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Des mots qui sonnent
Fariba Hachtroudi, Laurence Tardieu et Camille Laurens, sont les trois finalistes du Prix Le Prince Maurice du roman d?amour 2007 orchestré par les Hôtels Constance. La lauréate sera connue ce soir, au terme d?une soirée de gala à la mesure du talent de ces trois auteures d?exception. Rencontre.
D?elles, nous conserverons le foisonnement de trois personnalités différentes, mais toutes charismatiques. Fariba Hachtroudi, Laurence Tardieu et Camille Laurens, heureuses finalistes du Prix Le Prince Maurice du roman d?amour, se souviennent encore de leurs premières émotions littéraires.
Des romans, de la poésie, des essais, elles ont pioché immodérément dans la bibliothèque familiale avant de se délecter de la magie de l?écriture à la fois simple et percutante, celle qui passe indéniablement par le plaisir des mots qui frappent, qui résonnent et qui sonnent justes. Depuis, elles ont trébuché sur l?écriture, pour ne plus s?en relever.
Fariba Hachtroudi, Iranienne ayant fui son pays sous la menace d?une «fatwa» pour dénonciation des crimes du régime de Khomeyni, l?explique de la plus belle des manières. « L?écriture c?est ce qui m?a permise d?être sur pied. Elle a été une vraie thérapie. Elle m?a enfin donnée des armes et m?a conféré un pouvoir, mais un pouvoir pour lequel il faut rester humble et juste. La littérature a été pour moi la forme la plus libératrice et la plus proche de la réalité militantiste dans laquelle j?ai été longtemps heureuse. Après je délire ! »
«Pour certains, il y a une essence de l?écriture féminine, une certaine sensibilité. Mais homme ou femme, chacun écrit son monde.»
« L?écriture offre un espace de liberté incommensurable. C?est un bonheur de construire un livre et de l?achever,» ajoute la douce Laurence Tardieu. Avec leurs romans : J?ai épousé Johnny à Notre-Dame de Sion de Fariba Hachtroudi, Puisque rien ne dure, de Laurence Tardieu et Ni toi ni moi de Camille Laurens, c?est la consécration pour chacune d?elle, mais c?est aussi et surtout l?unanimité absolue d?un jury présidé par Daniel Picouly.
Leurs récits d?amour et de désamour, les cantonnent-ils pour autant à cette notion d?écriture féminine, pour un certain public? « Parler d?amour est universel. Il est vrai que beaucoup de choses ont été dites à ce sujet, mais je crois que l?essentiel pour un auteur c?est de faire entendre sa voix, » explique Camille Laurens.
«Une société sans amour, c?est de la barbarie! Ecrire sur l?amour c?est écrire d?une relation à l?autre. Tant qu?il y aura des hommes et des femmes à aimer, le roman d?amour existera ! » renchérit Fariba Hachtroudi avec force et dans un bel éclat de rire. «Pour certains, il y a une essence de l?écriture féminine, une certaine sensibilité. Mais homme ou femme, chacun écrit son monde,» ajoute Camille Laurens.
Fondamentalement, l?écriture reste un voyage intérieur, souvent guidée par son vécu, ses expériences. Le roman est le feu, les mots et les phrases, sont les braises ardentes, travaillées, étudiées, revues et corrigées, parfois hurlées mêmes.
Et nous, lecteurs, nous nous abandonnons à ces fragments de chair, de souffrance, de joie, de plaisir, voire même de désir. Les lire, c?est donc écouter leurs silences, pénétrer le tumulte de leurs rêves, écouter les cris muets de l?angoisse ou du bonheur.
«Je pars souvent d?une image, d?un rêve, d?un film qui me hante et qui me donne envie de créer, jusqu?à dépasser cette première image. Parfois, je ne sais même pas où tout cela va me mener. Je parviens parfois à une impasse, mais cette image m?entraîne, » explique Laurens Tardieu. « Le travail sur la langue et la musicalité de la langue donne sa justesse au roman. C?est toujours une jubilation malgré la peur au ventre. La peur crée le désir. » Toujours le grain des mots qui sonne, la texture qui frappe et la musicalité qui résonne.
«La littérature a été pour moi la forme la plus libératrice et la plus proche de la réalité militantiste dans laquelle j?ai été longtemps heureuse. Après je délire.»
Ces trois auteures d?exception ne savent pas prendre la pose de l?écrivain récompensé, un tantinet blasé. Les afféteries, elles ne connaissent pas. Elles n?ont qu?une certitude, celle d?être écrivaines. Elles aiment donner voix à des personnages originaux, à des histoires combinées mais plausibles.
Par-dessus tout, elles aiment s?attacher aux mots pour faire naître de l?exaltation, du brut et de l?authenticité. Elles ont donc besoin de la réalité pour faire de la fiction. Ecrire c?est le bonheur. Sinon, à quoi bon !
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