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Clearstream : de Villepin entendu par les juges

22 décembre 2006, 00:00

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Le Premier ministre Dominique de Villepin est arrivé hier au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris pour y être entendu comme ?témoin? par les deux juges d'instruction qui enquêtent sur l'affaire Clearstream, une audition très attendue dans cette affaire de manipulation calomnieuse qui a atteint le sommet de l?Etat.

C'est la deuxième fois dans l'histoire judiciaire française, après Lionel Jospin en 2001, qu'un Premier ministre en exercice répondra à la justice en tant que témoin après un feu vert du conseil des ministres.

Cette audition au pôle financier du tribunal (9e arrondissement de Paris) qui est cerné par la police devrait être très longue.

Dominique de Villepin a toujours démenti toute implication dans ce dossier de faux listings de l?organisme financier luxembourgeois Clearstream. Le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a été entendu en novembre pendant plus de onze heures.

Les listings avaient été envoyés anonymement à la justice en 2004. Ils faisaient apparaître des comptes aux noms de personnalités, parmi lesquelles l?actuel ministre de l?Intérieur, Nicolas Sarkozy, dans le but de faire croire qu?elles avaient obtenu des pots-de-vin lors de la vente de frégates à Taïwan en 1991.

Les juges d?Huy et Pons ont souvent mis Dominique de Villepin au centre de leurs interrogatoires avec la même question en filigrane: a-t-il voulu viser son rival politique en demandant deux enquêtes sur les listings ? Il n?en a jamais informé Nicolas Sarkozy, qui s?est constitué partie civile, ou le Premier ministre de l?époque, Jean-Pierre Raffarin.

Dominique de Villepin a maintes fois répété avoir seulement ?agi dans le cadre? de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères puis de l?Intérieur et n?avoir jamais ciblé Nicolas Sarkozy. Il s?est dit prêt, et même pressé, d?apporter son témoignage.

A ce jour, quatre personnes ont été mises en examen. Jean-Louis Gergorin, ex vice-président d?EADS et ami du Premier ministre, et son ancien collaborateur Imad Lahoud, suspecté d?être le falsificateur, sont poursuivis depuis juin pour ?dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux?.

Plus récemment, Florian Bourges, ancien salarié d?Arthur-Andersen qui a fait un audit de Clearstream en 2001, et le journaliste Denis Robert, qui a eu en main des listings, ont été mis en examen, respectivement pour ?vol et abus de confiance?, le second pour le recel de ces deux infractions.

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