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Marchands ambulants et magasins, frères ennemis mais complémentaires

7 décembre 2006, 00:00

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La période des fêtes fait le bonheur des commerçants. Mais desquels ? Les marchands ambulants ou les propriétaires de magasins ? Selon celui qu?on appelle familièrement ?Milat?, marchand ambulant à Port-Louis, les colporteurs ne sont pas reconnus à leur juste valeur. ?Bann marsan anbulan met enn lot lanbians, si pena nou, dimoun pa ti pou rentre mem dan de-trwa semin. Proprieter magazin ti pou bizin lir la gazet, zot pa ti pou gagn vende mem.?

Milat, qui travaille dans la ruelle à côté du Paille-en-Queue Court, soutient qu?avant l?arrivée des marchands ambulants, cette ruelle était ?enn vre depotwar. Peti a peti, noun netway bann desord ek aster, plin dimoun pass ici?. Amrita, venue faire quelques achats, ne le contredit pas. ?Mo prefer vinn ici parski mem kitsoz dan magasin, li kapav Rs 50, Rs 100 pli ser. Apre, magasin inpe pli mos.?

En effet, les magasins ont des frais à encourir que la majorité des marchands ambulants n?a pas. Ce serait une bonne raison pour vendre les articles à plus cher. Ce que dément Ahmed, propriétaire d?un magasin à Rose-Hill. ?Nou profi tigit terib.? Il estime que ?bann marsan anbulan gagn plis lavi ki nou. A coz zot, nou pa gagn vende. En plus, zot fer desord ek zot bann carton.?

<B>Nullement une menace</B>

Avis que partage Simla, elle aussi propriétaire de magasin à Port- Louis. ?Tout fason, a koz konpetisyon, nou pa kapav vann ser. Kan dimoun gagn ceki li pe rode dan bor semin, kot li pou rod rant endan dan magazin ?? Comme solution, Ahmed et Simla mettent une partie de leurs marchandises à l?extérieur de leur magasin. Pas seulement faute de place à l?intérieur, mais aussi pour être plus visibles aux acheteurs. ?Nepli lepok kot nou kapav asiz trankil endan magazin, atann klian vini. Aster nou bizin sort en deor. Nou ki bizin al ver klian.?

En revanche, pour Marie-Christine, qui travaille dans un magasin huppé de la capitale, spécialisé dans l?argenterie de luxe, les marchands ambulants ne sont nullement une menace. ? Notre offre n?est pas du tout comparable avec celle des marchands ambulants. On n?a pas peur d?eux.?

Quelles sont les failles de l?un par rapport à l?autre ? Quand il s?agit de vendeurs de vêtements, les marchands ambulants peuvent être désavantagés. Car, dans la plupart des cas, il n?y a point de cabine d?essayage. Le client doit revenir plusieurs fois pour trouver chaussure à son pied ou plutôt vêtement à sa taille. Ce que conteste Amrita qui se veut défenseur des marchands ambulants, ?dimoun la konn so size non, ou bien li kapav sey linz la lor linz ki deza lor li?. Et chez certains, l?arrière-comptoir fait office de cabine d?essayage.

Qu?en est-il lorsqu?il faut échanger un vêtement ? ?Si enn klian retourn enn linz ki enkor ena so letiket, nou pou repran li ar li?, explique Simla. Ce qui n?est toutefois pas le cas partout. Même son de cloche chez les marchands ambulants. L?un désigne une dame qui vient justement échanger un vêtement. Sauf que, dans certains cas, il est difficile de retrouver les traces du marchand en question, puisqu?il bouge fréquemment, souvent au gré des patrouilles de police.

Pour les consommateurs, davantage d?endroits où faire leurs emplettes ne font pas de mal ! Mis à part le porte-monnaie?

À LA RUE FARQUHAR

<B>Les colporteurs délogés </B>

■ Cris, larmes, insultes?Les marchands ambulants de la rue Farquhar ne sont pas contents. Et, ils l?ont fait savoir hier matin quand les policiers sont venus les évacuer. Cela fait suite à une injonction de la cour stipulant qu?un marchand ambulant ne peut opérer à moins de 500 mètres du marché de Port-Louis. La rue Farquhar se trouvant dans ce périmètre, la police a sévi. Sauf que ?pa zis lari Farquhar ki dan sa 500 met la. Ki fer la polis tir zis nou ? Si bizin tir marsan, bizin tir tou. Pa kapav 200 pa travay e lot kote 5000 pe travay. Sa appel dominer?, s?insurge l?un d?eux. Les marchands de la rue Farquhar avaient été déplacés au Ruisseau du Pouce il y a environ deux mois. Mais plusieurs ne sont pas contents de cela, car leur clientèle aurait considérablement diminué. De plus, une charge mensuelle leur est demandée. Une trentaine de policiers étaient sur les lieux prêts à agir. Vers midi, deux jeeps de la Divisional Support Unit et une de la Special Support Unit les ont rejoints.

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