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La pression inflationniste
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Une tournée rapide des supermarchés suffit pour se rendre compte que la hausse des prix prend des proportions importantes. La flambée touche tous les produits courants, en particulier de l?alimentaire. Cette semaine, d?autres hausses ont été annoncées, dont celles de l?essence et des engrais chimiques. Une nouvelle vague d?augmentations est prévue pour bientôt. Elle affecterait, entre autres, les tarifs d?électricité et le ticket d?autobus.
Décidément, la hausse est généralisée. Cela n?était pas arrivé depuis longtemps. Pourtant, ni les hommes politiques ni les importateurs ne semblent se préoccuper de la baisse du pouvoir d?achat des Mauriciens. Sinon, ils auraient déjà commencé à discuter des moyens pour contourner le problème.
Dans un bulletin, publié il y a quelques jours, le Bureau central des statistiques (BCS) estime que le taux d?inflation pour l?année 2006-07 est de 10,7 %. Les économistes savent que cette mesure n?est pas exacte malgré toute la bonne foi des techniciens. Le calcul officiel de l?inflation tient compte des moyennes et ne reflète pas forcément la dure réalité de la hausse des prix au quotidien. Néanmoins, le BCS reconnaît que les consommateurs ont fait face à des augmentations considérables notamment en ce qui concerne le lait.
Le BCS ne peut aller au-delà du simple constat. Ce n?est pas son rôle de proposer des solutions. Il appartient aux politiques de réfléchir sur les mesures pour atténuer les conséquences sociales de ces hausses. S?ils ne le font pas, c?est parce que les considérations démagogiques prennent le dessus chez eux. D?un côté, les dirigeants créent l?espoir d?en sortir grâce à des contrôles de prix ou au futur ?Competition Bill?. De l?autre, l?opposition clame que c?est la faute au gouvernement si les prix augmentent. En vérité, les prix ne baisseront jamais quel que soit le magicien qui occupe le poste de ministre des Finances, qu?il s?appelle Rama ou Vishnu. Dans une économie mondialisée le gouvernement mauricien ne peut déterminer les prix auxquels nous paierons le lait ou le gaz.
Aucun gouvernement ne peut limiter les hausses provoquées par les facteurs exogènes et, à l?exception de Rajesh Jeetah, il y a peu de citoyens qui croient que les prix administrés peuvent régler le problème. Cependant, il est souvent possible de trouver des alternatives aux produits en hausse. La hausse du prix des engrais chimiques a encouragé les planteurs à adopter un substitut, le compost. De même, la hausse de l?essence devrait inciter le gouvernement à encourager l?utilisation du mélange essence/éthanol. Les pharmaciens peuvent proposer des médicaments génériques à leurs clients en remplacement des médicaments de marque. Les importateurs de lait doivent perdre leur réflexe traditionnel et prospecter d?autres marchés, etc.
Les ménages se serrent la ceinture pour aller faire leurs courses ? Cette méthode marche jusqu?à ce que la pression soit trop forte.
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