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Médicaments suspects : le ministre de la Santé donne sa version

10 mai 2007, 00:00

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● Comment a été mise au jour l?affaire des médicaments de qualité douteuse ?

Il serait prématuré d?arriver à des conclusions pour l?heure. Il est question d?un rapport venant d?un laboratoire sud-africain, qui a jugé que quatre médicaments proposés dans les hôpitaux ne correspondaient pas aux normes. Il s?agit de deux médicaments destinés aux asthmatiques, d?un médicament pour traiter le diabète et d?un remède prescrit pour soigner l?hypertension.

Cependant, ces résultats sont vivement contestés par les fabricants, qui ont fourni des explications. Celles-ci ont été envoyées au laboratoire sud-africain. Et nous attendons de voir ce qui en sortira.

● Est-ce à dire que le laboratoire a commis des erreurs ?

Nous n?avons aucune certitude. Mais nous sommes en présence de contestations et nous allons en tenir compte. Nous ne sommes pas là pour défendre quiconque. Et s?il y a eu des problèmes, nous en parlerons, au nom de la transparence. Les fabricants éventuellement mis en cause seront blacklisted. Mais avant d?arriver à de telles conclusions, il nous faut être prudents : il y a probablement une marge d?erreur.

● Comment en arrive-t-on à choisir un laboratoire dont les résultats sont ensuite remis en question ?

Le laboratoire est un centre réputé en Afrique du Sud. C?est un des centres d?analyses recommandés par l?Organisation mondiale de la santé (OMS).

● Le ministère de la Santé, à la suite de ces résultats, a-t-il retiré ces médicaments du circuit hospitalier ?

Ce sera toujours la première démarche. Et pour rassurer le public, c?est ce que nous ferons si, dans le futur, nous découvrons de telles anomalies. Cependant, en ce qui concerne ces médicaments mentionnés plus tôt, les stocks étaient déjà épuisés au moment de la décision. Ces médicaments avaient été achetés avant 2005.

● Il nous revient que les exigences de l?OMS à ce sujet ne sont pas suivies?

Je ne crois pas. Pour l?achat des médicaments, l?OMS exige qu?il y ait des inspections des laboratoires et que le médicament soit vendu dans le pays d?origine. Sauf que ce deuxième critère fait parfois l?objet de dérogations. Et pour ce qui est de retracer toutes les étapes de la production, la question ne se pose pas car nous traitons directement avec les fabricants. Nous n?achetons pas des ?traders? indiens.

● Quelles sont les garanties que nous avons en ce qui concerne l?assurance de qualité ?

Bien avant l?achat, nous exigeons une série de documents dont un Certificate of Analysis, un Good Manufacture Practice, délivrés par une instance régulatrice locale, et un Certification of Pharmaceutical Products.

Mais l?étape la plus importante reste un laboratoire de qualité que nous comptons mettre en place à Réduit, et qui sera prêt en décembre. Nous prévoyons deux phases : la première inclura la possibilité d?analyser quelques médicaments alors que la deuxième phase va permettre des tests pour une plus large palette.

Depuis, j?ai demandé que des tests se fassent plus régulièrement en Afrique du Sud, pour nous assurer de la qualité de nos produits.

● Le fait de choisir le ?lowest bidder ? peut fausser la donne pour ce type d?achats?

C?est un des critères mais il n?est pas exclusif. Je ne crois pas que les techniciens le feront au détriment de la qualité. Ce serait trop grave. Je veux rassurer le public : il ne faut pas qu?il y ait une psychose. Jusqu?à preuve du contraire, les médicaments étaient bons.

Propos recueillis par Jane L.O?NEILL

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