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Navin Ramgoolam promet le ?renouveau?

2 janvier 2007, 00:00

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Que vient-on dire à la Nation en ce début d?année tout en sachant que les Mauriciens ont passé des moments difficiles en 2006 avec leur pouvoir d?achat qui s?effrite à vue d??il ? Comment fait-on face à ceux qui, lorsque quelque chose ne va pas, blâment le gouvernement ? Situation difficile et délicate dans laquelle s?est retrouvé le Premier ministre, dimanche, jour où il a enregistré son discours de fin d?année à Clarisse House. Un discours diffusé hier soir sur MBC 1.

Au départ, quelque peu sur la défensive, Navin Ramgoolam a tenu d?abord à promouvoir une image sérieuse de son gouvernement en énumérant les réalisations au cours de l?année écoulée. Et cela, il ne pouvait le faire sans répondre aux critiques dont il a fait l?objet ces derniers temps notamment pour ses voyages à l?étranger. Mais il n?y fait pas directement référence. Il y répond de manière détournée : ces voyages ? qu?il appelle ?diplomatie économique très agressive? ? ont été essentiels, laisse-t-il entendre, au regain de confiance des pays amis et des investisseurs étrangers dans le pays.

Et entre les différents thèmes qu?il aborde, Navin Ramgoolam choisit de rappeler à plusieurs reprises que ?nous n?avons pas le choix?, comme pour bien montrer sans l?affirmer que la réforme économique n?est pas en train de se faire de gaieté de c?ur.

<B>Des mesures ?difficiles?

Le Premier ministre ne mentionnera pas du tout le budget de la discorde mais son discours est construit autour des mesures ?difficiles?. Des mesures qu?il ne prend plus la peine de défendre. ?Nous avons mis un arrêt au déclin du pays (?) Nous avons mis en place ce qui aurait dû être fait depuis longtemps.? Les mesures sont expliquées brièvement par ce que le gouvernement veut accomplir : ?Amener le pays vers la prospérité économique? et ?faire de Maurice un pays moderne fondé sur la justice sociale.? Et cette politique est présentée comme un fait.

Le seul choix qu?a le Mauricien, c?est de comprendre qu?il faudra faire des sacrifices pour passer le cap de la ?transition?. Mais Ramgoolam prend vite le soin de préciser que cela ne va pas durer longtemps car ?2007 sera l?année du renouveau?.

Entre-temps, assure-t-il, les signes sont là. Avec une baisse du taux de chômage ?pour la première fois depuis 16 ans?, des emplois sont disponibles et d?autres suivront dans les mois à venir. Et mine de rien, le Premier ministre ajoute une menace voilée dans son discours. Il reçoit, dit-il, beaucoup de demandes d?entreprises pour qu?elles puissent importer leur main-d??uvre. En d?autres mots, si les Mauriciens ne veulent pas travailler, c?est leur problème. Le message : le gouvernement fait ce qu?il doit faire, à charge pour les citoyens de faire leur part.

Mais alors que l?on ne s?y attendait pas, le Premier ministre évoque la hausse des prix. Le moment est bien choisi : il aura déjà parlé pendant dix minutes à son auditoire et aura à ce stade réussi à le mettre un peu moins sur la défensive en évoquant peu de temps avant, le pays qui sera ?comme un chantier? avec des emplois à gogo dans tous les secteurs.

<B>?Toute transition drastique est ainsi?

Navin Ramgoolam refuse de culpabiliser sur la hausse des prix et la présente comme la conséquence d?un choix, ce qui rejoint ce qu?il a toujours dit. ?Je sais que cette transition économique est en train de rendre difficile la vie de beaucoup de Mauriciens. Toute transition drastique est ainsi. Je suis conscient des difficultés et je sais ce que vous ressentez quand vous voyez les prix prendre l?ascenseur. Je sais que vous comprenez que le gouvernement n?a pas de contrôle sur ces choses. Mais nous faisons tout pour que les plus faibles soient protégés.?

Sobre tout au long des 15 minutes de son discours, le PM met un peu plus d?émotion dans sa voix à la fin. ?Construire une Nation n?est pas chose facile. Mais si vous êtes sincère, si vous avez la volonté de construire, si vous croyez que l?avenir est dans l?écoute et dans le respect de l?autre, alors vous avez la certitude de réussir.?

Et Navin Ramgoolam aura réussi le pari de terminer son discours en laissant des doutes dans la tête des Mauriciens. ?Je suis heureux et fier, malgré toutes les difficultés, d?être au service de notre pays. Avec notre force et notre énergie, nous allons faire de sorte que 2007 nous emmène vers la prospérité économique.?

La question reste posée : faut-il ou non croire le Premier ministre ? Rendez-vous dans un an?

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