Publicité
SOS, urgences à bout de souffle
Un médecin se tient à la porte d?un cabinet de consultation, la carte d?une patiente à la main au département des urgences. Il attend que son collègue ait terminé d?ausculter un malade pour voir sa patiente. La scène paraît incongrue, mais c?est ainsi que les urgences de l?hôpital Victoria fonctionnent depuis que des travaux de rénovation ont été entamés il y a deux mois.
« Il est vrai qu?il fallait rénover cette partie de l?hôpital. Le problème, c?est que presque toutes les cabines de consultation ont été fermées pour les travaux. On n?a plus de place pour pratiquer », se plaint un médecin. Résultat : la foule grossit d?heure en heure. Les chaises de la salle d?attente sont vite prises d?assaut, alors que les bancs mis à la disposition de ceux qui attendant pour être radiographiés sont squattés par d?autres malades. Le couloir est noir de monde. Et la domestique qui transporte une pile de dossiers sur une civière rouillée se confond en excu-ses pour avoir bousculé les malades.
La situation devient parfois ingérable
Pour un département de consultation externe, qui accueille en moyenne un millier de patients par jour, la situation devient parfois ingérable. « Nous ne savons plus où mettre les patients. Une telle concentration de personnes dans un espace aussi réduit a tôt fait d?énerver les gens », souligne un cadre de l?hôpital. Les infirmiers et les agents de sécurité ont alors du pain sur la planche et ils tentent, autant que faire se peut, de trier et de canaliser au mieux les patients.
Davina Lenfré, habitante de la cité St-Jean, s?était armée de patience le matin en se rendant à l?hôpital. Mais au fur et à mesure que les minutes s?égrènent, elle sent que ses bonnes résolutions se réduisent comme une peau de chagrin. « Cela fait quand même près d?une heure que j?attends de voir le médecin. » Elle tente d?ignorer les cris de sa petite voisine, une enfant d?un an et demi, qui a, elle aussi, épuisé son stock de patience.
Le service de nuit se complique da-vantage pour les médecins de garde. Ils doivent s?occuper du département des urgences, mais aussi des patients admis en salle. « Il nous arrive de devoir abandonner un malade, faute de place, et de le faire attendre aux urgences parce qu?une femme fait un accouchement difficile dans la salle de travail », explique un médecin.
Trop souvent, estime ce dernier, les malades ignorent le fonctionnement de l?hôpital. « S?ils étaient mieux informés, ils comprendraient peut-être que souvent nous sommes aussi tributaires de la situation actuelle », conclut-il. Les maux de l?hôpital de Candos sont loin d?être guéris.
Publicité
Publicité
Les plus récents