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Sofia
Sur la route de Ouagadougou, une jeune fille, Sofia se dispute avec son ami et se retrouve abandonnée seule au bord de la route, en pleine brousse. Faisant de l?auto-stop, elle tombe sur un jeune musicien qui lui aussi s?en va vivre à la ville. Partant tous les deux vers l?inconnu, ils sympathisent, tombent amoureux et décident qu?à deux, l?aventure sera plus facile à vivre. Mais cet amour ne sera pas tout rose, il y aura aussi quelques épines. Chronique des amours contrariées d?une jeune vendeuse de Ouagadougou et d?un chanteur talentueux mais fauché, Sofia creuse le sillon toujours porteur de la comédie romantique. Ses tribulations ne dépareraient pas un roman de Barbara Cartland, mais, dit la critique, ?la clef de son immense succès est ailleurs : dans le miroir saisissant de vérité que cette jeune et jolie célibataire tend à toute une génération de jeunes Ouagalais. (?)Plus loin, ce sont des figures emblématiques de la ville qui font vibrer la salle : rond-point des cinéastes, café le showbiz, centre culturel français, maquis et petits restaurants à la mode. Décors, costumes, dialogues? jusqu?au bissap que dégustent les personnages : dans Sofia, tout est local.?
A 42 ans, Boubakar Diallo arbore un CV impressionnant. Après le baccalauréat, ce fils de vétérinaire a abandonné ses études pour devenir journaliste, après une brève incursion dans le commerce. Dans les années 1990, les effluves du printemps démocratique africain le convainquent de lancer le Journal du Jeudi, un hebdomadaire satirique, cousin burkinabè du Canard enchaîné. Hyperactif et graphomane, à l?instar de son héros Georges Simenon, il trouve entre deux bouclages le temps de ficeler deux romans policiers, un recueil de contes, plusieurs scénarios. Diallo pense en auteur, mais parle comme un entrepreneur, martelant des phrases comme ?Toute activité doit avoir une logique économique. Le jour où le robinet des subventions est coupé, il n?y a plus de cinéma africain. Or, pour moi, de Dakar à Libreville, il y a un seul et même public. C?est dommage de ne pas s?appuyer dessus. ? Après avoir terminé le scénario de son deuxième film, Traque à Ouaga, il a hésité. ?J?aurais pu lever des fonds par les réseaux classiques, institutions et fondations européennes. J?ai réfléchi. Je me suis dit que si j?en passais par là, je mettrais au moins deux ans à monter mon projet, et encore, en ayant de la chance !?
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