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Pirates des Caraïbes : jusqu?au bout du monde

8 juin 2007, 00:00

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Certains films, lorsqu?ils connaissent un immense succès en salle, engendrent des séquelles, puis finissent par être le thème d?un parc d?attractions. La série des Pirates? aura donc fait le chemin inverse, ce qui est une première dans l?histoire répertoriée du cinéma. Et, ce troisième épisode étant pressenti pour battre le record d?entrées détenu par le deuxième, on peut se demander si chacun de ces épisodes n?offre pas un meilleur divertissement qu?une visite au parc d?attractions d?origine. En tous les cas, les producteurs (les studios Disney et Jerry Bruckenheimer) ont appliqué au film, la même philosophie qui aura inspiré le parc d?attractions, à savoir offrir au public payant un maximum de secousses de manière à ce que celui-ci en ait pour son argent et qu?il en redemande au point de revenir pour un prochain épisode.

On aurait tort de s?en plaindre, dans la mesure où Pirates des Caraïbes 3? nous offre pour presque trois heures de divertissement, presque sans temps mort, à voir en famille. Le réalisateur Gore Verbinski est toujours à la barre et l?équipage n?a pas changé : Keira Knightley et Orlando Bloom en Elizabeth Swann et Will Turner toujours amoureux l?un de l?autre et Johnny Depp en capitaine Jack Sparrow toujours aussi déjanté.

L?humour est au rendez-vous et les célébrités aussi : Chow Yun Fat dans le rôle d?un pirate singapourien ou Keith Richards dans le rôle du capitaine Teague, le papa de Jack Sparrow. C?est lui qui a la meilleure réplique de tout le film, mais celles des autres ne sont pas mal non plus. Certains prennent de l?importance comme la sorcière Tia Dalma (Naomie Harris) ou Barbossa (Geoffrey Rush) et d?autres ne sont là que pour pimenter certaines scènes. Le scénario arrive à justifier avec plus ou moins d?honnêteté la présence de tout ce monde, l?une des trames principales étant que les deux amoureux s?en vont délivrer Jack Sparrow de l?antre de Davy Jones (Bill Nighy), capitaine mort vivant au visage tentaculaire qui commande le Vaisseau Fantôme (que certains ignares ont traduit par Hollandais Volant). Ce troisième épisode des Pirates des Caraïbes? comporte pas moins de neuf trames principales qui finissent toutes à un moment, par perdre le spectateur. Alliances, trahisons, histoires d?amour, voyage inter-dimensionnel, rivalités, petites et grosses cachotteries entre amants, révélations sensationnelles, etc., même les plus tenaces finiront par s?embrouiller.

Il est possible que tout cela soit sans importance dans un film inspiré d?un parc d?attractions. Car, tout en prenant des tournures inexplicables, ces histoires mènent immanquablement à de véritables moments de bravoure. Les combats, qu?ils soient au canon, en pleine mer ou au sabre et au pistolet dans des repaires de pirates, sont les passages attendus dans ce genre de film. Ici, ils sont toujours bien chorégraphiés, contiennent de belles trouvailles, arrivent toujours à point nommé et ne sont jamais répétitifs. Mais, d?autres séquences encore portent ce film au-delà du genre, qui est celui des pop-corn movies. Celle dans laquelle on voit Jack Sparrow dans une sorte de purgatoire qui pourrait provenir d?un film d?auteur. La scène tient carrément du délire psychédélique, surtout lorsque Jack Sparrow est confronté à ses clones ou lorsque son navire est porté par quelques millions de crabes. Il y a évidemment aussi ce mariage célébré en plein combat au beau milieu d?un gigantesque tourbillon au c?ur d?une tempête. Et au final de cette scène, l?émotion est aussi de la partie, nous prenant par surprise, tout comme elle l?a fait à d?autres moments du film. Inutile de mentionner que l?histoire n?a pas l?air d?être finie, la fin nous laissant espérer un quatrième épisode.

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