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Le retour de la bulle Internet 2.0

22 novembre 2006, 00:00

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Nous vivons une véritable déferlante des investissements financiers concernant les sociétés du WEB 2.0, alias l’internet nouvelle génération. Est-on à l’aube d’une nouvelle bulle, ou ces investissements sont-ils justifiés ?…

7 millions d’euros pour Dailymotion, 12 millions d’euros pour Netvibes, 6,5 millions d’euros pour Sarenza, autant de millions sonnants et trébuchants qui ne sont pas, sans nous rappeler les éphémères levées de fonds des années 2000, où certains se sont mélangé les pinceaux dans les définitions du Virtuel (0 délai, 0 défaut, 0 client, 0 argent !). Aux états-Unis, la dite deuxième vague a démarré avec six mois d’avance. 15 millions de dollars pour Flickr et les fameux 1,65 milliard de dollars de Google dans le rachat de Youtube. Bref de quoi faire tourner les têtes. Mais cela est-il raisonnable ?

Il ne fait aucun doute que le WEB 2.0 ou 3.0 pour certains, à gagné en maturité, mais les investissements abusifs sont toujours d’actualité. Dans les années 2000, de nombreux projets parfaitement conçus n’ont pu se concrétiser, parfois par incompétence des financiers qui se sont laissé abuser par les projections exponentielles des plans de business tous aussi virtuels que leurs clients potentiels, parfois par simple inadaptation à un marché pas encore prêt à jouer avec le Média Internet.

Aujourd’hui, les internautes se sont aguerris au média, qui grâce à la banalisation du haut débit (dix millions de Français ont l’ADSL) ont intégré l’outil dans leur quotidien et ont pris confiance aux applications du e-commerce. Et c’est ainsi que 12 milliards d’euros sont payés sur diverses boutiques en ligne. Les internautes sont désormais nombreux, et utilisent naturellement le média Internet pour acheter, se documenter et communiquer.

Les acteurs de la “deuxième vague” sont persuadés qu’une nouvelle révolution de l’internet est en marche et tiennent à jouer les premiers rôles. Ils parient ainsi sur le fait de pousser leur site à un tel niveau d’audience, indépendamment de la viabilité du modèle d’affaire qu’il finira par susciter l’appétit de grands médias ou de majors de l’Internet, prêts à offrir des dizaines, voire des centaines de millions de dollars pour les racheter. Même si ce pari se réalise (Youtube est un bon exemple), donnant par la même confiance aux investisseurs, le risque d’une deuxième bulle est véritablement là, ce qui serait un véritable drame pour le monde de l’internet. !

Le WEB 2.0 a toute sa chance pour faire émerger de fabuleux projets, dont le modèle d’affaire est cohérent, logiquement rentable, et répondant à l’attente de véritables clients. Le plus gros risque est à mon sens dans la surenchère exagérée de cette course à l’audience virtuelle, qui n’est vraiment pas saine dans le paysage Internet, laissant croire que c’est là de l’argent facile à lever, indépendamment de la réalité d’une clientèle prête à payer pour un réel service.

Certes l’investissement s’effectue le plus souvent sur des projets dont les hommes qui les dirigent n’en sont pas à leur premier coup de maître dans ce monde-là. Certes, ces derniers attendent de concrètement voir les premières esquisses réalisées, pour juger de la pertinence du projet, et non plus uniquement d’investir sur de superbes business plans aux profits éphémères.

Mais sachons étudier avec discernement les projets ambitieux, dont les conditions techniques et humaines des années 2000 ont rendu certaines promesses caduques, mais qui aujourd’hui sont bel et bien d’actualité. Et ne pas tomber dans le piège des dollars qui brillent comme une belle ruée vers l’or et créent des déceptions dont on ne se relève pas. Alors méfiance, il n’y aura pas de “troisième vague” en cas de tsunami de la bulle 2.0 !

En attendant le plaisir de notre prochain échange, bons succès dans ce nouveau monde

Bertrand LAZARE</B>

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