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Réforme en marche

24 mai 2007, 00:00

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par Raj Meetarbhan

Avec la mise sur pied d?un nouveau mécanisme d?ajustement salarial, le gouvernement marchait sur la corde raide. Il avait l?obligation de chercher un équilibre entre la poursuite des réformes, la préservation des emplois, et l?allégement du choc social induit par les hausses de prix. Dans une large mesure, l?objectif est atteint.

Le NPC a recommandé hier une fourchette d?augmentation de Rs 260 à Rs 400. Ce supplément apportera un léger mieux aux rémunérations des travailleurs et évitera de porter préjudice à l?avenir fragile d?un grand nombre d?entreprises. Les dirigeants des fédérations syndicales affichent, il est vrai, un certain mécontentement quant au barème du NPC mais leur opposition est plutôt molle. C?est une indication que la résistance des syndicats au nouveau mode de négociation s?atténue.

Il est bien entendu que le processus d?ajustement salarial ne s?arrête pas avec l?exercice du NPC. Les syndicats vont maintenant discuter, au cas par cas, avec les patrons pour des augmentations allant au-delà du minimum légal imposé par le gouvernement. Les négociations sectorielles se poursuivront. Les entreprises qui ont la capacité de payer seront amenées à le faire si les syndicats savent utiliser efficacement leurs ressources. C?est aux dirigeants syndicaux de s?assurer que les travailleurs productifs qui ont contribué à la prospérité de leurs entreprises reçoivent un meilleur traitement que le salarié peu enclin à l?effort ou qui travaille dans un secteur menacé. C?est justement pour en finir avec le ?one-size-fits-all central wage determination mechanism.? que le NPC est né.

Les patrons ont intérêt à jouer le jeu et à payer quand c?est possible. C?est un excellent moyen d?inciter le salarié à ?travailler plus pour gagner plus?. Les entreprises en difficulté ou confrontées à la compétition des pays étrangers peuvent, au contraire, respirer en attendant que la conjoncture s?améliore.

La logique économique nous oblige à ne pas perdre de vue le lien qu?il faut maintenir entre salaires et productivité. Certes, une augmentation de salaires sert à introduire plus de justice sociale, mais si elle n?est pas accompagnée d?une augmentation de la productivité elle peut produire des effets néfastes, notamment sur l?inflation et la compétitivité.

Pourtant, une récente analyse effectuée par la MEF à partir des statistiques officielles démontre qu?il y a, en vérité, un décrochage entre salaire et productivité. Le coût du travail a largement dépassé l?accroissement de la productivité, note l?organisation patronale. ?The average annual increase in labour cost during 1995-2005 was 7,9 %. Labour productivity grew by 3,7%... Wage increases unmatched by productivity growth have been at the source of the loss of competitiveness of the Mauritian economy.?

Il semble toutefois que la réforme visant à introduire le facteur de la productivité dans l?équation pour la détermination de la compensation annuelle est bien enclenchée. Toute man?uvre qui tend à entraver cette modernisation de notre économie serait contre-productive.

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