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Les bons comptes de la STC

29 avril 2007, 00:00

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Il y a de quoi pavoiser. Une institution commerciale appartenant à l?État, à savoir, la STC, qui croulait sous des dettes évaluées à environ Rs 2 milliards il y a un peu moins de deux ans, se vante maintenant d?avoir réalisé a positive balance de Rs 17 millions en février. Certains attribuent cette bonne performance aux résultats favorables produits par l?application de l?Automatic Pricing Mechanism (APM). Introduit le 3 avril 2004, l?APM sert à calculer et à fixer sur une base trimestrielle le prix des produits pétroliers.

Une des composantes qui entre dans le calcul savant du prix auquel les carburants doivent etre vendus est l?item Expenses incurred by the Corporation for the importation of petroleum products. Il s?agit d?une marge incluse dans le prix de vente des produits pétroliers, et qui compense la STC pour les dépenses encourues pour leur importation.

L?entrée en vigueur d?une nouvelle majoration

Or, depuis début 2007, cette marge a sensiblement augmenté. Elle est passée de Rs 0,1589 sur chaque litre d?essence vendu depuis l?introduction de l?APM à Rs 1,1589 en janvier 2007. La marge sur le prix de vente d?un litre de diesel qui, en 2004, était de Rs 0,1597 sous a été majorée d?une roupie dès janvier.

Le volume de carburant (essence et diesel) vendu entre janvier et mars a été de 31 261 287 litres et 46 402 076 litres respectivement. Ce qui a assuré une rente nette de Rs 90 millions (Rs 36 228 705 et Rs 53 812 487 respectivement) à la STC.)

La déclaration que Rajesh Jeetah, ministre du Commerce et de l?Industrie, a faite à l?express le 17 janvier, après l?entrée en vigueur de la nouvelle majoration contribue à créditer, dans une très large mesure, la thèse selon laquelle c?est la majoration des expenses incurred qui pourrait être à l?origine de la « balance positive » qu?invoque le communiqué du Conseil des ministres.

La performance est en effet impressionnante, quand on sait que le ministre Jeetah avait indiqué à l?époque que :« La STC présente aujourd?hui une ardoise nettement plus propre que dans un passé récent. En décembre de l?année dernière, les pertes de cet organisme s?élevaient à Rs 68 millions seulement contre Rs 2 milliards en juillet 2005. Ce n?est qu?un début. L?effort d?assainissement se poursuit. La STC va générer un chiffre d?affaires de Rs 26 milliards cette année. »

Il n?est pas interdit d?assumer que si la marge de la STC n?avait pas été majorée, la baisse du prix des produits pétroliers intervenue en janvier aurait pu être plus conséquente. Le prix d?un litre d?essence est passé de Rs 40,60 à Rs 32,50, celui du diesel qui était jusqu?ici de Rs 30,20 est tombé à Rs 26,50.

Les choses pourraient ne pas en rester là

Les choses pourraient ne plus en rester là. Comme la recette de la majoration de la marge marche à merveille pour renflouer les caisses, la tentation d?y avoir recours, une fois encore, semble forte.

Une source autorisée explique que le recours à la majoration de la marge destinée à la STC, qui ne peut s?enclencher qu?avec l?aval du gouvernement, pourrait connaître une nouvelle hausse de 46 sous à compter d?avril.

Si le calcul est effectué sur la base du volume de vente de l?essence et du diesel du trimestre précédent, la STC pourrait encaisser un peu plus de Rs 125 millions pour le seul trimestre qui s?étend du 1er avril au 30 juin. Rajesh Jeetah, qui se trouvait à Rodrigues samedi dans le cadre d?une rencontre avec les opérateurs économiques de l?île, n?a pas souhaité commenter cette situation malgré les nombreux messages laissés auprès de son attaché de presse. Pour sa part, Mosadeq Sahebdin, porte-parole de l?Institute for Consumer Protection, soutient que c?est de la poche du consommateur que la STC puise désormais ses rentes.

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