Publicité
Carambolage de Pailles
Deux rescapés racontent leur accident
Par
Partager cet article
Carambolage de Pailles
Deux rescapés racontent leur accident
Neuf personnes ont été blessées dans un violent carambolage survenu le mercredi 9 septembre sur l’autoroute M1, à hauteur de Pailles. Une semaine plus tard, deux rescapés, un chauffeur d’autobus et celui d’une camionnette, racontent les quelques secondes qui ont bouleversé leur trajet.
Moorgen Ramassamy roule à environ 65 km/h sur la voie du milieu en direction de Port-Louis. Il se rend à son travail au port où il doit prendre son poste à 15 heures. Les yeux rivés sur la route, rien ne laisse présager le danger qui s’approche par l’arrière : pas d’appel de phares, pas de coup de klaxon. «D’un seul coup, j’ai senti un gros véhicule me percuter de plein fouet», raconte-t-il. Le choc le propulse sur la droite et sa camionnette grimpe sur le muret en béton séparant les voies avant de se renverser. Il perd connaissance.
■ Moorgen Ramassamy, le chauffeur de la camionnette.
À son réveil, des habitants du quartier s’activent déjà autour de l’épave pour l’en extirper. Coincé par sa ceinture de sécurité, il leur demande de la détacher. Une semaine plus tard, la marque de l’accident est toujours là : il ressent encore une vive douleur à l’endroit où la ceinture l’a retenu. Au traumatisme physique s’ajoutent des conséquences bien concrètes. «Je n’ai plus de véhicule. Je ne peux plus travailler. Ma camionnette est irrécupérable. J’attends que l’assurance fasse le nécessaire», confie-t-il.
Un peu plus tôt dans cette chaîne d’événements, c’est Kailashchund Bissumbhur qui se trouve aux commandes de son autobus, effectuant la liaison Rivière-des-Galets – Port-Louis. Circulant sur la voie de gauche à hauteur de Plaine-Lauzun, il voit surgir une voiture noire sortant du village et s’engageant sur l’autoroute devant lui. «J’ai dévié légèrement sur ma droite pour ne pas la percuter», se souvient-il. C’est à cet instant qu’un camion-remorqueur, lancé à pleine vitesse derrière lui, tente de s’infiltrer dans le petit espace ainsi créé. «Il a violemment percuté et arraché le flanc gauche de mon autobus», relate le chauffeur, avant de le repousser sur la voie rapide où il heurte à son tour la voiture noire puis la camionnette de Moorgen Ramassamy, avant de traverser le muret central et de percuter un véhicule circulant en sens inverse.
■ Kailashchund Bissumbhur, le chauffeur de l’autobus.
D’après le rapport établi par la police, le carambolage a été étendu sur près de 300 mètres, sa trajectoire traversant la chaussée depuis la voie Nord jusqu’à la voie Sud. Des poteaux électriques, une clôture métallique et le muret central ont été endommagés au passage du convoi. Outre Moorgen Ramassamy et Kailashchund Bissumbhur, sept autres personnes ont été blessées : le conducteur de la voiture noire, un autre automobiliste, un motocycliste de 29 ans et son passager de 38 ans, ainsi qu’un couple de septuagénaires accompagné d’une passagère, tous pris en charge par le SAMU et conduits à l’hôpital DrA.G.Jeetoo, à Port-Louis. Les alcootests auxquels ont été soumis les conducteurs se sont révélés négatifs.
Le ministre des Transports terrestres, Osman Mahomed, a confirmé sur sa page Facebook, informations vérifiées auprès des centres de contrôle technique sous la supervision de la National Land Transport Authority, que le certificat de fitness du camion avait expiré le 19 juin 2026 et celui de sa remorque le 14 janvier 2021. Sa Motor Vehicle Licence, soit la taxe routière, n’avait quant à elle plus été renouvelée depuis février 2021. Le ministre a exclu toute responsabilité de l’état de la route dans l’accident, évoquant plutôt «des actes irresponsables», et a insisté sur la nécessité d’établir les responsabilités.
Une semaine après les faits, Moorgen Ramassamy et Kailashchund Bissumbhur se remettent de leurs blessures, hantés par le souvenir de ces quelques secondes où tout a basculé – et, pour le premier, inquiet des lendemains sans véhicule ni revenu.
Publicité
Publicité
Les plus récents