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Un système pour identifier les failles du pays

7 juin 2007, 00:00

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Nos systèmes économiques, politiques et sociaux en examen. La démocratie, les libertés individuelles, la corruption, la méritocratie, l?État de droit, la justice sociale et la bonne gouvernance dans les entreprises privées, entre autres, seront abordés dans le cadre d?une vaste enquête de l?African Peer Review Mechanism (APRM).

?C?est l?occasion idéale, estime le président de la République, Sir Anerood Jugnauth (SAJ), d?identifier et rectifier les imperfections qui persistent dans nos secteurs public et privé?. C?était, hier, lors du lancement officiel de la campagne à Pailles,

L?APRM est un système d?évaluation par les pairs sur le continent. Il a été institué sous l?égide du New Partnership for Africa?s Development dans le but de promouvoir la bonne gouvernance politique, économique et sociale en Afrique. Chaque pays doit entreprendre un état des lieux de sa performance sous ces chapitres avant de se soumettre à une évaluation par d?autres pays membres.

Le National Economic and Social Council (NESC) est chargé de mener l?exercice à Maurice. Il est soutenu par les cabinets Ernst & Young et Pluriconseil. L?enquête, qui durera environ six mois, vise à tâter le pouls de diverses sphères de la société.

?Notre performance en matière de démocratie est bonne, souligne Sir Anerood Jugnauth, car nous servons de modèle à d?autres pays. Mais nous avons des failles auxquelles il faut remédier en vue d?améliorer notre performance en tant que nation. La gouvernance commence à souffrir du moment où l?on bafoue les principes d?équité et de fair-play ainsi que les droits des autres.?

La gouvernance politique touche le système de droits, les libertés, les droits des individus et le fonctionnement des institutions telle l?administration publique. Sur le plan de l?économie, il est surtout question des objectifs de développement, d?une gestion macroéconomique saine, de la responsabilité fiscale des gouvernants, de la mise en place des règles claires et prévisibles pour le business et du combat contre la corruption et les crimes économiques.

?Je suis confiant, affirme SAJ, que cet exercice mettra en exergue les efforts entrepris au niveau du développement socio-économique sur le plan de la santé et de l?éducation, de la gestion de l?environnement, de l?éradication de la pauvreté, de l?engagement en faveur de l?égalité des sexes et de l?aide en faveur des groupes vulnérables.?

De son côté, le président du NESC, Mohamad Vayid, indique que l?exercice de l?APRM donnera l?occasion aux Mauriciens d?exprimer leurs vues et perceptions sur les institutions du pays. Il énumère certaines de ces perceptions qui sont généralement entretenues, selon lui, par le public : la méritocratie est une exception, et non pas la règle ; les chances égales sont un objectif insaisissable à la fois dans le secteur privé et dans le secteur public ; le pouvoir est entre les mains d?un petit groupe de personnes ; une oligarchie historique détient le pouvoir financier, industriel et commercial dans l?économie, les nominations dans les postes clés sont trop souvent tributaires des lobbies sectaires et de favoritisme politique ; certains individus sont ?plus égaux? devant la loi et une culture de médiocrité est en train de pousser le pays dans la corruption.

Mohamad Vayid tient à préciser que cet exercice ne vise aucun gouvernement ou parti politique. ?Il s?agit d?une expérimentation avec la vérité, soit la situation telle qu?elle est vécue par les Mauriciens sur le terrain avec les politiques et les pratiques de nos principales institutions.?

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