Publicité
La fermeture des trois usines sucrières en suspens
Par
Partager cet article
La fermeture des trois usines sucrières en suspens
La centralisation de l?industrie sucrière est dans la balance. Rien n?est encore décidé concernant la fermeture projetée des trois usines : Mon-Loisir, Mon-Trésor et Riche-en-Eau. Selon les conditions fixées par l?État, une décision finale à ce sujet doit être prise au plus tard le 31 de ce mois. Mais à ce stade, aucun accord entre les sucriers et le gouvernement n?a abouti.
La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) le confirme. A la Plantation House, on s?inquiète du manque de progrès sur ce dossier alors que l?ouverture de la coupe se fera dans quelques semaines. Passé le délai du 31 mai, la permission de l?État de fermer ces usines devient caduque.
Afin d?autoriser leur fermeture, le gouvernement exige en contrepartie que l?ensemble des sociétés sucrières lui cède entre 1 500 et 2 000 arpents de terre. Selon la condition fixée par le gouvernement, c?est à la totalité des sucriers de céder les arpents de terre, pas seulement aux trois usines concernées par la demande de fermeture. L?Etat compte utiliser ces terrains dans le cadre de ses projets d?intégration sociale. Les sucriers s?opposent à cette requête, arguant qu?il s?agit là d?une condition ?excessive?.
?Nous nous attendions à un dialogue mais il n?y a rien eu jusque-là?, dit-on du côté de la Plantation House. A la suite de la décision de l?Etat quant à la fermeture des trois usines et aux conditions rattachées, les sucriers ont écrit au ministère de l?Agro-industrie. A travers cette correspondance, ils ont demandé des précisions ainsi que des éclaircissements sur les 1 500 ? 2 000 arpents et le financement du coût social de la centralisation.
Ce financement est lui aussi sujet à litige. La deuxième condition fixée par l?Etat, qui suscite, elle aussi, l?inquiétude des sucriers, concerne les coûts sociaux. Le gouvernement est revenu sur son engagement, pris dans le blueprint sur la réforme sucrière, de financer à hauteur de 75 % les coûts associés à la centralisation des opérations de l?industrie. Ce changement de position implique que les sucriers devront financer plus de 25 % de ces frais. Les proportions exactes de financement ne sont pas connues.
?S?il n?y a pas d?accord jusqu?au 31, il n?y aura pas de centralisation et les usines continueront à rouler?, confie une source de la Plantation House. Ce cas de figure n?est pas envisageable car deux des usines concernées ne pourront opérer pendant la prochaine coupe. ?Mon-Trésor et Riche-en-Eau n?ont pas fait de maintenance. Même si elles restent ouvertes, ces deux usines ne pourront rouler. Mais il leur faudra impérativement payer les travailleurs?, explique la source de la MSPA.
L?usine de Mon-Loisir est donc la seule qui pourra assurer la coupe si le délai du 31 mai n?est pas respecté et que l?usine ne ferme pas ses portes. ?Nous allons nous retrouver dans la même situation qu?avec St.-Félix l?année dernière si les usines ne ferment pas.? D?autres problèmes se poseront si les usines de Mon-Loisir, Mon-Trésor, et Riche-en-Eau n?arrêtent pas. ?Pour l?obtention de l?aide de l?Union européenne, un des critères est que ces trois usines doivent fermer.? Selon le Multi Annual Strategy Plan soumis par Maurice, le nombre d?usines opérant doit être réduit afin d?assurer la viabilité du secteur.
L?UE peut demander des comptes
L?aide financière de l?Union européenne est nécessaire afin d?aider le pays à faire face à la fin des quotas et des tarifs préférentiels dont jouit le sucre mauricien. La centralisation fait partie intégrante de la réforme sucrière entamée. Le décaissement des fonds de l?Union européenne dépend de la mise en application de la réforme sucrière et de la stratégie d?adaptation pluriannuelle qui doit prendre forme entre 2006 et 2015. La somme de 300 millions d?euros, soit Rs 13 milliards, sous forme de mesures d?accompagnement ou de reliquat des Fonds européens de développement, est dans la balance. Si les trois usines ne ferment pas, on peut s?attendre à ce que l?Union européenne demande des comptes.
Publicité
Publicité
Les plus récents