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Grève générale au Nigeria, huitième exportateur mondial de pétrole
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Grève générale au Nigeria, huitième exportateur mondial de pétrole
Une grève générale a commencé hier au Nigeria, premier producteur de pétrole en Afrique, après le rejet par les syndicats des propositions du gouvernement sur une limitation de la hausse des prix du carburant.
Les syndicats se sont réunis avant-hier pour examiner l?offre gouvernementale d?une baisse de cinq naira (trois centimes d?euro) du prix du litre de carburant. Ils l?ont rejetée en exigeant une annulation complète de la hausse de 10 naira décidée par les autorités.
La menace de cette grève a contribué à maintenir les cours mondiaux du pétrole à des niveaux élevés, proches d?un plus haut de 10 mois à environ 72 dollars le baril.
?Le gouvernement fédéral prend acte avec regret de la décision (...) en dépit des ouvertures gouvernementales ces dernières 48 heures, de décréter une grève générale illimitée et d?organiser des manifestations de masse?, a réagi le gouvernement avant-hier soir.
Les syndicats ont prévenu que leur mouvement paralyserait la production et les exportations de pétrole. Toutefois, de telles grèves ne sont généralement pas suivies immédiatement par l?ensemble des employés au Nigeria et les crises sont résolues avant la paralysie totale du pays.
Premier défi pour le nouveau président
Cette contestation syndicale constitue le premier défi pour le nouveau président Umaru Yar?Adua, trois semaines après son investiture.
Il a hérité cette crise de son prédécesseur, Olusegun Obasanjo, qui a décidé d?augmenter les prix du carburant, de doubler la TVA et de privatiser deux raffineries quelques jours avant son départ de la présidence.
Les syndicats ont aussi exigé l?annulation de la hausse de la TVA et des privatisations et ont réclamé une augmentation salariale pour les fonctionnaires.
Yar?Adua a accédé à leurs requêtes sur la TVA et les salaires. Il a invité les syndicats à consulter l?organisme responsable des privatisations au sujet des raffineries, vendues de manière inattendue à un allié d?Obasanjo durant les deux semaines précédant la fin de son mandat.
Le Nigeria est le huitième exportateur mondial de pétrole et il en tire plus de 90 % de ses ressources en devises.
Les chauffeurs de camions-citernes étaient déjà en grève depuis la semaine dernière. Ils avaient accepté de reprendre le travail avant-hier en signe de bonne volonté mais participeront dès mercredi à la grève générale.
Ce mouvement est soutenu par une grande partie de la population, qui considère la faiblesse des prix du carburant comme l?un des rares avantages tirés des richesses pétrolières de leur pays.
Le gouvernement, qui avait initialement justifié l?augmentation par la hausse des cours mondiaux, affirme pour sa part dépenser chaque année des milliards de dollars en subventions, qu?il préfère affecter à des programmes sociaux. Peu de Nigérians acceptent cet argument dans un pays gangréné par une corruption généralisée.
Tom ASHBY
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