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Guy Lagesse : La mort d?un visionnaire

12 juin 2007, 20:00

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Guy Lagesse, fait chevalier dans l?Ordre des Arts et des Lettres, s?en est allé le mois dernier. La France l?avait honoré. L?île Maurice, son pays natal, l?aura ignoré.

Guy restera l?homme et l?artiste qui a marqué le monde du spectacle mauricien pendant presqu?un demi-siècle. La liste des oeuvres qu?il a mises en scène est trop longue pour les citer toutes. Mais comment ne pas mentionner quelques-unes ? Dont, entre autres, La nuit du séga produite avec les moyens de bord des années 60, Fleur de cactus, Un homme parmi les autres ou encore Chantons la liberté.

Guy fut aussi un membre fondateur d?Action civique, mouvement créé en 1979 et qui marqua l?île Maurice citoyenne.

Sa vie professionnelle mérite d?être soulignée. Guy fut un des premiers Mauriciens à obtenir le diplôme convoité d?Associate of The Chartered Insurance. Dans les années 70, il fut un président énergique de la IACOM, le précurseur de l?Insurers Association. Il avait en lui la fibre de l?entrepreneur. Le sang du metteur en scène qui coulait en ses veines faisait qu?il considérait une entreprise un peu comme une pièce de théâtre. Aussitôt qu?il l?avait montée et une fois satisfait que les acteurs, triés sur le volet, pouvaient tenir leur rôle, sa créativité débordante le poussait vers un nouveau défi. Ce meneur d?hommes avait une capacité organisationnelle époustouflante et réglait son entreprise comme une horloge. Il veillait aux moindres détails sans perdre l?altitude du visionnaire qu?il était. Tout cela empreint d?un grand humanisme.

Plusieurs d?entre nous, qui avons servi ou qui servons toujours l?industrie de l?assurance, eûmes la chance de l?avoir eu comme mentor. J?occupe encore le bureau qui était le sien auparavant. Derrière moi, les livres qu?il avait utilisés lors de ses études à la fin des années 50 sont encore là. Les pages y sont soigneusement annotées de sa petite écriture précise. Devant moi et dans la cour intérieure du Port-Louis d?antan, se dresse le vieil arbre à pain qu?il nous avait demandé de préserver, il y a de cela plus de dix ans. Nous avons tenu parole.

O. L.

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