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Entre le droit et autre chose

20 février 2007, 00:00

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Avoir des géniteurs pour avocats ne signifie pas forcément le devenir soi-même. C?est à cette fatalité-là que Pascale Bibi tente inconsciemment d?échapper. Elle est la fille de Jean-Claude Bibi, avocat en exercice et d?Evelyne, enseignante d?histoire qui détient aussi un diplôme de droit.

Après avoir obtenu un Bachelor?s degree en Histoire à la prestigieuse université de Yale aux États-Unis, la jeune fille s?accorde une année pas du tout sabbatique à Maurice. Elle a en effet pris de l?emploi comme consultante à BLC Chambers, dirigé par l?avocat d?affaires Iqbal Rajaballee.

Pascale Bibi n?a de mauricien que son look métissé. Pour ce qui est de son expression orale, c?est de l?Américain pur avec cette légère intonation nasillarde propre à ce peuple. Si Pascale apprécie ses responsabilités présentes à BLC Chambers, ce n?est pas pour autant qu?elle compte s?orienter vers le droit des affaires. Univers dans lequel elle a déjà plongé pendant un an et demi à New York avant de rentrer au pays.

?J?ai travaillé comme assistante légale pour une firme de droit, la Sidley Austin, à New York. Son plus gros client est Merrill Lynch, importante banque d?investissement. Je trouve le droit des affaires nettement plus intéressant à Maurice car ici, nous voyons les résultats rapidement car le marché est petit. Nous arrivons à entrevoir les tendances futures de l?économie. Par contre, je résumerai le travail de la firme légale à New York à de l?échange d?argent sur Wall Street. Mais si je trouve toutes ces transactions intéressantes, je sais que je ne ferai pas cela pour le restant de mes jours.?

De par les différentes attributions de son père, Jean-Claude, avocat, qui a été successivement ambassadeur de Maurice en Australie et à Madagascar, Pascale a beaucoup voyagé durant son enfance, quittant le pays à un an pour n?y revenir qu?à 11 ans. Le droit a fait partie intégrante de sa vie car souvent, son père discute de ses cas avec elle. C?est voulu car le désir de son père est qu?elle suive ses traces.

Pascale qui adore l?histoire, la lecture et l?écriture, ne l?entend pas de cette oreille et se voit plutôt journaliste. C?est à la suite d?un excellent résultat de Baccalauréat International au Bocage International School ? elle obtient la seconde meilleure note parmi tous les bacheliers de l?école ? qu?elle fait des demandes d?admission auprès de neuf universités américaines dont celle de Columbia et celle de Yale. La première a la meilleure faculté de journalisme du pays alors que la seconde est considérée comme la troisième meilleure université aux États-Unis, avec la faculté d?histoire la plus réputée.

Le destin veut qu?elle reçoive son acceptation à l?université de Yale avant celle de l?université de Columbia. Et lorsque la direction de Yale apprend que la bourse que lui offre l?université de Columbia est plus généreuse, elle fait une surenchère et accepte de financer ses quatre ans de Bachelor?s degree à hauteur d?environ 130 000 dollars américains, soit près de Rs 4 160 000. ?J?étais déchirée entre ces deux universités. Mes parents voulaient que j?aille à Yale et ont fait pression sur moi.?

Ce qui achève de faire pencher la balance est que l?université de Yale possède un programme des pairs qui fait que l?étudiant accepté se voit être contacté par d?autres déjà admis qui lui font se sentir ?voulue et accueillie à bras ouverts?. Comme aux États-Unis, le droit n?est enseigné en tant que matière à part entière qu?en troisième cycle, elle opte pour l?histoire car selon elle, pour comprendre le monde contemporain, il faut fouiller son passé.

Mais un de ses modules a trait au droit et Pascale est instinctivement attirée par le sujet. ?C?est une inclinaison naturelle car j?ai baigné dans un environnement de droit. J?aime la logique du droit et son analyse. C?est une façon d?explorer le gris de la vie.?

?Etre à Yale, c?est faire partie d?une communauté et côtoyer les intelligences vives les plus diverses. Ce fut des années bien remplies.?

Pascale est intarissable d?admiration au sujet de l?université de Yale. ?Ces quatre années ont été incroyables. J?étais dans le meilleur département d?histoire des États-Unis. Les élèves sont exposés aux chargés de cours les plus brillants et ont accès aux connaissances de première main. Être à Yale, c?est faire partie d?une communauté et côtoyer les intelligences vives les plus diverses. Ce fut des années bien remplies.?

Avant même d?avoir terminé leurs études, les étudiants de Yale se voient offrir des emplois, généralement par les banques et les sociétés financières. C?est à ce moment-là que Pascale a atterri à Sidley Austin. Alors qu?elle est censée y rester deux ans, elle n?y passe qu?un an et quelques mois. ?Les horaires de travail sont longs. Nous commencions à 9 heures pour finir généralement vers 23 h 30. Rentrer tôt signifiait être à la maison à 20 h 30. J?ai fini par ressentir que j?étais aux États-Unis depuis trop longtemps. J?avais besoin d?un break d?un an de ce pays.?

D?où son retour à Maurice qu?elle considère son pays. Mais avant de s?en aller, elle a tout de même rempli les formalités en vue d?intégrer une faculté de droit. Elle a pris part à l?examen conduit par le Law School Admission Council et l?a brillamment réussi. Elle a cinq ans pour faire ses applications au sein de diverses facultés de droit. Mais Pascale n?est plus tellement sûre de vouloir être avocate. ?Mon envie de faire le droit n?est que de 50 %. J?ai encore quelques mois pour me décider.?

Ce qu?elle sait en revanche, c?est qu?elle veut s?installer à Maurice au final mais pas pour y exercer en tant qu?avocate car ?il n?y a que deux domaines du droit : les litiges qui sont certes divertissants mais où il faut sans cesse faire un show et le droit des affaires qui est intéressant mais monotone. Car on n?y traite que du business et pas des gens. De plus, si je m?installe ici, je crois pouvoir apporter ma contribution à d?autres domaines, notamment les domaines éducatif et social?.

Si elle change d?avis toutefois, deux possibilités s?offrent à elle : elle peut étudier le droit aux États-Unis mais comme le diplôme de Doctor of Jurisprudence qui y est délivré, n?est pas reconnu à Maurice, elle devra se remettre aux études une fois rentrée.

Elle peut aussi faire de même en Grande-Bretagne après avoir obtenu une conversion de son Bachelor?s degree. La dernière option est de repartir pour les États-Unis pour faire autre chose, c?est-à-dire travailler pour une organisation engagée. Option qui ne devrait assurément pas plaire à papa Bibi?

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