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La danse au ventre

13 août 2007, 00:00

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Une dame de fer. Que l?on n?aimerait pas voir en colère. Au naturel, les yeux vous fixent, vous transpercent presque, quand Raveeta Sallick n?est pas d?accord. La danseuse n?est pas de celles qui laissent faire, qui laissent dire. Son salon, à Solferino, où nous patientons dix bonnes minutes avant qu?elle n?arrive, dit déjà beaucoup d?elle. Couleur dominante : le rouge des sofas, des rideaux, des fleurs en plastique.

Raveeta Sallick, elle, n?y voit pas de compliment. Lance comme un défi : ?D?août à novembre, je donne des cours gratuits à qui veut. Mo lakaz ena zis de lasam. L?une où je dors, l?autre où je conserve les costumes accumulés depuis 1987.? L?année où elle est rentrée de ses études ( Masters in performing Arts in Bharat Natyam) de Baroda. L?année où elle ouvre son école de danse.

C?était il y a 20 ans. Est-ce un cycle qui est bouclé ? Cela y ressemble. Quand Raveeta part pour des études, c?est grâce à une bourse du Indian council for cultural relations. Deux décennies plus tard, la proposition de se produire en Inde est venue de la même institution, via la Haute commission indienne à Maurice et le centre culturel Indira Gandhi pour la culture indienne. A la tête d?une troupe de huit personnes, elle a donné des représentations à Delhi, Chandigarh et Jaipur. Retenant par c?ur l?une des critiques parue dans la presse indienne : ?Pendant le spectacle, on ne pouvait pas dire si c?étaient des Mauriciens ou des Indiens qui étaient sur scène. La troupe venue de Maurice a montré l?Inde aux Indiens?.

?Ne croyez pas que comme la proposition est venue je suis partie.? Raveeta insiste. Elle doit d?abord présenter un dossier montrant ce qu?elle a accompli en matière de promotion de la culture indienne au cours de ces cinq dernières années. Critère de sélection : avoir monté au moins cinq spectacles dans l?année. ?Rien qu?en janvier de cette année, j?en ai fait plus?, soutient-elle en se rengorgeant.

?Pa vinn badinn ar moi dan mo travay?. Tout en Raveeta Sallick respire l?autorité, l?assurance, la volonté. Ses mains parlent tout autant que son visage expressif. ?Le sport m?a rendue sociable, la danse m?a donné de l?assurance.?

?Pendant le spectacle, on ne pouvait pas dire si c?étaient des Mauriciens ou des Indiens qui étaient sur scène. La troupe venue de Maurice a montré l?Inde aux Indiens?

Confiance en soi nourrie par les bravos que ?je récolte en abondance partout où je vais, que ce soit en Irak, en Espagne, en Chine, à la Réunion?. Et ici ? Pour Raveeta Sallick, c?est par deux fois (en deux années consécutives) que la reconnaissance est venue du château du Réduit.

La première fois, en 2005, les digues du self control cèdent devant l?émotion quand elle reçoit le President?s badge of honour. ?Ce jour-là, j?ai pleuré.? Mais sa plus grande émotion, Raveeta affirme l?avoir vécue l?année suivante, quand elle est élevée au rang de Officer of the order of the star and key of the Indian Ocean (OSK). C?est les mains jointes sur la poitrine qu?elle parle de cette décoration inattendue. Et dont les photos n?ornent pas encore son salon pourtant riche en trophées.

L?émotion d?un coup se fait plus brute dans ses yeux. Il y a quelque chose dans son expression qui a changé. C?est parce que nous venons de suggérer à Raveeta que le fait d?être décorée par deux gouvernements différents ( un exploit rare), montre qu?elle sait soigner ses relations. ?Si ti koumsa mo ti ava avek minis partou kot li ale?, lance-t-elle. En donnant un exemple. ?Pour la fête de Divali, on n?a pas fait appel à moi pour les célébrations nationales, ni l?an dernier, ni l?année d?avant. Pour cette année, on ne m?a pas encore appelée.? Dans le temps, Raveeta a été Adviser au ministère des Arts et de la culture quand Mukhesswur Choonee et Joseph Tsang Man Kin détenaient ce portefeuille.

Elle nous ménage un effet de surprise : ?Je vais vous étonner, mais vous savez, j?ai commencé comme Sports officer, j?étais professeur d?éducation physique.? Avant de s?orienter vers l?enseignement de la comptabilité et de l?économie au collège Eden de 1975 à 1982. Raveeta Sallick enseigne aujourd?hui la danse indienne au collège Hindu Girls, un poste qu?elle occupe depuis 1998.

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