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Chelsea-Arsenalle choc des idées

25 février 2007, 00:00

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Mourinho est certainement le manager de la Premier League le plus pragmatique, un homme pour qui la fin justifie les moyens. Son instinct footballistique est basé sur une défense de fer et un travail d?équipe énorme, associés à un tempo très british.

A contrario, Wenger est perçu comme un dilettante de la Premiership, un amoureux du beau football et du jeu à une touche de balle, un manager qui pense que le football doit donner du plaisir. Et le plus souvent pratiqué par des étrangers?

Ce soir, nous aurons les ingrédients pour vivre un face-à-face intrigant et excitant entre des bleus et les rouges qui vont exporter leur éternelle lutte pour la suprématie londonienne au Millenium Stadium de Cardiff, pour la dernière fois avant la réouverture de Wembley.

Si l?on se place du point de vue des supporters neutres (dont la plupart supporte Manchester ou Liverpool), ce sera une belle opportunité de voir un choc entre deux équipes du ?big four? anglais avec l?espoir que Wenger emporte la mise.

Car il faut bien avouer que Chelsea ne s?est pas encore imposé comme une évidence aux yeux du football mondial depuis que Roman Abramovich a décidé de venir déverser ses pétrodollars du côté de Stamford Bridge, étant devenu même encore plus détestable cette saison?

Parler de Chelsea ne veut pas nécessairement dire qu?on fait référence à un super football et de grandes conquêtes.

On pense plutôt aux millions de livres, aux transferts démesurés et à l?opulence qui règne autour du club.

On repense à un footballeur de la trempe de Shaun Wright-Phillips, qui est sous-utilisé. A l?arrogance et les relations orageuses entre Mourinho et Abramovich. Aux £ 31 millions d?Andreï Shevchenko et aux £ 150 000 par semaine que touche Michael Ballack, deux joueurs recrutés pour alimenter la star system au sein du club mais qui n?auront été qu?un formidable gâchis.

Il est difficile de s?enflammer pour un club qui traîne une image aussi laide alors qu?Arsenal est tout le contraire. Peu importe qui Wenger va faire jouer, que ce soit l?équipe première ou les jeunes qui l?ont rendu si fier durant toute cette compétition qui les a notamment vu planter six buts à Liverpool. Arsenal c?est un vrai régal à voir jouer.

Mais, attention, la question pour un champion arrive tout de suite? Pourquoi donc les Gunners sont-ils à quelques 20 points du leader dans la course au titre me direz-vous ? La question est lapidaire pour la bande à Wenger? Même si on peut répondre que cette équipe n?a qu?une moyenne d?âge de 23 ans à faire valoir et une inconstance chronique qui ne pardonne pas au niveau statistique.

Dans un bon jour, Cesc Fabregas est le milieu de terrain le plus créatif de la Premiership du haut de ses 19 ans, Kolo Touré est un vrai roc en défense et Emmanuel Adebayor, Julio Baptista et Thierry Henry de puissants attaquants.

S?il fallait leur trouver un défaut ce serait la philosophie de Wenger basé sur un bon jeu de passe et le mouvement. Trop souvent, les Gunners sont gênés et se retrouvent coincés devant des formations recroquevillées en défense. Wenger n?est pas du genre à pratiquer un football direct et nul ne songerait à l?encourager à le faire, tellement son équipe est belle à regarder quand elle joue.

L?issue de la partie de ce soir pourrait dépendre du nombre de jeunes que Wenger entend lancer au Millenium Stadium. En abuser pourrait conduire à perdre le premier trophée de la saison face à une formation aussi chevronnée et expérimentée comme Chelsea.

Du côté de Mourinho, il faut avouer qu?il a traité la compétition avec respect depuis le début, même lorsqu?il devait se coltiner Wycombe en demi-finale. Il a toujours aligné des équipes solides et fera tout son posible pour conquérir la League Cup, ce qui l?aiderait grandement dans le bras de fer entamé avec Abramovich.

Le match promet aussi de fascinants duels. Le très précoce Fabregas face à l?expérimenté Frank Lampard. La puissance de Didier Drogba contre la finesse d?Henry. Les jeunes loups gunners face à une défense décimée de Chelsea, amputée de Terry et Boulahrouz.

A bien voir, si Arsenal répète la performance qu?il avait réussie en championnat face aux champions en titre (qui s?en étaient tirés avec un nul heureux grâce à une perle d?Essien en fin de partie), il pourrait bien enlever la décision ce soir, ce qui ne serait que justice vu le parcours accompli dans l?épreuve dépuis le début.

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