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Ces élèves qui ?uvrent en citoyens du monde
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Ces élèves qui ?uvrent en citoyens du monde
Ils ne sont plus Mauriciens mais Vénézuéliens, Mozambicains, Indiens, Angolais, Croates ou encore Afghans. Le temps d?une conférence, les 500 collégiens représentant les 114 Etats membres des Nations unies se sont exprimés au nom de leur pays d?adoption. Cela dans le cadre de la 11e édition du Model United Nations (MUN) qui se tient du 6 au 8 août au Mahatma Gandhi Institute (MGI).
Depuis le mois de mai, ils ont fait des recherches auprès des ambassades ou sur Internet. La politique, l?économie ou les problèmes de société... Tout y est passé. Histoire d?être fin prêt à défendre les intérêts des pays qu?ils représentent. ?Avant, la Pologne, pour moi, c?était tout simplement un nom sur la mappemonde. Aujourd?hui, je connais son histoire, j?en sais plus sur la politique du pays ainsi que son économie?, confie Tushti Unnuth.
Cette élève en Lower 6 au MGI représente ce pays au sein de la commission Science et technologie. Envisage-t-elle une carrière dans la diplomatie ? La réponse est catégorique : ?Non.? ?Je voudrais devenir avocate et le MUN nous donne l?occasion de débattre d?une question devant un auditorium bondé?, explique la jeune fille, ?un exercice qui nous permet d?apprendre à critiquer et argumenter avec diplomatie. Se faire entendre sans pour autant se crier dessus.? Le parfait moyen de soigner sa timidité.
Vimla Dookhony, assistante directrice au ministère de l?Education et responsable du projet MUN, abonde en ce sens. ?Si le but est de promouvoir les activités extra-scolaires, force est de constater que les élèves sont plus épanouis à l?issue du projet.?
Un point de vue également partagé par Manjula Bhujohory, enseignante au MGI et coordinatrice du MUN. ?Après une participation au MUN, je constate un changement chez les élèves. En classe, s?ils sont timides, ils attendront toujours qu?un autre élève prenne la parole. Au MUN, ils doivent défendre un pays. Cela les pousse à donner le meilleur d?eux-mêmes et à se surpasser. Ils veulent tous s?exprimer. Même les timides. S?ils veulent que leurs résolutions soient adoptées, ils doivent faire un lobby. Et pas moyen de le faire sans parler.?
?On travaille tous ensemble?
Sur leur badge, leur nom et le pays qu?ils représentent. Aucune mention du collège qu?ils fréquentent. ?Collèges privés, d?Etat ou confessionnels, tous sont invités à participer. Il n?y a pas que des élèves de Star Schools?, soutient Vimla Dookhony. 64 collèges ont répondu à l?appel du ministère de l?Education.
Pour Manjula Bhujohory, faire abstraction des collèges est une excellente chose. ?C?est la seule compétition où les élèves ne portent pas leur uniforme. On ne peut faire de distinction entre eux. Pas de favoritisme.? Les participants au MUN apprennent, du reste, à travailler en équipe. ?Une élève m?a déjà dit : ?Aussi égoïste que l?on puisse être, lors des MUN, on travaille tous ensemble? ?, souligne la responsable du projet. Manjula Bhujohory précise ainsi qu?ils travaillent ?pour le pays qu?ils représentent et non pas pour eux?.
Les journées sont chargées. Les conférences et les commissions pour débattre des résolutions s?enchaînent. Alors que certains étouffent un bâillement (de fatigue, pas d?ennui, précisent-ils), d?autres avalent un pain fourré. Uniquement 15 minutes de pause avant de se remettre au travail. Il faut faire vite. Au programme des discussions des 12 commissions : le désarmement, la population et la santé, le social, les droits humains, la sécurité, la science et la technologie, les réfugiés, l?économie, le sport, l?éducation, l?environnement, l?économie et la culture.
Elèves de Lower et de Upper se côtoient. Ceux de Lower en sont à leur première participation et les autres à leur deuxième. Les meilleurs délégués (best delegates) de l?an dernier ont été invités à participer cette année également. Cette fois, ils ont davantage de responsabilités. Président de commission, par exemple.
Vashit Oochit, best delegate 2006, s?est même vu proposer le poste de Secrétaire général des Nations unies. Pour cet élève du collège Royal de Port-Louis, des études en Relations internationales sont ?envisageables?. Sa prestation de l?an dernier lui a d?ailleurs permis de participer au Global Leadership Youth Summit à New York en octobre 2006. ?Cette expérience m?a permis de découvrir le système des Nations unies et me familiariser avec le système protocolaire. J?ai également pu parfaire mes connaissances générales.? A n?en pas douter, cela lui sera fort utile pour ses examens de General Paper.
Une participation au MUN est également un ?plus? sur un C.V. D?où l?engouement qu?il suscite. ?Le programme est tellement populaire que les responsables des départements d?anglais des collèges sont obligés de faire une sélection?, précise Manjula Bhujohory. Ceux qui ne sont pas acceptés comme délégués acceptent même de faire partie de la sécurité. ?Du moment qu?ils peuvent participer à la conférence??
Valérie OLLA
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