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Duel Collendavelloo - Raddhoa en cour
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Duel Collendavelloo - Raddhoa en cour
Le ton était donné dès le début de l?audience d?hier au tribunal de Mapou, où se poursuivait l?enquête préliminaire sur la mort de la styliste Vanessa Lagesse. Avant même qu?il ne soit contre-interrogé, le surintendant de police (SP) Prem Raddhoa s?est plaint au magistrat Azam Neerooa de l?attitude de l?un des avocats de la défense à son égard.
Le policier, patron du Major Crimes Investigation Team (MCIT), a reproché à Me Collendavelloo de se référer à lui comme «ce témoin» (that witness), voulant par-là l?humilier, a-t-il dit. Le SP Raddhoa a affirmé qu?il est un haut gradé de la police, très respecté dans tout le pays en raison des cas difficiles qu?il a résolus.
Le magistrat lui a répondu n?avoir rien constaté de contraire à l?éthique (unethical) et l?a assuré qu?il interviendra s?il relevait quoi que ce soit d?inconvenant dans les propos. Les avocats de la poursuite, Mes Rashid Ahmine, principal State counsel, Priya Cheetoo, senior State counsel, ont également indiqué qu?ils n?ont rien remarqué d?inapproprié (nothing improper) dans l?attitude de Me Collendavelloo.
La séance a alors été levée pour quelques instants. A la reprise, Me Collendavelloo a informé le magistrat qu?il a mis le président de l?Ordre des avocats (Bar Council) au courant de l?incident. Puis, le contre-interrogatoire a commencé.
Me Collendavelloo a d?abord insisté auprès du témoin pour savoir s?il était personnellement au courant des instructions du commissaire de police, depuis le début de 2001 (l?affaire de la rue Gorah Issac), qu?il ne fallait donner aucune information à la presse.
R : Si un tel ordre a été émis, il doit en être ainsi (it should be so).
Q : Ce n?est pas la question. Etiez-vous au courant de ces instructions ?
R : Je ne me souviens pas.
L?avocat a aussi interrogé le témoin Raddhoa quant aux allégations de son client Bernard Maigrot que la police aurait donné des informations partiales (biased) à la presse pour faire croire qu?il était coupable. Répondant qu?il n?était pas du tout d?accord avec ces dires, le policier s?est dit persuadé qu?il appartient à la cour de décider de la suite à donner à l?affaire, après l?audition des témoins, «sans tenir compte de l?opinion de la presse ou d?autres personnes.» «D?ailleurs,» a poursuivi le témoin, «je dois dire que l?avocat de la défense lui-même a fait des déclarations à la presse concernant cette affaire.»
Toujours à propos de commentaires faits à la presse, Me Collendavelloo a demandé au SP Raddhoa s?il s?est adressé à la MBC radio le 29 septembre 2006 vers 17 h 20, à propos de l?alibi de Martine Desmarais, en ces termes : «Nous ti alle labas parceki li ti donne aine fausse alibi. Voilà un point c?est tout. Case dans la cour» ?
La réponse du témoin qu?il «réclame le privilège de ne pas répondre à cette question» a provoqué l?intervention du magistrat qui lui a rappelé qu?il n?a pas de privilège et qu?il doit répondre aux questions. Il a ainsi répondu : «Je ne m?en souviens pas.»
Le SP Raddhoa a alors demandé au magistrat d?intervenir auprès de l?avocat pour que ce dernier n?élève pas la voix pour l?interroger. «This is the tone counsel is using since the beginning», a declaré le magistrat. A d?autres questions de Me Collendavelloo, le témoin a encore répondu : «Je ne m?en souviens pas», comme à propos de sa déclaration que Martine Desmarais avait fourni un faux alibi, que «madame là carrément fine mette so machine lors chemin pour parer pou monter. Ou conne banne là, ce couma dire zotte ki contrôle tout ça».
Le témoin a admis que le 24 avril 2001, le magistrat Indiren Sivaramen avait «ordonné que mes hommes et moi, nous devions rester à l?écart du couple Bernard Maigrot. Mais il ne nous avait pas interdit de poursuivre l?enquête.» Le témoin a aussi répondu qu?il ne se souvenait pas d?avoir qualifié d?«inapte» une décision (ruling) du magistrat Sivaramen au cours d?un entretien avec un journaliste.
Mais, a-t-il précisé : «Je me souviens avoir reproché à ce journaliste ce qu?il a écrit. Il m?a présenté ses excuses. Les journalistes aiment faire du sensationnalisme pour faire vendre leurs journaux». Le SP Raddhoa a aussi précisé qu?il a téléphoné au magistrat Sivaramen pour lui dire de ne pas prêter attention (not to pay any heed) à l?article en question et que le magistrat a acquiescé. «He was agreeable. He was polite, not in the way defense counsel is addressing me», a-t-il ajouté.
Objection de Me Collendavelloo et le magistrat a rappelé au témoin qu?il ne doit pas faire de commentaires sur l?avocat de la défense qui a le droit de lui poser des questions. «I bow low to your decision», a répondu le SP Raddhoa à la cour. Poursuivant dans ses réponses, il a donné des précisions sur le bâtiment de Midlands où il a interrogé Bernard Maigrot, bâtiment qui, a-t-il dit, a abrité le poste de police après l?arrestation du suspect.
Le SP Raddhoa a aussi rappelé que son équipe et lui-même travaillent sur cette enquête depuis le 27 mars 2001, à la demande du commissaire de police. Il a dit avoir travaillé en étroite collaboration avec le surintendant Bala Kamatchi et le surintendant Gyan Unmar, responsable à l?époque de la MCIT. Il a dit avoir participé à une réunion avec le commissaire de police en compagnie d?Oozageer Suneechara, ancien n°1 du Central Criminal Investigation Department, mais ne se souvient pas si l?arrestation de Maurice Tostée, beau-père de Vanessa Lagesse, était avant ou après la réunion avec le CP.
Le contre-interrogatoire du SP Raddhoa reprend mardi, le 12 décembre.
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