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Nouvelles tensions à Enterprise Mauritius

13 août 2007, 00:00

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La tension couvait depuis plusieurs mois à la tête d?Enterprise Mauritius (EM). Et la récente décision du conseil d?administration de mettre en place un comité pour évaluer la performance de Prakash Beeharry, son chief executive officer (CEO), risque fort de creuser le fossé entre ce dernier et Amédée Darga, le président de l?organisme.

Déjà, depuis que Prakash Beeharry a pris ses fonctions à EM, en mars de cette année, les sujets de désaccord n?ont pas manqué entre les deux hommes ? et cela va des décisions concernant l?organisation d?activités de promotion à la définition même du rôle de chacun. Au cours des mois, le fait que plusieurs demandes de Prakash Beeharry ont été rejetées par le board ? augmentation de salaires, chauffeur, secrétaire, entre autres ? sont venues corser davantage les choses.

Entre-temps, la composition du conseil d?administration a subi un changement. Celui-ci est perçu comme une tentative de modifier le rapport des forces en faveur du CEO. Prakash Nowbuth, le représentant du ministère du Commerce et de l?Industrie, en sa capacité de secrétaire permanent, considéré comme étant un esprit indépendant, a été remplacé au sein du conseil d?administration par Goolbar Gunesh, assistant secrétaire au même ministère. Et celui-ci serait d?emblée intervenu en faveur de certaines demandes de Prakash Beeharry.

La décision de nommer le comité survient à la suite d?une requête du ministère de l?Industrie en ce sens. D?ailleurs cette requête découle elle-même d?une réponse du Premier ministre, Navin Ramgoolam, à une interpellation parlementaire, au sujet de la gestion des organismes parapublics.

Pour EM, le comité comprendra Dan Bundhoo, consultant, aussi bien que Jean Suzanne, conseiller au bureau du Premier ministre et Danielle Wong, directrice de la Mauritius Export Association tous deux directeurs.

Le board de l?EM devra aussi prendre une décision sur le remplacement de la voiture du CEO qui date de sept ans. Mais le prix de la nouvelle voiture ? estimé entre Rs 2,9 millions et Rs 3,5 millions ? fait déjà tiquer certains membres de la direction d?EM.

Le fait que plusieurs demandes de Prakash Beeharry ont été rejetées fait monter la tension. Ses salaires ont été alignés sur les salaires initiaux de Raju Jaddoo, chief executive officer du Board of Investment (BOI). Prakash Beeharry a droit à un salaire de base de Rs 125 000 par mois. A cela viennent s?ajouter un ?passage benefit? de 6 % et 25 % de ?gratuity?. Ce qui fait que les salaires du CEO d?EM atteignent Rs 165 000 par mois. Le board considère par conséquent qu?il n?y a pas lieu de réviser ses salaires.

<B>Activités de promotion à Madagascar</B>

Le CEO d?EM avait aussi fait une demande pour une allocation de loyer (Rent Allowance) de Rs 25 000. Prakash Beeharry a aussi demandé un billet d?avion pour sa femme et ses enfants qui sont à l?extérieur. Le board n?a pas agréé à sa requête.

Autre requête qui s?est soldée par un refus : le CEO souhaitait avoir une secrétaire et un chauffeur personnel. Or, le board lui a fait comprendre qu?EM a déjà une dizaine de messengers-drivers pour un personnel de 60 personnes.

Le conseil d?administration lui aurait par ailleurs demandé de venir de l?avant avec une proposition de recrutements à tous les niveaux. Le nom d?une seule personne aurait été recommandé, avec la même réponse négative du board pour cette proposition.

Un rapport sur la tenue de la foire Mauritius For Africa 2007? celle-ci s?est tenue en juin dernier ? sera aussi présenté lors de la prochaine réunion du conseil d?administration.

Le conseil d?administration d?EM sera aussi appelé à examiner prochainement la tenue d?une semaine mauricienne à Madagascar ou dans un autre pays d?Afrique. Prakash Beeharry serait en faveur de la tenue de cette activité promotionnelle à Madagascar, mais Amédée Darga, le président du conseil d?administration, verrait les choses différemment. Vu la tenue, en mai 2007, d?une foire qui a accueilli une quarantaine d?entreprises mauriciennes dans la Grande île, il opterait plutôt pour la tenue d?une foire des produits mauriciens dans un pays du continent africain, ce qui aiderait l?île à accroître exportations vers l?Afrique.

Dans le cadre de la réforme économique, EM est appelée à jouer un rôle primordial. Cette confiance renouvelée du ministère des Finances dans EM se traduit par une augmentation des responsabilités de cet organisme. D?ailleurs une somme de Rs 40 millions lui a été allouée dans le budget 2007-2008 pour accélérer la diversification du secteur de l?industrie et des services et pour lui permettre de s?occuper aussi du secteur alimentaire et agro-industriel.

A cette confiance vient s?ajouter la récente évaluation de la Banque mondiale soumise au ministère des Finances, au sujet de la performance de l?EM. La BM estime ?bien pensés? et ?cohérents? des projets et programmes mis en place par cet organisme.

Un partenariat public-privé?

■ En vertu du Shareholders Agreement signé en octobre 2004 EM comprend trois catégories d?actionnaires, notamment le gouvernement (Classe A), les institutions du secteur privé (Classe B) et les entrepreneurs (Classe C). L?accord prévoit aussi la nomination d?un maximum de neuf directeurs. Le gouvernement, actionnaire majoritaire est représenté par quatre directeurs, Jean Suzanne (conseiller au bureau du Premier ministre), Goolbar Gunesh, Radhakrishna Chellapermal (haut cadre du ministère des Finances). Il y avait aussi Gérard Sanspeur, ancien directeur du Board of Investment, qui a soumis sa démission en 2006. Le secteur privé a trois représentants de ses institutions, Raj Makoond (Joint Economic Council), Danielle Wong (Mauritius Export Association) et Mahmood Cheeroo (Chambre de Commerce et d?Industrie). Les actions pour la catégorie C sont, après cinq ans, transférables et peuvent être vendues à d?autres entrepreneurs. Pour l?instant le conseil d?administration n?a pas encore sollicité des actionnaires de la classe C. Incorporée en tant que compagnie privée en novembre 2004 avec pour objectif de soutenir le développement des entreprises, EM fonctionne à partir des fonds mis à sa disposition par le gouvernement. Elle dispose d?un budget annuel de Rs 80 millions.

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