Publicité
Le mode dépassé
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Sera-t-il enfin possible de mettre fin à la saga des recherches, consultations et discussions sur le système électoral ? Il semble que, cette fois, une réelle tendance se dessine en faveur du changement. Après la récente prise de position du Premier ministre au parlement et la déclaration du leader du MMM samedi dernier, les signes sont encourageants.
Navin Ramgoolam a réitéré sa volonté de changer le mode de scrutin durant son mandat actuel. Paul Bérenger rétorque que son parti est disposé à soutenir le gouvernement sur cette question et à contribuer à former la majorité des trois quarts requise pour la révision de la Constitution. Le décor est planté: le projet de réforme devrait connaître un dénouement bientôt.
Les chances d?un changement sont d?autant plus grandes qu?il y a convergence entre les deux plus grandes formations politiques du pays. Le PTr et le MMM sont, tous deux, en faveur de l?instauration d?une dose de proportionnelle. C?est assez rare qu?un parti d?opposition accepte de soutenir la majorité pour faire avancer une cause précise. En général, il cherche des prétextes pour s?opposer systématiquement au pouvoir en place. Or, samedi, Paul Bérenger s?est engagé à apporter sa contribution pour réussir la réforme électorale. Les conditions idéales sont donc réunies pour une réforme substantielle de nos institutions démocratiques vieilles de presque 40 ans.
Les concepteurs du système actuel n?avaient pas anticipé les comportements électoraux des Mauriciens et n?avaient certainement pas prévu le scénario de 60-0, par exemple. Cela a valu à notre Parlement des situations surréalistes dont celle qui a prévalu quand un candidat battu de Rodrigues, Nicholas Von Mally, était désigné leader de l?opposition. Ces situations sont autant d?atteintes à la vie démocratique de notre pays. La solution consiste à appliquer un système mixte avec la plupart des députés élus selon le scrutin majoritaire et un certain nombre à la proportionnelle.
La principale objection contre la proportionnelle était basée jusqu?à tout récemment sur la crainte que le pays deviendrait ingouvernable parce qu?il n?y aurait jamais une majorité assez forte. L?expérience de Rodrigues est venue démontrer qu?avec une formule mixte bien réfléchie, ce risque peut être minimisé.
De toute manière, le mode de scrutin actuel contient tous les défauts d?un système électoral imparfait. Dans le passé, le pays a connu une grande instabilité sous certains gouvernements dont la survie tenait à un fil. De plus, une grande distorsion est parfois constatée entre le nombre de sièges obtenus et le pourcentage du vote récolté par un parti lors des élections. Tous les partis ont été, tour à tour, victimes de ce système.
Sur un soubassement composé des travaux de la Commission Sachs et de l?ancien comité d?élite parlementaire, il n?est pas difficile d?élever l?édifice de la réforme. Surtout que le principal architecte de la réforme, Rama Sithanen, a du métier.
Publicité
Publicité
Les plus récents