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Tous mauricianistes et parfois coopératifs
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Tous mauricianistes et parfois coopératifs
Nous poursuivons, ce matin, avec le rappel de quelques déclarations post-électorales de l?après 11 juin 1982, dans l?espoir de convaincre le plus grand nombre que nos collections de journaux contiennent nombre de diamants de la meilleure eau, en termes de déclarations pleines de sagesse et d?à-propos, pouvant toujours faire l?objet de méditations particulièrement bénéfiques.
Ainsi un éditorialiste doublé d?un historien constate, à la mi-1982, que ?nous sommes tous des mauricianistes?. Il dissèque le mal mauricien, le communalisme. Ce dernier existe lorsque nous exploitons nos différences enrichissantes pour propager la haine et la méfiance mutuelle. Les anti-communalistes s?appuient toujours sur un mauricianisme qui repose constamment dans un coin de c?ur de tout un chacun. Le communalisme n?est pas l?appartenance à une communauté humaine. Il naît d?une crainte irrationnelle. Il est la haine de l?Autre parce que différent.
Le communalisme politique se manifeste quand un politicien se présente devant le colonialiste anglais ou devant notre opinion publique en tant que porte-parole et chef de file d?un segment ethnique ou religieux de la population mauricienne. Il cite Satcam Boolell comme ayant prétendu que le PTr est un parti essentiellement hindou. Un collègue travailliste le corrige d?ailleurs : ?Nous sommes tous des minorités?, prétend-il. Il se retrouve, il est vrai, minoritaire au sein d?une majorité. De quoi consoler Ganoo. Nunc et semper cette affaire d?acte de naissance inapproprié.
Jean Noël Adolphe situe, de son côté, le parcours de l?IDP (Institut pour le développement et le progrès), par rapport aux partis politiques et plus particulièrement par rapport au MMM-PSM, le grand vainqueur des législatives du 11 juin 1982. Il rappelle que l?IDP est fondamentalement apolitique. Sa neutralité absolue à l?égard de tous les partis politiques lui donne la même crédibilité auprès de tout Mauricien quelles que puissent être ses convictions politiques. Elle est d?ailleurs à la base du succès des fêtes de l?indépendance organisées, par l?IDP, en 1981 et 1982. (Et après ?)
Sa vocation est de travailler au développement de Maurice dans la paix et l?unité. Dès le début de son existence, il a décidé de travailler en étroite collaboration avec le gouvernement démocratiquement élu par le peuple ainsi qu?avec les municipalités, les conseils de districts et des villages, jouissant du même statut. Cette collaboration n?est toutefois pas inconditionnelle. L?IDP conserve à tout moment son droit de refuser de participer à la réalisation de tout projet qu?il estime contraire à ses principes directifs. Le prix à payer pour maintenir cette liberté de penser et d?agir est, bien sûr, l?indépendance financière. Par conséquent, l?IDP ne demande ni ne reçoit aucune subvention pécuniaire du gouvernement.
Il n?a qu?à se féliciter des relations qui ont globalement existé entre le gouvernement Ramgoolam et lui. Il se souvient plus particulièrement des séminaires organisés à Rodrigues conjointement par le ministère de la Sécurité sociale et lui ou encore du travail social à effectuer auprès des Ilois. On ne peut pour autant parler de véritable collaboration entre le gouvernement Ramgoolam et l?IDP.
Il regrette à vrai dire que plusieurs projets, auxquels il tenait beaucoup, ont été tués dans l??uf, faute d?avoir pu obtenir d?indispensables autorisations ministérielles. On ne peut d?autant moins parler d?esprit de dialogue que sa philosophie du développement diffère, et de beaucoup, de celle du gouvernement Ramgoolam. Le peuple tourne la page le 11 juin 1982, l?IDP fait de même et plutôt que d?épiloguer inutilement sur un passé révolu, il préfère regarder l?avenir.
L?IDP n?est pas pro-MMM pour autant. Il se tient à égale distance de ce parti que de tous les autres. Son Grup Kiltirel a d?ailleurs toujours refusé de participer à tout événement organisé par un parti politique quelconque.
Cette distanciation n?empêche toutefois de fructueuses collaborations avec tout parti démocratiquement élu. L?IDP reconnaît ainsi une collaboration plus fructueuse avec le conseil municipal MMM de Port Louis de 1977 à 1979 qu?avec le gouvernement travailliste sortant.
L?IDP conservera, par conséquent, à l?égard du gouvernement MMM-PSM, les mêmes principes directeurs que ceux qui ont guidé ses relations depuis sa fondation avec le gouvernement Ramgoolam.
Fort de son expérience, il met en garde les nouveaux locataires de notre Hôtel du gouvernement contre tout manque de communication entre gouvernement et gouvernés. ?La communication est essentielle à la bonne santé de notre île Maurice.? Il offre conséquemment ses conseils et ses services aux nouveaux princes gouvernant notre pays, au lendemain du 11 juin 1982.
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