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Plus de 500 conteneurs destinés à Maurice débarqués à Durban

30 mars 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Cela fait plus d?un mois que Gamede a visité la région, mais le secteur du commerce maritime continue à ressentir les effets du cyclone. Nombre de commerçants attendent toujours leurs conteneurs de marchandises. L?explication : conjuguée au fait que la mer était démontée pendant plus de deux semaines après le cyclone, la congestion dans le port a forcé un grand nombre de navires, en attente au large de Port-Louis, à mettre le cap sur l?Afrique du Sud, sur Durban en particulier.

Au total il y aurait ainsi plus de 500 conteneurs de marchandises destinés à Maurice toujours bloqués à Durban, où ils ont aussi joué de malchance. En effet, la mer déchaînée pendant plus de quatre jours est venue compliquer l?exercice de manutention. Ils pourraient enfin être déchargés à Maurice dans les jours qui viennent. Dan Bhima le président du conseil d?administration de la Cargo Handling Corporation (CHC), a déclaré à l?express que la situation se décante dans le port depuis quelques jours.

Selon des recoupements d?information auprès des commerçants et compagnies maritimes concernés, ces conteneurs transporteraient des boîtes de conserve, du lait en poudre, des biscuits, des chocolats, des produits de luxe ? parfums, chaussures, sacs à main ? mais aussi des marchandises périssables. Des produits frigorifiés, tels que la viande, et des surgelés se trouveraient également dans ces conteneurs. Si ces conteneurs frigorifiés ne sont pas branchés au réseau électrique assez vite, ces produits risquent de s?avarier, estime un commerçant qui a déjà vécu cette situation dans le passé.

D?autres commerçants commencent à s?inquiéter à l?idée de recevoir leurs produits après la fête de Pâques. ?Ce sera une grosse perte pour notre business qui est déjà au ralenti depuis plusieurs mois?, estime l?un d?eux.

Au cas où leurs marchandises se seraient abîmées en mer, ce sont les compagnies d?assurances qui devront encourir les frais. Mais là encore, tout dépend du type d?assurance. Et les délais de remboursement risquent d?être très longs.

Robert Hungley le président de l?Association professionnelle des transitaires (APT) estime que la situation ?est très grave pour le commerce maritime et pour l?image de Port-Louis comme port stratégique dans cette région du monde?. S?il admet que les aléas du climat sont venus bouleverser le calendrier de manutention dans le port, il affirme qu?une mauvaise planification serait aussi responsable de la situation.

Il a ainsi dénoncé les portiques défectueux au mauvais moment et le manque d?équipement au niveau de la CHC. Il fait aussi remarquer que l?ancien parc de conteneurs est sous-utilisé.

Le responsable de l?APT déplore aussi une ?mauvaise coordination entre la douane et la CHC?. Il se demande aussi pourquoi les conteneurs sont scannés de 7 à 21 heures chaque jour, et cela, bien que la CHC travaille 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Pire, avance Robert Hungley, la douane ?cesse de travailler les samedis à 13 heures et ne scanne pas les conteneurs les dimanches?.

Il a aussi constaté que des conteneurs de produits textiles et autres articles destinés à l?exportation sont très en retard. ?Cela risque de nuire à notre image comme exportateur de textile et de produits non textiles. C?est le pays qui risque d?en pâtir.?

Mais la CHC réfute ces arguments, estimant qu?elle travaille normalement et que le problème lié au fret et aux équipements est conjoncturel, et qu?il est dû à Gamede.

Dan Bhima précise que c?est à la douane de trouver la formule idéale pour travailler de pair avec la CHC afin qu?il n?y ait pas de goulot d?étranglement lors du scanning des conteneurs même tard la nuit. L?ancien parc de conteneurs de Mer-Rouge, annonce-t-il, sera du reste réhabilité de façon que des équipements sophistiqués puissent y être installés pour la manutention.

Pour ce qui est de la livraison des marchandises, la CHC maintient que tout se fait normalement. Elle déclare que de nombreux commerçants refusent de travailler au-delà de certaines heures. Une situation que certains d?entre eux tiennent à expliquer : ?Comme nos entrepôts sont situés dans la capitale et dans ses périphéries, on ne peut prendre le risque de travailler à des heures tardives. Il y a beaucoup d?insécurité le soir dans la capitale. Et là, c?est aux autorités de prendre des décisions qu?il faut.?

Il faudra attendre au moins trois semaines pour que la situation retourne à la normale à Port-Louis. Et là encore, si un autre cyclone ne vient pas jouer les trouble-fêtes.

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