Publicité

Terre et paix

29 novembre 2006, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ben Gourion inspire décidément Ehoud Olmert. En 2003, celui qui était à l’époque le bras droit d’Ariel Sharon avait prononcé dans ce kibboutz du Néguev, où est enterré le fondateur d’Israël, un discours annonçant en filigrane le retrait de Gaza. Trois ans plus tard, devenu entre-temps Premier ministre, le voici qui se tourne à présent vers les Palestiniens avec la volonté d’échanger la terre, ou plutôt une partie de celle-ci, contre la paix. Cette initiative doit évidemment être saluée, même si elle est assortie, pour l’heure, de tant de conditions que sa viabilité est loin d’être assurée.

M. Olmert a dressé,en début de semaines, le constat d’un double échec. Le cessez-le-feu fragile négocié la veille à Gaza avec les groupes armés palestiniens par le truchement du chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a montré au gouvernement israélien que ce qui ne peut pas être obtenu par la force ne peut pas l’être par encore plus de force. Gaza a aussi souligné les limites des retraits unilatéraux auxquels Israël voulait recourir pour faire l’économie de négociations, nécessairement douloureuses, avec les Palestiniens.

A ces revers s’ajoute enfin celui partagé par Israël et une communauté internationale réduite aux Etats-Unis et à l’Union européenne vis-à-vis du Mouvement de la résistance islamique (Hamas), grand vainqueur des élections législatives de janvier. Après dix mois de boycottage financier, son influence ne s’est pas réduite dans les territoires palestiniens, bien au contraire, compte tenu de la déliquescence persistante du Fatah, le mouvement fondateur du nationalisme palestinien, que dirige M. Abbas. La neutralisation des rouages de l’Autorité palestinienne a obligé les donateurs à s’impliquer plus directement et à verser plus d’argent en 2006 qu’en 2005, comme le constate le Fonds monétaire international, pour un résultat nul, puisque la situation des territoires palestiniens reste catastrophique.

Elu en mars pour évacuer une partie de la Cisjordanie, Ehoud Olmert a dû remiser en août ses projets après la guerre du Liban et la perpétuation du cycle des attaques et des représailles sur le pourtour de Gaza. Sa ministre des affaires étrangères, Tzipi Livni, semble l’avoir convaincu qu’il est temps de reprendre l’initiative, ne serait-ce que pour éviter une initiative internationale comme celle suggérée par l’Espagne, la France et l’Italie, selon des termes évidemment moins favorables à Israël. D’autant que la roue tourne à Washington, principal soutien du gouvernement israélien, et que la route qui permettrait de sortir de Bagdad passera peut-être un jour par Jérusalem.

M. Olmert ne doit cependant pas se leurrer : s’il ambitionne de faire la paix avec les Palestiniens, il ne pourra pas se contenter de lever quelques barrages et de libérer quelques prisonniers.

© Le Monde 2006

Distribué par The New York Times Syndicate</B>

Publicité