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Artisane au pays des merveilles
Une simple phrase a changé la vie de Nathalie Laridain. En effet, elle a tout plaqué en Europe lorsqu?une amie lui a dit un jour : ?On prend un aller simple pour la Réunion ?? Stressée par son rythme de travail ? 15 heures par jour ?, c?est sans regrets que Nathalie quitte son emploi de pâtissière dans un hôtel cinq-étoiles en Angleterre pour ?vivre l?aventure des îles?.
C?est ainsi qu?elle atterrit, il y a un peu plus de six ans à l?île s?ur. ?D?abord, il y a la nature qui m?a complètement éblouie et puis un petit homme est venu sur ma route...? Son parcours l?amène à Maurice et plus précisément à Coteau-Raffin où elle vit avec son mari, Steeve, et leur fils, Jérémy, depuis cinq ans.
Nathalie a toujours aimé le contact de la nature et la création mais c?est à Maurice qu?elle se lance vraiment dans l?artisanat de manière professionnelle. Une activité passagère qui se mue en véritable passion. ?C?est comme si j?étais née à Maurice à l?âge de? 30 ans. C?est la nature qui me stimule, qui m?inspire et qui me fait jouer avec les matières, les formes et les couleurs.?
Plus que des objets, ses créations sont des ?uvres où elle met tout son c?ur. ?C?est plus de l?art pour moi et parfois je n?ai pas envie de les vendre mais de les donner à un musée.? Ses bijoux tels les colliers, boucles d?oreille, bracelets, bougies en coco, cadres et autres, tout est fabriqué à partir des éléments naturels.
?J?utilise tout ce qui me tombe sous la main. Les coquillages, les perles et les noix de coco, les graines de cana, de sipay ou encore les graines du diable comme on les appelle ici.? Pour Nathalie, l?essentiel est d?utiliser des éléments qui se régénèrent. Elle privilégie donc uniquement ceux qui ont leur place dans le cycle de la nature.
Pendant un an, Nathalie vend ses créations chez Natangel, une boutique qu?elle ouvre avec une collaboratrice à La Gaulette. Mais la notion de vente freine son esprit créatif et elle préfère exposer ses ?uvres dans un showroom installé à domicile. Cette proximité lui permet de se concentrer entièrement sur son travail tout en recevant des clients. C?est d?ailleurs ce qui lui permet de développer un service personnalisé selon les goûts et les couleurs de chacun.
Elle expose ses bijoux et ses accessoires dans un des hôtels du groupe Appavou où son mari tient une échoppe, deux fois par semaine, ouverte à plusieurs artisans qui veulent faire connaître leurs produits. ?Cela permet de se faire connaître des touristes et la vente est assez aisée.?
Plongée plus qu?à plein temps dans ses perles, graines et coquillages, les yeux pétillants et tout sourire, Nathalie fait des merveilles. Mais cela lui demande du temps et de la patience. Certaines pièces lui demandent parfois jusqu?à dix heures de travail. ?Ce n?est pas l?usine mais je fais de tout. Je pars à la cueillette dans la nature, j?épluche, je nettoie et je vide les éléments dont je vais m?en servir.?
?J?estime que c?est important d?arriver à faire reconnaître le produit mauricien mais tout cela demande du temps. Cela veut dire aussi qu?on a besoin d?aide et de personnel.?
Certains jours, Nathalie ne fait que percer et cela peut lui prendre entre trois et quatre heures car cela demande de la précision. Puis il y a l?assemblage qui est facile si les modèles sont simples, mais si les commandes sont compliquées, comme, par exemple, un collier en toile d?araignée, cela peut la mobiliser pendant trois heures? ?Je ne fais que des pièces uniques et les unes sont aussi passionnantes que les autres.?
Nathalie a des projets plein la tête. Brochures, site web, vente en ligne, exportation? ?Je souhaite aussi montrer autre chose que les produits qu?on connaît déjà à l?extérieur. Les clients étrangers auront un autre regard sur mes créations parce que c?est fabriqué à Maurice avec des produits mauriciens.?
Son autre but de créer un site web, c?est de pouvoir s?ouvrir à des expositions en galerie. ?J?essaye de suivre la mode et d?innover sans cesse tout en gardant mes techniques, mes idées et des produits mauriciens. Je veux développer ces nouveaux créneaux car le tourisme est un secteur trop instable et il n?y a pas de sécurité financière pour les artisans. J?estime que c?est important d?arriver à faire reconnaître le produit mauricien mais tout cela demande du temps. Cela veut dire aussi qu?on a besoin d?aide et de personnel.?
Comme quoi malgré la passion qui l?habite, Nathalie reste lucide face aux obstacles. ?Il faut vraiment être passionné pour faire de l?artisanat à Maurice et il faut surtout y croire. C?est une activité qui prend tout mon temps, de jour comme de nuit, sans arrêt.? Des problèmes, elle en connaît un rayon aussi. ?Il y a très peu de reconnaissance pour ce genre de travail et il y a aussi ceux qui piquent les idées et qui copient les modèles sans compter les problèmes d?importation car les bijoux de fantaisie de l?extérieur se vendent à des prix défiant toute concurrence.?
Plus d?une fois, Nathalie a failli baisser les bras mais la passion est la plus forte. Celle de créer des merveilles à partir de la nature de notre île qui est devenue la sienne?
<B>Maya de SALLE ESSOO</B>
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