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Une loi pour mettre fin à l?anarchie dans les maternelles

22 mai 2007, 00:00

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Les débuts à la maternelle sont une étape clé. C?est là que l?enfant va acquérir les bases de sa scolarité et de sa vie. Aujourd?hui, l?école maternelle est reconnue comme un lieu indispensable de socialisation et d?apprentissage.

Mais pour un parent, il n?est pas aisé de faire un choix, tant le secteur est en proie au chaos. Chaque établissement pratique les tarifs et applique la pédagogie qu?il veut. Résultat : des tarifs parfois exorbitants et une qualité inégale.

Le temps d?y mettre bon ordre est venu. Un texte de loi, l?Early childhood care & Education bill, est en préparation. Son objectif : harmoniser le secteur, rehausser la qualité des ressources humaines et des infrastructures tout en appliquant une politique de tarifs cohérente. Son ambition ultime est d?arriver à répondre aux normes internationales en ce qui concerne l?éducation de la petite enfance. Ce texte devrait être présenté à l?Assemblée nationale d?ici quelques mois.

?Chaque mois, je paie Rs 3 000 pour ma fille. Même si le service est plutôt bon, je trouve anormal de payer autant. Mais je n?ai malheureusement pas le choix?, déplore Hema. ?Certes, des écoles sont moins chères, mais ce n?est pas du tout la même chose. La différence se voit à l??il nu.?

Le cas d?Ana Moonsamy, Curepipienne et maman de Théo, est similaire. ?Cela me coûte Rs 1 600 mensuellement et je ne suis pas vraiment satisfaite. Depuis le début de l?année, je n?ai pas encore vu mon fils en classe avec un instituteur. Dans certaines écoles, pourtant moins chères, il y a davantage d?activités. Mais si j?ai opté pour celle-là, c?est parce qu?elle permettra à mon fils d?accéder automatiquement à certaines écoles primaires reconnues.?

Dans un univers où l?offre varie entre des maternelles gratuites et des établissements à Rs 5 500, où aller ?

Abus

Conscient des abus, le ministère de l?Éducation a décidé d?intervenir. ?Il y a des exagérations, notamment au niveau des tarifs pratiqués. Nous voulons trouver une solution à cela. Notre objectif est de mettre de l?ordre dans le secteur?, assure Kaveeraj Sahadew, président du Pre-School Trust Fund (PSTF), organisme régulateur. ?C?est un secteur très négligé et pourtant crucial pour le développement de l?enfant.?

Il n?est pas question de brusquer les choses. Mais il faudra passer par une révision des tarifs. ?Nous travaillons sur un système de barème.? Celui-ci tiendra compte des infrastructures et des ressources humaines.

Un autre volet touché par la nouvelle loi est celui des qualifications des institutrices. Actuellement, un School Certificate est suffisant pour devenir ?miss?dans le préscolaire. Plus pour longtemps. Avec la nouvelle loi, il faudra un Higher School Certificate ainsi qu?une formation supplémentaire en éducation de la petite enfance.

Le rôle de l?enseignant est central puisqu?il contribue à former la personnalité, l?évolution et à construire la personnalité du tout petit. Il n?est pas question de laisser les choses au hasard. Les propriétaires de maternelles seront incités à offrir une formation spécialisée à leur personnel déjà en place.

La nouvelle loi vise aussi à combattre de mauvaises pratiques. Certains propriétaires peu scrupuleux recrutent des instituteurs non-qualifiés, ce qui leur permet de ne pas les payer selon les échelles salariales en cours. D?autres mentent carrément sur le produit offert.

Le curriculum est un autre aspect sur lequel travaille activement le PSTF. Kaveeraj Sahadew pense qu?il ?faut une uniformité, parce qu?on a l?impression que les choses sont faites de manière différente dans chaque maternelle. Il faut aussi que l?enfant ait déjà appris un minimum de choses lorsqu?il entre au primaire. C?est ce que prévoit ce programme d?études qui sera appliqué dans tous les établissements, qu?ils soient publics ou privés ?.

Rater un départ

Reste qu?un certain nombre de parents ne croient pas aux vertus de la maternelle. Environ 4 à 6 % des enfants arrivés à l?âge du préprimaire, c?est-à-dire âgés de trois à cinq ans, ne vont à aucune école. Pour eux, la scolarité démarre directement en Standard I. Provenant souvent d?un milieu peu favorable à leur épanouissement, ces enfants sont quasi condamnés à peiner à l?école.

?Toutes les recherches entreprises démontrent qu?un enfant de trois à huit ans a tout le potentiel pour se développer mentalement, intellectuellement et physiquement. C?est à cet âge-là qu?il acquiert les compétences de base, les principes, ainsi que les valeurs qui l?influenceront tout au long de sa vie. Manquer l?étape qu?est la maternelle aura des répercussions inévitables. C?est comme rater un départ ?, dit-on au PSTF.

Si la loi n?oblige pas les parents à envoyer leur progéniture en préscolaire, un programme a toutefois été mis sur pied pour identifier les cas concernés et inciter à la scolarisation.

CHIFFRES

La composition du préscolaire

■ 188 maternelles sont gérées directement par le Pre-school Trust Fund (PSTF). Elles sont attachées aux écoles primaires. En début d?année, 6 743 enfants y étaient scolarisés. Ils bénéficient d?une éducation gratuite lorsqu?ils sont âgés de quatre à cinq ans. En revanche, pour les petits de trois à quatre ans, il faut débourser Rs 200 par mois. Quinze écoles sont gérées par les conseils de district et 27 par les municipalités. Le privé se taille la part du lion avec 900 écoles préprimaires. Les prix peuvent varier de Rs 500 à Rs 5 500 par mois, dépendant d?un ensemble de facteurs liés notamment à l?endroit où se situe l?établissement (zone rurale ou urbaine, quartier huppé ou modeste). Si, en règle générale, le prix dépend également de la qualité des infrastructures, c?est loin d?être toujours le cas puisqu?il n?existe pas de normes établies. Les maternelles du privé, des conseils de district et des municipalités prennent en charge 29 900 enfants.

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