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?Je suis au-dessus des querelles politiques?
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?Je suis au-dessus des querelles politiques?
● Une fois de plus l?opposition parle d?injustice. A chaque fois qu?elle dépose une motion de censure, la majorité vient avec une motion de confiance. Pourquoi la motion de censure n?a-t-elle pas été débattue ?
Je ne vais pas polémiquer sur les questions politiques. Toutefois je peux vous assurer que tout est fait dans les règles et selon les procédures de l?Assemblée nationale. Laissez-moi vous dire que pour la séance de vendredi dernier, la motion de censure de l?opposition figurait en premier. Ensuite est inscrite la motion de confiance présentée par Lordana Meunier. Ce qui veut dire que sa motion allait être débattue en premier. Si la minorité a décidé d?effectuer un walk-out, je n?y peux rien. C?est tout ce que je peux vous dire. Quant aux autres critiques je laisse le soin aux politiciens d?en débattre. Je reste au-dessus de ces querelles politiques.
● L?opposition menace : la prochaine fois, si elle n?est pas satisfaite, elle saisira la Cour suprême ?
Encore une fois, je dirai que tout est fait dans les règles. Je n?ai rien à me reprocher. Un point, c?est tout.
● N?empêche que c?est assez rare de voir quelqu?un présider l?Assemblée deux fois de suite, malgré qu?il y ait eu un changement de gouvernement. Vos commentaires.
D?abord, je dirai que mon premier sentiment est qu?il y a une reconnaissance de mon travail par tout un chacun, que ce soit par les membres de la majorité que par ceux de la minorité. Ensuite, je dirai qu?il n?y a pas beaucoup d?avocats rodriguais qui ont une bonne connaissance du droit?
● ?Est-il nécessaire que ce poste soit occupé par un Rodriguais ?
Pas nécessairement. J?ajoute qu?entre le bureau de la Chairperson et l?Assemblée, que ce soit avec la majorité ou l?opposition, il y a de très bonnes relations. Donc, ma tâche devient aisée.
● Mais il ne faut pas oublier qu?au début de l?année, il y a eu une motion de censure contre vous ?
Je regrette de dire que l?opposition a fait un amalgame entre ma fonction et ma personne. Je m?explique. A Maurice, l?ancien Speaker a été un député. Il avait fait campagne pour son parti. Il n?a pas eu de ticket. Et il avait été choisi pour être Speaker. Idem pour l?actuel Speaker de l?Assemblée nationale. Ancien ministre, il a été choisi par l?Alliance sociale pour être le Speaker. Donc on me reproche, quand l?Assemblée avait été dissoute, de m?être engagé dans la politique. Aussi, je précise, quand l?Assemblée régionale a été dissoute, j?étais libre et j?étais chômeur. Donc les critiques ne tiennent pas. Pour revenir à la motion de censure, on connaît le résultat. Elle a été rejetée et l?opposition a choisi d?effectuer un walk-out.
● On vous a aussi reproché que de vous être ingéré dans une affaire policière ?
Malheureusement, certaines personnes parlent et ne connaissent pas tous les détails. En tout cas, je préfère ne pas répondre à cette question car l?enquête policière se poursuit dans cette affaire. Je préfère attendre avant de faire des commentaires.
● Pour revenir à l?ancienne législature, vous étiez très critiqué par la majorité actuelle, dont l?actuel Chef commissaire, Johnson Roussety.
C?est une très bonne question et j?ai plaisir à y répondre. Depuis mon entrée en fonction au poste de Chairperson, mon attitude envers cette tâche n?a pas changé. J?ai une formation de juriste et cela m?a beaucoup aidé pour ce travail. Vous savez, le poste de Chairperson ou de Speaker a une particularité. Si vous rendez un ruling contre la minorité, elle va s?élever contre vous et si le ruling est contre la majorité, cette dernière se met en colère. Donc, cela ne m?étonne pas que je fasse souvent l?objet de critiques et je précise que cela se fait avec fair-play. Comme dans tous les pays démocratiques d?ailleurs.
● Est-ce un job difficile ?
Au début, sauf quelques-uns à l?Assemblée, on était tout nouveaux dans le système. Il y a des règles qui sont souvent assez difficiles à assimiler et, avec le temps, on a tous mieux compris les interprétations de certaines lois et des standing orders. Plus les années passent, mieux on comprendra les règles. C?est tout à fait normal.
● Vous avez sans doute effectué des erreurs au départ ?
Je ne dirai pas cela, car personne n?est venu à mon bureau pour dire que j?ai eu tort sur un point ou sur un autre. Je précise souvent, pour pouvoir mieux interpréter un point légal, que quand l?Assemblée était dans l?obscurité, j?ai fait appel à l?Assemblée nationale. Je profite de l?occasion pour remercier l?ancien Clerk de l?Assemblée nationale, André Pompom et l?ancien Speaker. Ils m?ont beaucoup aidé.
● Est-ce que vous avez l?occasion de vous familiariser avec les travaux de l?Assemblée nationale ?
J?ai souvent l?occasion d?assister à certaines séances des travaux parlementaires. Mais au début, on a été aidé par des officiers de l?Assemblée nationale qui étaient à Rodrigues.
