, Fayzall Ally-Beegun, cité par The Sunday Times. ?Je trouve regrettable la position antipatriotique prise par ce syndicaliste.? Le ministre Bunwaree lance une ?mise en garde sévère? contre celui-ci. ?Je suis troublé par son attitude?, ajoute-t-il.
De plus, le ministre annonce une ?réaction musclée? de la part des autorités sur cette question. Ainsi, des techniciens des Finances, du bureau du Premier ministre, des ministères de l?Industrie et du Travail et des Relations industrielles, ont eu plusieurs réunions hier à ce propos. Ils élaboreront ce matin un document visant à réfuter les articles parus dans The Sunday Times.
<B>Mise au point</B>
Vasant Bunwaree ajoute que son ministère fait des inspections régulières et que jusqu?ici, aucun problème n?a été noté. Il précise que le ministère a droit de regard sur le contrat que l?employé signe avec son employeur à Maurice et non celui signé avec l?agent. Et jusqu?ici, selon Vasant Bunwaree, les industriels ont respecté les lois tant au niveau salaire qu?à ceux du logement, heures supplémentaires et heures de travail.
Ali Parkar, président du GSK, compte également envoyer aujourd?hui une mise au point au journal. ?Nous rejetons totalement les allégations à l?effet que les salaires payés aux travailleurs sont équivalents au travail d?esclave. Nous avons été choqués par ces allégations?, déclare Ali Parkar.
?Nous allons préciser que Star Knitwear et la Compagnie mauricienne de textile sont deux entités différentes. Nous n?avons jamais employé de la main-d??uvre de Chine ou du Bangladesh. Nous n?avons pas eu de problèmes de grève, que ce soit de la part des travailleurs locaux ou des étrangers?, souligne-t-il.
Alors que de son côté François Woo, le managing director de la CMT, a déclaré au Sunday Times : ?En ce qui concerne les conditions de travail de notre main-d??uvre, non seulement notre compagnie respecte toutes les conditions imposées par la loi, mais elles sont constamment améliorées pour assurer que les standards soient tout le temps plus élevés que ceux qui ont été fixés.?
Même sentiment du côté de Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association (MEXA). Elle rejette catégoriquement la terminologie de ?pays d?esclave?. ?Nous avons signé des conventions au sujet du respect des droits des travailleurs. Nous veillons à ce que la responsabilité sociale des entreprises soit respectée. Il se peut qu?il y ait quelques manquements, mais dans l?ensemble les entreprises mauriciennes traitent bien leurs employés.?
François de Grivel, président de la MEXA, fait, lui, ressortir que ?les industriels mentionnés respectent parfaitement les conditions de travail. C?est un article qui est contre les intérêts de Maurice. Il n?y a aucune entorse aux règlements.?
Amédée Darga de déclarer : ?L?île Maurice et nous-même chez Enterprise Mauritius, on est très offensé de ces articles que, clairement, règlent des comptes avec Philip Green.? Mais en ce faisant, dit-il, Maurice devient une victime collatérale car le journal s?est attaqué à deux de nos meilleures usines de textile.
Amédée Darga ajoute : ?Nous avons de concert avec le ministère de l?Industrie, les opérateurs concernés, la MEXA et autres, examiné le contenu des deux articles. Nous sommes convaincus que ces articles contiennent beaucoup d?inexactitudes.? Point de vue partagé par François de Grivel, qui souligne que ?la réalité n?est pas celle qui y est décrite. Les propos dans l?article nous préoccupent.?
Amédée Darga fait ressortir que ?l?île Maurice est un pays libéral qui donne beaucoup de liberté aux ouvriers étrangers qui y viennent, contrairement à d?autres pays, y compris certains pays européens où ils auraient travaillé au noir?. Il souligne également que les travailleurs étrangers sont défendus par les syndicalistes, et qu?ils jouissent de la protection d?un inspectorate spécial du ministère du Travail.
Par rapport à la question des salaires, le président d?EM assure que les employés étrangers ne sont pas victimes de discrimination. ?Nous sommes aussi satisfaits que ces ouvriers étrangers gagnent autant, sinon plus, que la moyenne que gagnent les ouvriers de Maurice dans le secteur?, affirme-t-il. Il ajoute que les salaires pratiqués à Maurice sont, dans beaucoup de cas, plus élevés que ceux en vigueur dans les pays d?origine des ouvriers étrangers. ?D?où le fait que nous sommes considérés comme un pays avec des coûts de production élevés?, précise Amédée Darga. Il soutient aussi que les logements procurés aux ouvriers sont soumis à des règles. Et que le ministère du Travail est toujours à l?affût de toute infraction à ces règles.
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