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La vie inspirée et édifiante de Rozemont et de Sahadeo

23 janvier 2007, 20:00

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Fin janvier 1982, L?Unité, l?hebdomadaire de la Jeunesse travailliste, animé par Krishnaduth Bhorra, Ramesh Balgobin, Amba Chinien, Siddick Boulaky et Nanda Armoogum, financé par le Belle Vue Hippic Club, proche de l?auteur de Misère Noire, publie deux articles biographiques consacrés à Guy Rozemont et au pandit Sahadeo.

Guy Rozemont, en dépit de son engagement intellectuel limité, nous inspire à plus d?un titre, y est-il souligné. Né du peuple, il est socialiste par conviction. Il naît au 44 de la rue de Souillac, Port Louis, le 14 mai 1910. Son père, Joseph Alexis Anatole Rozemont, est un employé d?Ireland Fraser. Ses parents s?installent à Beau Bassin, lui permettant de fréquenter l?école St-Enfant Jésus. Il fait quelques mois au CRC puis passe au Saint-Joseph. Son père meurt en 1931. La famille quitte Curepipe pour s?installer de nouveau à Beau Bassin. La misère s?installe au foyer. Rozemont accepte un emploi de laboureur sur le chantier de construction de l?usine de maïs à Richelieu. Il s?engage comme mousse sur un voilier. Il enseigne dans une école aux Quatre Bornes avant de prendre de l?emploi chez Desvaux, un propriétaire de Case Noyale. Malade, il doit rentrer chez sa mère, rue Virgile-Naz, Rose Hill. Son frère Philippe et lui acceptent d?aller charger la canne à l?usine sucrière de Mon Désert, Saint-Pierre. Après la coupe, Guy prend de l?emploi chez Raphael Fishing et reste aux îles jusqu?en 1938. Il rentre à Maurice mais ne peut donner suite à son projet de devenir policier, ayant eu le bras droit broyé dans un accident de la route. L?autobus, dans lequel il prend place, est pris en écharpe par un autre véhicule.

Le 22 janvier 1940, Radio Maurice diffuse un séga, accusant le fondateur du PTr, le Dr Maurice Curé, de détournement de fonds. Il veut poursuivre Charles Jollivet mais ne dispose pas de témoins en sa faveur. De guerre lasse, il songe à baisser les bras quand Guy Rozemont accepte de témoigner en sa faveur et lui permet ainsi d?obtenir gain de cause. Il collabore au Peuple Mauricien de Curé mais ce journal cesse bientôt de paraître. Ruiné irrémédiablement, le Dr Maurice Curé abandonne la présidence de son PTr à Emmanuel Anquetil. Celui-ci, Rozemont et Sahadeo s?installent dans un petit local de la rue Rémy-Ollier, P-Louis. Ils sillonnent l?île pour les besoins du parti et du syndicalisme. Rozemont fait son premier meeting public le 1er mai 1941 au théâtre de Port Louis. Son discours imagé fait merveille. Il devient secrétaire du PTr. Le 26 août 1942, toujours au théâtre de Port Louis, il réclame la reconnaissance officielle du syndicalisme. Des difficultés financières l?obligent à prendre de l?emploi comme medical orderly à l?hôpital militaire de Curepipe (le collège Saint-Joseph). Le 29 décembre 1946, Anquetil succombe à une pneumonie. Rozemont devient le 3e président et leader du PTr. Il combat toutes les tentatives du patronat de détourner, en sa faveur et au détriment de la classe ouvrière, les débats constitutionnels de 1946-47. Le PTr décide de présenter Rozemont, Edgar Millien, Renganaden Seeneevassen et Gontran Zamudio, à Port Louis, aux élections législatives d?août 1948. Les candidats travaillistes seront battus, dans les régions rurales, par des candidats d?origine indienne, dont S. Ramgoolam, H. Vaghjee, A. Beejadhur, J.N. Roy, S. Bissoondoyal.

Rozemont participe, en 1949, à un congrès du Travail à Londres. En 1952, il scelle l?alliance entre Seewoosagur Ramgoolam et le PTr. Il est réélu aux législatives d?août 1953 ainsi que 12 autres candidats travaillistes. En 1955, il vote l?expulsion de son frère Philippe. Lui-même échappe de justesse à une motion de blâme. Le 17 septembre 1955, sa femme, née Cummins, succombe à une crise cardiaque. Il se rend à Londres pour participer à une conférence constitutionnelle, avec G. Forget, R. Rault, R. Seeneevassen et S. Ramgoolam. Malade, il est hospitalisé. Il revient à Maurice diminué. Il meurt le 22 mars 1956 à l?hôpital Candos, après avoir signé la lettre de démission collective des conseillers municipaux travaillistes de Port Louis. Ses nombreux amis et partisans lui font des funérailles populaires à défaut d?être nationales.

Le pandit Sahadeo est tour à tour compagnon de lutte et de travail de Mohandas Karamchand Gandhi, de Maurice Curé et d?Emmanuel Anquetil. Maurice Curé lui demande de raconter ses années de lutte avec Gandhi. Subjugué, il lui propose de participer au meeting de création du PTr, le 23 février à Port Louis. Il fonde avec lui l?Agricultural Labourers Union. Il consacre désormais sa vie à la lutte syndicale et politique. Il participe à de nombreuses réunions de travail avec le procureur général Hooper. L?intransigeance du GM et du patronat oblige les travailleurs à se mettre en grève pour faire entendre leur voix. A Union Flacq, le patronat tire sur la foule et quatre travailleurs sont tués. La Commission Hooper enquête sur cette fusillade. Sahadeo en informe le All India Congress. Hooper recommande la création d?un département du Travail qui est confié au syndicaliste anglais Kenneth Baker. En 1938, six inspecteurs du Travail sont nommés. Anquetil crée l?Engineering and Technical Union. Le gouvernement accepte alors de dialoguer avec les syndicats et la classe ouvrière.

Sahadeo est en désaccord avec Rozemont quand ce dernier manigance pour écarter Curé de la direction du PTr. Il se retire alors au Gandhi Ashram, à Glen Park, Vacoas. Il enseigne le tissage à de nombreux jeunes. Il rompt sa retraite et son silence politiques pour condamner la répression travailliste et duvaliste qui s?abat, en 1971, sur le MMM et sur les syndicats d?obédience militante. Les contestataires du PTr ne parviendront pas non plus à obtenir son soutien.

Il meurt à la fin d?octobre 1978.

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