● Quel est votre jugement sur le niveau des débats ?
Comme je vous l?ai dit auparavant, au début, il n?y avait que trois membres qui avaient une certaine expérience des travaux du Parlement. Donc il était tout à fait logique que beaucoup ne connaissaient pas tous les rouages. Mais cinq après, les membres, dont une grande majorité, sont à leur deuxième mandat, ils sont plus à l?aise. Ils connaissent mieux les règles, ce qui me facilite la tâche. Les débats ont un certain niveau, mais comme dirait l?Anglais, il y toujours room for improvement.
● Un mot sur votre assistante, la ?Deputy Chair-person? ?
Lordana Meunier m?impressionne beaucoup. Je me souviens que quand il y avait cette motion de censure contre moi, elle a présidé les travaux avec beaucoup d?indépendance et d?aisance et elle s?est montrée à la hauteur. Elle gagne en maturité au fil des séances de l?Assemblée régionale. Je suis convaincu qu?elle fait une bonne présidente quand je ne suis pas à l?Assemblée .
● Parlez-nous des manquements à l?Assemblée, s?il y en a ?
L?Assemblée régionale n?a pas encore cinq ans. Je dirai que le grand manquement est au niveau des rapporteurs. Il est difficile d?avoir le rapport des débats ou des questions dans un délai raisonnable. J?ai entendu dire qu?on va recruter du personnel et cela rendra service à tout le monde.
● Que fait la ?Chairperson?, quand l?Assemblée ne se réunit pas ?
On n?a pas la même pression. Mais je suis souvent sollicité par des parlementaires et je dois être présent à mon bureau. Quand il y a des parlementaires de Maurice, je dois les recevoir. Je passe mon temps à faire des recherches et je dois beaucoup bouquiner, car il est essentiel de lire le maximum de rulings donnés par les différents Speakers à Maurice et ailleurs.
● A quelles intervalles se tiennent les séances ?
C?est comme à Maurice. Nous nous réunissons presque à la même période et nous avons les vacances comme chez vous.
● En fait, j?aurais dû vous poser cette question au début, mais après les évènements de la semaine dernière, je vous la pose maintenant. Comment êtes-vous devenu ?Chairperson? en 2002 ?
J?ai été approché par le leader de l?Organisation du Peuple Rodriguais, Serge Clair, pour occuper cette fonction. J?étais magistrat à Maurice. Et il m?avait demandé si j?étais intéressé. J?ai demandé un temps de réflexion. Et je me suis lancé pou relever ce défi. En tout cas, c?est un véritable challenge. Je précise également que j?ai été convoité par le Mouvement Rodriguais (MR). Donc, peu importe les résultats des élections de 2002, j?allais être choisi pour être la première Chairperson. Ce qui explique aussi que je suis encore là malgré qu?il y ait eu un changement de gouvernement.
● Etes-vous tenté pour être candidat dans une prochaine élection ?
Laissez-moi vous faire une révélation. Quand l?Assemblée régionale a été dissoute l?année dernière, quelqu?un est venu me voir pour m?aligner au sein de son parti. J?étais honoré mais j?ai refusé.
● Peut-on connaître l?identité de cette personne ?
Ne comptez pas sur moi pour dire qui est venu me voir ! En tout cas, je suis heureux avec ce que je fais actuellement. C?est difficile pour moi de vous dire si je pourrais être candidat lors d?une prochaine joute électorale. On le saura à l?avenir.
JOSEPH CHENLYE LAMVOHEE, ?CHAIRPERSON?
Déjà une riche carrière
■ A 42 ans, Joseph Chenlye Lamvohee a déjà eu une riche carrière. Né en 1965 à Grande-La-Fourche-Corail, il a grandi à La Ferme où il fait ses études primaires, principalement à l?école du St-Esprit du village.
Il fréquente après le Rodrigues College et termine second au School Certificate. Deux ans plus tard, il est classé premier au Higher School Certificate (HSC).
Après ces brillants résultats, il prend son premier emploi au collège où il a fait ses études. Il enseigne l?économie et les mathématiques. A l?âge de 20 ans, il prend de l?emploi à la State Bank et y travaille pendant deux ans et demi.
Ensuite, il va travailler à la Banque coopérative qui vient de s?implanter dans l?île. Il est aussi affecté à la banque coopérative de Port-Louis.
Au début des années 90, il s?inscrit pour une bourse d?études connue comme le ?President?s Award? et il est qualifié pour des cours à l?Université de Maurice. Il fait des études de droit. Trois ans après, il suit des cours au ?Council of Legal Education?. Il obtient par la suite une bourse pour son pupillage en Angleterre. Il passe trois mois à Londres et à Exeter.
Revenu à Maurice, il est attaché à la chambre d?Ivan Collendavelloo.
En 1998, il prend de l?emploi à la ?State Law Office?. Il devient par la suite magistrat et travaille beaucoup à la magistrature de Rose-Hill.
En 2002, il est appelé à présider l?Assemblée régionale de Rodrigues.
Marié à Marie, il est père de deux enfants, un garçon de dix ans et une fille de 8 ans. Pendant son temps libre, il pratique le tennis.
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