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Etudes en Irlande : séparer la bonne de la mauvaise herbe
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Etudes en Irlande : séparer la bonne de la mauvaise herbe
Ghislaine Henriette est inquiète. Vivant à l?heure irlandaise depuis que sa fille Louise, 20 ans, y est pour des études de médecine, elle a entendu parler hier matin de ce ressortissant nigérian accusé d?avoir escroqué des Mauriciens en Irlande. ?Cela n?a rien à voir avec des étudiants ?? demandait-elle à l?express.
Ghislaine Henriette se réfère en fait au dernier rebondissement dans une affaire d?immigration illégale qui défraie la chronique à Dublin et qui s?est conclue par l?expulsion de 14 Mauriciens vers leur pays d?origine il y a trois ans et un procès retentissant contre l?agent malhonnête, Olaitan Ilori.
Les Mauriciens étaient alors entrés en Irlande avec un visa touristique. L?agent leur avait fait croire qu?ils pourraient obtenir un permis de travail une fois là-bas? Tel est le récit de l?édition d?hier de The Independent d?Irlande. La désillusion a été à la mesure de l?espoir et de l?investissement.
<B>S?exiler sous prétexte d?études</B>
L?histoire met en tout cas en lumière les tentatives plus ou moins voilées d?immigration de compatriotes partis à la recherche d?une herbe plus verte. Cela est parfois même le cas de ceux qui s?exilent sous le prétexte d?études supérieures. Mais ces ?combines? marchent-elles vraiment ?
Les sociétés qui proposent des prestations à ceux qui désirent étudier à l?étranger opèrent, elles, dans un marché assez solide. Même si pour l?année courante l?Irlande semble attirer moins de monde, un prestataire comme Excel Education Services, à Port-Louis, a vu passer au moins 850 personnes l?an dernier.
De la comptabilité à l?hôtellerie (qui est très demandée) du droit aux sciences humaines, les filières sont nombreuses dans les universités et ?collèges? irlandais tel le Saint-Patrick?s College à Dublin. Ce pays, qui offre aussi des formations aux détenteurs de School Certificate, est en pleine croissance. Il n?est pas étonnant qu?il attire ceux qui y voient des lendemains meilleurs par-delà leurs chères études.
Mais déjà, il faut en moyenne quelque Rs 200 000 par an pour poursuivre des études en Irlande. Si le billet d?avion avoisine les Rs30 000, l?hébergement se situe dans les 180 euros hebdomadaires (Rs 28 000 par mois). A cela s?ajoutent les différents frais, l?argent de poche et le placement en matière d?emploi qui sont versés au prestataire.
Jenny Beeputh, la codirectrice d?Excel Education Services, fait un bref survol de la loi irlandaise sur les conditions d?entrée et de séjour : ?Toute personne ne peut travailler en Irlande que si elle a un permis de travail en règle ou qu?elle a dûment rempli les procédures d?inscription dans une université qui lui donne droit à une carte d?étudiant et à un statut dit de PPS.?
Dans les faits, l?étudiant qui désire payer ses études est autorisé à travailler pour un maximum de 20 heures hebdomadaires en période de cours et de 40 heures pendant ses vacances. Ce cadre est suffisamment réglementé pour ne pas nécessairement servir de tremplin à ceux qui voudraient rester.
Reste que l?attrait de l?Irlande excite une concurrence de plus en plus marquée pour des sociétés comme Excel. Certains, pas forcément malhonnêtes, cassent les prix. Pour barrer la route aux profiteurs sans scrupule, le ministère de l?Education a mis en place depuis peu une condition pour opérer comme prestataire: telle Excel, la société doit verser un dépôt de Rs 500 000 pour obtenir un permis en règle.
Histoire de ne pas répéter ce qui, par le passé, aura pu mener les candidats de l?Eldorado dans un naufrage?
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