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Une compensation salariale ?raisonnable et responsable?
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Une compensation salariale ?raisonnable et responsable?
?J?ai l?intention de proposer une compensation salariale raisonnable et responsable envers toutes les parties concernées.? C?est ce qu?a déclaré à l?express, hier, Sen Ramsamy, président du National Pay Council (NPC). Il s?exprimait à l?issue du premier round des négociations tripartites. Cette réunion a duré plus de deux heures au lunch room de l?Assemblée nationale.
Cette première prise de contact a permis aux représentants des travailleurs, du gouvernement et du patronat de prendre connaissance du taux d?inflation projeté par le Bureau central des statistiques pour cette année financière. Il se chiffre à 10,7 %.
Les participants ont élaboré un calendrier de travail. Il prévoit, entre autres, une deuxième réunion mercredi prochain. Le président du NPC rappelle que le gouvernement a accordé jusqu?au 31 mai au comité pour remettre sa recommandation sur la compensation salariale. Il estime que cette proposition sera faite au plus tard le 25 mai.
Dès le début de la rencontre, Sen Ramsamy s?est dit con-vaincu qu?il a en face de lui des représentants de calibre venant de divers secteurs. Il a affirmé qu?il est sûr que leurs compétences contribueront beaucoup à l?esprit d?équipe qui sera le fondement du NPC. Il a ensuite laissé les parties concernées s?exprimer sur leurs attentes et les dangers qui se profilent à l?horizon dans les différents secteurs de l?économie.
Yusuf Sooklall, président de la Free Democratic Unions Federation, a soulevé un certain nombre de points. Il n?est pas d?accord avec le fait qu?un représentant du Bureau central des statistiques fasse partie de la délégation gouvernementale. Celle-ci est composée du chef de la fonction publique, Suresh Chandre Seebaluck, du secrétaire financier, Ali Mansoor, de la secrétaire permanente du ministère du Travail et des Relations industrielles, Luchmee Ramsamy et de deux hauts fonctionnaires. Le syndicaliste a déclaré que le Bureau des statistiques est un organisme neutre et ne devrait donc pas faire partie de cette délégation. Le chef de la fonction publique a pris note de son objection.
Nouveaux leaders syndicaux
Yusuf Sooklall a également voulu savoir qui transmettra la recommandation du NPC au gouvernement. Elle sera effectuée par son président. Il a aussi appris que trois membres sur les cinq qui composent chacune des trois parties concernées sont le minimum pour constituer un quorum.
Après avoir analysé les chiffres qui seront avancés par la classe patronale à propos de la croissance dans les différents secteurs économiques, Yusuf Sooklall formulera alors sa demande pour une compensation salariale ?raisonnable?. Il n?y aura pas de ?surenchère?. Il avance qu?après cette rencontre, la classe laborieuse finira par comprendre que de nouveaux leaders syndicaux ont émergé.
Ramesh Maudhoo, président de la Sugar Industry Workers Asssociation, a abondé dans le même sens. Il s?est dit en faveur d?une compensation salariale qui corresponde avec la perte du pouvoir d?achat des retraités, des orphelins et des travailleurs en général.
A l?issue de la réunion, Moukeshwar Gopal, le président de la Mauritius Employers Federation (MEF), a déclaré qu?elle s?était déroulée dans une atmosphère cordiale et qu?elle a permis à la classe patronale de faire part de ses observations. Il insiste sur le fait que la compensation salariale doit prendre en considération la capacité des entreprises à payer. D?autres membres de la MEF ont effectué une présentation des différents secteurs de l?économie qui requièrent une attention particulière, notamment les petites et moyennes entreprises.
Vishnu Lutchmeenaraidoo insiste pour une augmentation de 10,5 %
La cherté de la vie et ses répercussions sur la paix sociale inquiètent le Mouvement militant mauricien (MMM). Ce parti estime que cet état des choses est largement dû à des décisions prises lors du dernier budget, mais aussi à la ?dévaluation orchestrée? de la roupie par le gouvernement. Le MMM insiste pour une compensation salariale de 10,5 % au minimum, afin de permettre aux salariés de rattraper leur perte de pouvoir d?achat durant l?année. Ce pourcentage est l?équivalent du taux d?inflation estimé mi-avril par le Bureau central des statistiques pour 2006-07. Toutefois, hier, lors de la réunion du NPC, le représentant de cet organisme a annoncé un taux revu à la hausse de 10,7 %.
?Dévaluation orchestrée?
?Le budget 2006-07 a été en lui-même inflationniste avec l?abolition des subsides sur le riz et la farine. Une grande partie de la population consomme toujours le riz ration. Les mesures budgétaires et la dévaluation orchestrée de la roupie ont abouti à un taux d?inflation à double chiffre?, s?insurge Vishnu Lutchmeenaraidoo, le responsable de la commission économique du MMM. Il commentait la situation économique, en particulier la compensation salariale et la dette publique, lors d?un point de presse hier à Port-Louis.
Le MMM est très critique vis-à-vis du National Pay Council (NPC) et la décision de lier la compensation salariale à des critères autres que le taux d?inflation. Il y a d?autres instances, qui, estime-t-il, sont habilitées à traiter le rapport entre la productivité et l?efficience et les rémunérations des salariés.
?Il faut une compensation intégrale de 10,5 % au minimum pour maintenir la paix sociale. (?) Les pauvres n?arrivent pas à joindre les deux bouts alors que les gens de la classe moyenne doivent puiser dans leurs réserves afin de continuer à vivre convenablement.? Le porte-parole économique du MMM ajoute que le NPC amplifiera le sentiment d?injustice en remettant en cause le lien entre la compensation salariale et la perte du pouvoir d?achat des consommateurs. ?Le MMM insiste pour le rétablissement des tripartites et l?abolition du NPC.?
Il a désigné la politique de taux de change comme un des principaux facteurs de la hausse du coût de la vie. Vishnu Lutchmeenaraidoo a tiré à boulets rouges sur la ?dévaluation orchestrée? de la monnaie locale, alors que, dit-il, la Banque centrale dispose des réserves confortables en devises. La roupie avait cédé du terrain durant la deuxième moitié de 2006 en raison d?une pénurie de liquidités sur le marché des changes. Cette dépréciation a provoqué une augmentation généralisée du prix des produits importés et qui, avance-t-il, a beaucoup rongé les bourses des salariés.
Emprunts
Dans un autre ordre d?idées, le porte-parole du MMM a critiqué le ministre des Finances, Rama Sithanen, pour sa stratégie d?endettement. La démarche du gouvernement d?emprunter gros auprès des institutions internationales suscite des doutes chez les Mauves : les emprunts de l?étranger exposent l?État à des risques de change considérables et à des conditions parfois très contraignantes. Ces difficultés n?existent pas lorsque les dettes sont levées sur le marché local en roupie.
Vishnu Lutchmeenaraidoo a dénoncé le fait que le gouvernement ait récemment contracté des emprunts de l?ordre de Rs 2,5 milliards environ auprès de la Banque mondiale, de l?Agence française de développement et de la Banque africaine de développement à des taux, dit-il, très proches de ceux prévalant sur le marché international des capitaux.
Il émet aussi des réserves sur l?objectif de ces financements. ?Ces emprunts viennent sous forme de soutient au budget. Le gouvernement est en train d?emprunter en devises pour boucher des trous dans le budget, dont certains sont causés par des mesures irresponsables tel le transport gratuit.?
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